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Tu veux ou tu veux pas?

Au réveil, la panique. La sensation d’être totalement dépassée par les événements. J’ai trompé J., j’ai embrassé D. Ou plutôt, il m’a embrassée et je me suis laissée faire, plusieurs fois.
Est-ce que j’en avais vraiment envie ?? Je suis incapable de répondre à cette question pourtant simple en apparence. Comment ai-je pu déraper aussi « facilement » avec quelqu’un pour qui je n’ai jamais rien ressenti d’ambigu ? Je ne me reconnais pas dans ces actes.
Que faire de cette information ? J’avais dit que je n’en parlerais pas à J. pour le moment. Mais est-ce que j’en suis capable ? Je ne crois pas. Il y a quelque chose qui cloche dans tout ça.
J’essaie de retracer ce qu’il s’est passé, et malgré l’alcool et une mémoire parfois défaillante, il faut que je sois le plus honnête possible.
Soirée très sympa, bien arrosée, j’ai passé sur la fin beaucoup de temps avec lui, sans aucune arrière-pensée ; j’étais simplement contente de passer un bon moment avec tout le monde, puis en particulier avec lui, de le connaitre un peu plus, cet ami de longue date que je vois assez peu.
Quelques BLAGUES sans arrière-pensée pour ma part, qui mises bout à bout avec du recul ont pu participer au contexte ; en vrac :
– à table avec 3 autres amis et J. qui leur fait une déclaration d’amour, je dis quelque chose du genre « J. pourrait être jaloux vis-à-vis de moi, même avec ses amis qu’il connait bien » ; D. passe un bras sur mon épaule et on rigole, on rigole fort pour capter l’attention de J., sans succès. (il me serre à un moment le cou assez fort, et je dis « arg tu m’étrangles » de manière légère ; il relâche son étreinte)
– on part dans le garage, on ferme la porte, je tape dessus pour simuler un rapport ; dans ma tête, je pense à Amélie Poulain et cette scène dans le bar qui me fait beaucoup rire. « Vas-y fais des sons en plus parce que là ça ne suffit pas ! » Gênée, je ne le fais pas.
– Au cours d’une partie de fléchettes dans le garage, discussion autour de nos vies privées respectives, je lance « tiens d’ailleurs on n’a jamais baptisé ce garage avec J. » ; puis une demie seconde on se regarde et je me retourne contre le mur, il fait mine de venir contre moi, je me retourne avant qu’il arrive et on rigole.
Quelques discussions et événements qui me perturbent et m’amènent à me poser des questions :
– D. qui me dit que J. lui a proposé un plan à trois par deux reprises lors d’une soirée il y a un mois, soirée à laquelle on devait dormir chez lui. Un dialogue du style « allez on dort tous les 3 dans la même chambre ! » ; ça m’étonne beaucoup de J., D. me soutient qu’il était sérieux dans sa proposition ; je me dis « bon, il était sous alcool et sous cocaïne à ce moment-là, alors avec désinhibition et confiance en soi, peut-être, peut-être qu’il peut penser ou dire ça, j’en sais rien… Je lui en parlerai à l’occasion. » Je me demande alors si je pourrais considérer D. comme un partenaire sexuel mais n’ai aucune réponse claire dans ma tête, je ne me sens pas du tout 100% partante à cette idée loin de là.
– J. en fin de soirée (je ne me souviens plus si tout le monde était déjà parti / allé se coucher à ce moment-là, d’après J. c’est le cas) qui nous prend tous les deux dans ses bras, embrasse D. à plusieurs reprises, et m’embrasse aussi à ma demande ; puis on se regarde avec D., et là j’ai un déclic « euh attends il se passe quelque chose de bizarre là, on pourrait s’embrasser ». Gênée, je sors un peu par la porte du garage et les laisse tous les deux.
Puis je reviens, et peu de temps après J. part du garage pour monter dans la chambre de deux amis partis se coucher. D. s’avance vers moi et m’embrasse. Je lui rends ce baiser. Avec ce que j’ai vu et entendu ce soir, cela me parait sur le moment comme une « suite logique » des événements… On s’éloigne quand J. revient. On reste pas mal de temps tous les 3, à jouer aux fléchettes, plaisanter. J. et D. boivent plusieurs shooters. Ils passent du de temps ensemble, se câlinent pas mal. Je sens à un moment la main de D. se poser sur ma cuisse alors que de l’autre il enlace J. Incapable de bouger. J. finit par être en début de coma éthylique, je lance un regard de détresse à D., qui m’aide par la suite à le coucher.
On redescend dans le garage tous les deux ; je sais qu’il y aura à nouveau un rapprochement, je suis intriguée par cette sensation euphorisante, et pour autant, sachant que ça n’ira pas plus loin, je souhaite entamer le dialogue pour ne pas rester sur un non-dit qui sera d’autant plus gênant pour moi par la suite. Je parviens à me ressaisir, à comprendre que je dis des choses du genre « arrête un on va faire une bêtise » mais qu’en fait bah j’en ai juste pas envie, que ça ne rime à rien, que je n’ai aucune raison de vouloir faire une chose pareille… Je mets un stop et pose des questions, essaie de creuser un peu :
– Attends qu’est-ce qui se passe là, qu’est-ce que tu fais ? Ça fait longtemps que t’y penses ?
– Je crois que c’est depuis la dernière soirée. C’est devenu une sorte de fantasme.
– Et… Tu y pensais en venant ici ce soir ?
– Je sais pas… un peu.
– Est-ce que c’est juste une histoire de sexe ? Ou est-ce qu’il y a plus ?
– Peut-être…
Je me sens prise de court, et lui dis à plusieurs reprises que je ne sais pas quoi lui dire, que je suis désolée, que c’était pas du tout mon intention d’attiser quoi que ce soit. Je retrace la soirée dans ma tête et dis que du coup tout ce qui s’est passé a dû sérieusement le travailler et le pousser dans cette envie… Réponse « Sans blague… » Je présente des excuses à nouveau, et dis que si j’avais su qu’il y avait un quelconque fond de séduction dans tout ça, je ne l’aurais jamais fait. Jusqu’ici, ce discours de mec un peu perdu me provoque un élan de tendresse. Plusieurs bribes de conversation en vrac, où il me reparle de cette histoire de plan à trois : « oui mais justement, si jamais il s’avère que J. a vraiment proposé ça, bah… En l’occurrence il n’est pas là, donc ça ne tient pas debout. » Réponse « oui c’est vrai… Mais tout à l’heure il m’a dit qu’il était d’accord » Je suis très étonnée à nouveau, mais ça ne change rien, c’est non. En parallèle je pense au plan sentimental, et dis que même si un jour on en venait là, je suis pas sûre que ce soit une bonne idée, que je ne suis pas sûre que ça resterait sans sentiments d’un côté comme de l’autre et que c’est dangereux. En bref je suis perdue et ne sais plus quoi dire, ni quoi penser de cette situation. Dans mon système de pensée, il me parait inconcevable qu’il puisse mettre en jeu une amitié de 20 ans seulement pour une histoire de sexe… Je ressens dans mon corps une certaine excitation mais pourtant dans ma tête c’est clair : J. seulement.
Tous ces dialogues sont entrecoupés de tentatives de rapprochements, où je finis par tourner la tête systématiquement quand il essaie de m’embrasser. Il me prend dans ses bras, me caresse le dos, la taille, les fesses, m’embrasse dans le cou à défaut de pouvoir faire plus. Je tente à plusieurs reprises d’instaurer une sorte de « distance de sécurité » avec mes bras et mes coudes, mais ce n’est pas très efficace. Je rends des caresses dans le dos, quelques bisous dans le cou, poussée par 2 éléments : mon corps qui s’active, et la tendresse décrite plus haut. Je ne comprends pas ce qui m’arrive et ne parviens pas à mettre un stop ferme. Je reste là, adossée au mur, coincée à côté du bar. Il me tient le visage plusieurs fois. Prend parfois mes 2 mains pour les rabattre contre le mur. Je me laisse faire. Pas vraiment de déclic chez lui quand je parle du fait de briser son amitié avec J. pour « ça ».
Je prends peur une première fois, quand je l’entends toucher la boucle de sa ceinture ?? Puis détacher la mienne. Je finis par réussir à arrêter la séquence, je ne sais trop comment. Je referme ma ceinture, il prend du recul, me dit « bonne soirée » (pour la 2e fois, la 1ère ayant conduit à un nouveau rapprochement peu de temps après). Je lui demande s’il sait où dormir, il me répond par la négative, donc je lui explique qu’il y a un clic clac dans la chambre d’amis en bas à côté de la porte d’entrée. Je crois que c’est à ce moment-là que je prends un verre d’eau dans la cuisine, qu’il me rejoint, me demande de le partager, je lui donne le verre à moitié plein. Je vais dans la chambre d’amis pour déplier le clic clac, m’assurer qu’il ait un duvet et un oreiller. Il me rejoint aussitôt…
Je crois qu’il ferme la porte, ou en tout cas partiellement. Je me dis « oh non… Pourquoi je suis venue ici ». Il m’allonge sur le canapé déplié et s’allonge sur moi. J’entends un truc du style « voilà, tu ne peux plus partir ! ». A partir de là, mon cerveau vrille, les souvenirs sont en vrac.
D’abord les faits. A nouveau des caresses, des tentatives pour m’embrasser. Je crois arriver à me relever, après un nouveau stop très franc. Je ne sais pas si c’est à ce moment-là ou lors d’un 2e épisode allongés sur le canapé, alors que j’essaie de me relever il me retient par mon écharpe, je l’enlève en disant quelque chose du genre « tiens garde-la fais ce que tu veux avec et laisse-moi tranquille ! ». Puis je vais pour ouvrir la porte et sortir : il la bloque avec son pied pendant de longues minutes. Ne me laisse pas partir malgré ma demande. A nouveau des caresses. Les seins, les fesses. Des tentatives sur l’entrejambe à plusieurs reprises (peut-être déjà dans le garage ?) A nouveau je ne réagis pas. Je l’entends baisser en partie son pantalon et son caleçon. Il prend ma main droite et essaie de la diriger de manière à ce que je le caresse. Je refuse et me défais de sa main. Il essaie alors de prendre ma main gauche. Je résiste à nouveau. Je ne sais pas comment je sors de cette chambre. Je ne sais pas combien de fois j’ai détourné la tête pour éviter qu’il m’embrasse.
Les bribes de dialogue dont je me souviens : « Tu sais c’est un vrai non que je te répète D.… – J’ai envie de toi, t’as envie de moi, où est le problème ? » ; « On ne couchera pas ensemble ce soir !! – Mais je m’en fiche de coucher avec toi pour ce soir (sous-entendu : il y en aura d’autres) ; moi ce que j’aimerais là c’est juste rester dans tes bras cette nuit. Je serais le plus heureux des hommes. » « Arrête de dire non ça m’excite ». « C’est toi qui te fais du mal là, à refuser alors que t’en as envie ». Je me demande (et je crois que je lui demande aussi) à un moment, s’il utilise souvent cette méthode auprès des femmes, si ça lui « réussit »…
Ce qui se passe dans mon cerveau : plein de pensées et sensations entremêlées.
– Comment je peux être excitée et en même temps que ce soit clair dans ma tête que je ne veuille pas du tout de cette relation ??!! Qu’est-ce qui se passe ?? Je ne comprends rien (J’apprendrai plus tard que c’est une réaction du corps « classique » dans ce genre de situation, qui s’explique par différents mécanismes, que je développerai plus loin) ;
– Des souvenirs de livres : un titre évocateur, « Céder n’est pas consentir » ; un autre souvenir, témoignage d’une femme qui, violée pendant des années, disait avoir à certains moments ressenti du plaisir ; tout ça m’aide à me dire « OK tu ressens un mélange de sensations cool et pas cool, mais en fait reste claire avec toi-même, tu ne VEUX PAS » ;
– Un dégoût franc quand il se déshabille ;
– Des flashback de mon agression par Armand, qui mènent à 2 réactions : 1) des rejets de D. plus fermes à certains moments (« D. STOP arrête ») ; 2) parfois des envies de pleurer, de dire à D. que j’ai vécu une agression auparavant, et que là ce qui se passe ne me met pas du tout à l’aise, mais je ne franchis pas le pas car ne veux ni montrer de faiblesse pouvant me mettre davantage en danger, ni risquer de le toucher et qu’il veuille me « réconforter » ;
– Je me dis « Bon sang maintenant je comprends ce que J. disait quand il me parlait du comportement pas cool de D. avec les filles… »
– Mon esprit lutte, « non, c’est pas possible que ce soit aussi violent ce qui se passe, c’est un ami de J., je l’apprécie, j’ai confiance en lui » ; du coup, en façade, je reste la plupart du temps sur un ton léger, souris, plaisante, je parais calme.
– Je me raccroche aussi fort que je peux à l’idée que j’aime J., que je suis hyper bien avec lui, que je n’ai jamais souhaité en arriver là, et me demande comment j’ai pu ne rien voir venir.
– Je me sens parfois captivée, sous emprise et ne parviens pas à m’éloigner autant / aussi rapidement que je l’aimerais à plusieurs reprises.
J’ai fui cette chambre, je vais pouvoir aller me coucher. D. en ressort, me suit jusqu’en bas des escaliers. Nos regards se croisent, je ne sais toujours pas quoi penser de tout ça. Il me dit « T’as pas envie de partir. » et me suit, monte les escaliers avec moi. Vient jusqu’à la porte de ma chambre. Je dis que s’il veut dormir avec J. pas de souci, « tous les 3 ? me tente pas », je réponds que j’irai dormir en bas. Il n’est pas d’accord. Je vais aux toilettes, il m’attend à la porte. Je me brosse les dents, il s’assoie sur la baignoire et me regarde, plaisante sur ce geste de va et vient du brossage de dents. Je suis mal à l’aise. Je ne sais pas comment, mais finalement il redescend dans sa chambre et moi je vais dans la mienne. Je fixe la porte en me déshabillant lentement, par peur de le voir resurgir.
Au réveil donc, cette incompréhension : comment ai-je pu tromper J. aussi facilement ? Alors que je n’avais aucune volonté de séduction ce soir-là ? (Je me souviens d’ailleurs m’être dit en début de soirée : « la flemme de me changer, m’habiller bien, me maquiller, me coiffer, mettre des bijoux, je me fiche de plaire »)
Un premier dialogue avec L., dans lequel je ne parviens jamais à répondre clairement à ses questions : est-ce que j’étais consentante ???
Les larmes viennent vite, J. capte, je finis par éclater en sanglots, lui dire qu’il ne va pas aimer ce qu’il va entendre. J’arrive à lâcher un « On s’est embrassés avec D. ». J. essaie de me calmer, me demande de reprendre mon souffle, de lui expliquer. Tout ce qui sort c’est cette discussion sur un plan à trois (qui n’était pour lui qu’une plaisanterie), et ce câlin à trois dont il n’a pas le souvenir. Je suis désolée, me sens comme la pire des raclures, et en même temps j’ai une petite voix qui me dit « mais attends c’est super bizarre ça ne te ressemble pas tout ça… Et il a quand même beaucoup insisté… » Et puis pourquoi J. réagit aussi « bien », à me rassurer, ne m’en vouloir en aucun cas, me dire qu’il connait bien le mode d’action de D. ?
Au fil de la journée et des conversations avec mes proches : c’était bien une agression.
Quelques pistes sur la réaction du corps dans ce genre de situation, cette excitation qui me mettait très mal à l’aise :
– Lorsque la victime a déjà vécu des expériences traumatiques, en vivre de nouvelles déclenche dans le cerveau un relargage d’hormones d’apaisement (« conduite dissociante ») et provoque des sensations agréables.
– La victime devient objet et non plus sujet de la situation ; elle « n’existe plus » en tant que personne et s’identifie alors à la seule autre personne présente : l’agresseur, en s’appropriant ses émotions. S Tomasella : « La profanation est un acte délibéré d’une personne sur une autre en vue de la déshumaniser. L’interdit de penser enferme le sujet dans l’impuissance à repérer, à dénoncer et à interroger. » L’agression sexuelle cause une addiction « psychique » (victime obnubilée par les violences subies) et « physique » (à l’excitation artificiellement imposée au moment de l’agression)  confusion entre l’identité de l’agresseur et celle de la victime, mise en place d’une dépendance au bourreau, confusion sur la cause de l’excitation
– Le corps lors de violences sexuelles réagit de manière « physiologique » à des stimulations (ce qui ne peut EN AUCUN CAS s’apparenter à un consentement) et se prépare en parallèle pour se protéger contre d’éventuelles blessures : ex. lubrification. Du plaisir peut être présent pendant un stress extrême ; il n’est pas question d’excitation sexuelle.
– Lors d’un événement très violent / angoissant, le corps peut se figer pour limiter la violence (paralysie traumatique) ; réaction naturelle et involontaire.

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Virginie
Virginie
14 jours plus tôt

Bonsoir je n est pas lu exactement tout cependant “lorsque la victime a déjà vécu des expériences traumatiques, en vivre de nouvelles déclenche dans le cerveau un relargage d’hormones d’apaisement (« conduite dissociante ») et provoque des sensations agréables.” Oui et non cela ne concerne pas l intégralité du ressenti des victimes ce qui enclenche en premier lieu c est la sidération renseignez vous auprès des associations d’aide au victime et faite vous aidez les proches son aussi d une aide mais peu ce montrer très maladroit

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Anais
Anais
12 jours plus tôt

Bonjour Virginie, je comprend votre point de vue mais quand quelqu un témoigne de son vécu la moindre des choses serai de lire INTÉGRALEMENT ces écris!

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