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Agressée sexuellement sous l’effet du cannabis : peur et culpabilité

Le 1er janvier 2020 (bonne année), je suis partie me promener et en est revenue profondément traumatisée.
En fait, j’avais fumé du cannabis le matin même et avais peu dormi, d’où une vulnérabilité accrue. Pendant ma balade, je suis tombée sur un mec qui m’a souhaité la bonne année et m’a demandé si j’avais le temps de discuter. Par politesse, je lui ai répondu. Au bout d’un moment, il m’a proposé de fumer un joint avec lui. Je lui ai dis que ce n’était pas une bonne idée, qu’il valait mieux que je rentre, et il a continué d’insister, pretextant qu’il habitait pas loin, qu’il faisait froid et qu’il avait de quoi faire. Devant son insistance, j’ai cédé et me suis dit que fumer un joint n’allait pas me tuer et qu’il me laisserait tranquille ensuite. Il m’a emmenée dans son appartement… et m’a dit de fumer ici. Lui et son coloc’ ont donc tout préparé, pendant qu’ils s’arrangeaient pour obtenir plus de cannabis. J’ai fumé un joint, tiré quelques taffs sur celui que l’on m’a remis dans les mains et j’ai profité de la sortie du premier pour m’eclipser avec lui. Je sentais mes jambes engourdies, la tête tout autant, je peinais a penser clairement… il a forcément dû remarquer que je marchais pas droit, vu le mal que j’ai eu a descendre les escaliers et à m’orienter a l’exterieur. Nous sommes arrivés sur un pont, il m’a dit de rester encore un peu avec lui… je lui ai répondu que je devais rentrer. Ensuite, il m’a prise dans ses bras, m’a murmuré que j’etais “déjà dans son coeur” et a tenté de m’embrasser. J’ai reculé de telle sorte a etre appuyée contre la rambarde, lui faisant esquiver mes lèvres, les effleurant à peine… Il a commencé à passer ses mains sur mes seins, par-dessus mon pull. A partir de là, j’ai commencé à paniquer. Il m’a proposé de faire “une baise rapide”, insistant au moins cinq fois sur le fait que ce serait rapide et agréable. Je lui ai dit que ce n’était pas une bonne idée, que je devais rentrer… il m’a prise par la main, m’a tirée et continuait à dire en boucle “ça va être rapide, en plus t’as froid…”
Il m’a reramenée dans son immeuble. Mais, au lieu de monter à l’étage, il a ouvert la porte de la cave. Mon coeur battait la chamade, mon corps ne repondait plus à mon cerveau embrumé, j’etais trop docile et manipulable… je l’ai suivi jusqu’au local/box attribué à son appartement. Là, il a ouvert la porte, m’a entraînée à l’intérieur et a verrouillé la porte à clé. Tout de suite, j’ai aperçu le matelas surplombant une pile d’affaires… mais lui n’a pas pris le temps de le descendre ou quoi. Il a posé ses mains sur ma poitrine, m’a caressée le sexe par dessus les vêtements, puis est revenu sur mes seins nus cette fois-ci. Il a saisi ma main, l’a placée directement sur son pénis en érection… Il m’a suggéré de lui “tailler une pipe” et j’ai à peine pu formuler un refus. Alors, il m’a juste dit : “tourne-toi”, m’a faite pivotée, puis “abaisse-toi”, appuyant sur ma colonne vertébrale pour me courber. Il a descendu mon pantalon, ne prenant même pas la peine de défaire le noeud, et j’ai senti son pénis contre ma cuisse, remontant progressivement jusqu’à mes fesses. Là… c’est comme si quelque chose s’était réveillé en moi. Bizarrement, c’est le risque qui m’a “sauvée”; le fait de réaliser ce qu’il était en train de faire, et ce sans préservatif, sans lubrification, sans “préparation” quoi. J’ai pensé : MST, douleur, mon copain… La panique étant au maximum, j’ai commencé à trembler, à suffoquer, et je lui ai dis qu’il fallait qu’il s’arrête et que je m’en aille immédiatement. Devant mon état, il a dû prendre peur, s’est rhabillé l’air frustré, et a déverrouillé toutes les portes pour me laisser sortir. Une fois à l’extérieur, il a prétexté ne pas avoir voulu me faire peur, vouloir me revoir… et il est parti.

Je n’oublierai jamais son regard empli d’excitation pendant qu’il me caressait, alors que le mien ne devait exprimer que terreur.
Alors oui, je culpabilise d’avoir fumé et de m’être laissée entraînée aussi docilement… de ne pas avoir reagi, mon corps étant paralysé par la peur, avec pour seul objectif “obéis, encaisse et sors-toi de là.” Mais… j’ai l’intime conviction qu’il avait noté mon état, ma détresse et pourtant… il a continué. Il me savait en couple, il sait où j’habite. Il rôde dans le coin et, quand je le croise, tout mon corps se raidit et mon cerveau l’identifie comme une menace.
Depuis, je suis constamment en hypervigilence, je peine à trouver le sommeil, me retrouvant bloquée dans cette cave à nouveau. J’ai peur qu’on me touche. Mon corps me dégoûte, même moi je n’arrive plus à le toucher…
J’aimerais qu’il ressente ne serait-ce qu’un dixième du mal-être dont je souffre. La terreur, la rage d’être vulnérable, l’insécurité constante… en quelques minutes, il a brisé, non seulement le peu d’estime que j’ai pour moi, mais aussi ma confiance/mon plaisir lié au sexe avec la personne que j’aime. Quelque chose qu’on a mis des mois à bâtir, car je dois avouer n’être déjà pas à l’aise avec mon corps à l’origine, a volé en éclat… et va prendre du temps à se reconstruire. Et, quand bien même, ce genre de blessures ne s’oublie jamais… on apprend juste à vivre avec.

Aujourd’hui, je ne sais pas trop quoi faire. Je me sens mal. J’ose peu en parler en raison de ma responsabilité liée à la consommation de stupéfiants… je culpabilise énormément.

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Chère anonyme, cela fait un an que j’aide les victimes qui postent ici pour témoigner, on ne s’y fait jamais vraiment… Votre récit est absolument bouleversant et me serre le coeur, on retrouve tous les ingrédients abominables de la victime qui éprouve la terreur de la mort qui approche. Car c’est bien cela dont il s’agit car le violeur veut votre mort, et cela commence par cette mort psychique, cette terreur qui vous envahit maintenant que votre âme et votre esprit doivent vivre avec votre corps que vous rejetez, là se trouve l’origine de cette douleur psychique que vous ressentez au plus profond de votre personne et donc de votre humanité.
La peur vous a permis d’échapper au pire mais vous avez été agressée sexuellement par cette odieuse contrainte d’enfermement et d”attouchements impososés par la force, c’est cela qui cause cette douleur psychique votre humanité a été avilie par ce violeur qui n’a pas pu aller jusqu’au bout de son projet criminel.
La victime culpabilise toujours, c’est normal: vous cherchez à voir où vous avez fauté et ce qui vous a conduit à l’état psychique et émotionnel actuel. Vous cherchez la cause de votre responsabilité mais vous N’ESTES RESPONSABLE DE RIEN ! VOUS ETES VICTIME VOUS N’AVEZ AUCUNE RESPONSABILITE. C’est le violeur qui est responsable pas la victime mais c’est toujours la vicitme qui culpabilisle.
On s’en fout du chichon, ce n’est pas grave, vous n’etes responsable de rien.
Je vous conseil d’en parler avec votre copain, de déposer plainte contre ces salauds afin de monter qu’ils ont une cabine DE VIOL dans leur cave !
Voici des liens pour vous aider:

Sites institutionnels:
https://www.stop-violences-femmes.gouv.fr/
section j’ai besoin d’aide: Suis je concernee et Les numeros d’urgence
numéro associé = 3919

trouver de l’aide près de chez vous:
https://stop-violences-femmes.gouv.fr/-les-associations-pres-de-chez-vous-.html?dep=06

En région parisienne: une carte pour vous aider et vous orienter:

https://orientationviolences.hubertine.fr/

Contactez les associations de victimes de viole et agressions sexuelles:

Associations de lutte contre les violences faites aux femmes

CFCV – Collectif féministe contre le viol
http://www.cfcv.asso.fr
FNSF – Fédération nationale solidarité femmes
http://www.solidaritefemmes.asso.fr
CNIDFF – Centre national d’information sur les droits des femmes et des familles
http://www.infofemmes.com
MFPF – Mouvement français pour le planning familial
http://www.planning-familial.org
Femmes solidaires
http://www.femmes-solidaires.org
FDFA – Femmes pour le dire Femmes pour agir
http://www.femmespourledire.asso.fr
AVFT -Association européenne contre les Violences faites aux Femmes au Travail
http://www.avft.org
CLASCHES – Collectif de lutte antisexiste contre le harcèlement sexuel dans l’enseignement supérieur
http://www.clasches.fr
Site de prévention des mariages forcés du réseau MFPF
http://www.mariageforce.fr
Fédération nationale GAMS
http://www.federationgams.org

Association d’aide aux victimes

INAVEM : Fédération nationale des associations d’aide aux victimes
http://www.inavem.org

Allez CONSULTER d’URGENCE un psychiatre psychothérapeute car vous pouvez faire une grave dépression. Les troubvles que vous décrivez sont typiques de graves traumatismes liés au viol et agressions sexuelles, faite le vite et les associations de victimes vous y aideront, voici quelques liens pour consultation:
Sites médicopsychologiques:
** site de l’institut de la victimologie vous avez un annuaire des associations de lutte contre le harcèlement dont l’adresse des centres régionaux:
http://www.institutdevictimologie.fr

** site de Muriel Salmona: mémoire traumatique ; voir son article mémoire traumatique en pdf sur le site
https://www.memoiretraumatique.org/

** indiqué par Céline9: un site très intéressant d’ailleurs
https://www.cyrinne.com/

** psy coach: un espace consacré au harcèlement
https://www.psy-coach.fr/

** soutien-psy en ligne
https://www.soutien-psy-en-ligne.fr/

Je le répète, peut importe le chichon, ne culpabilisez pas, c’est une réaction normale de la victime qui se rejette la faute de sa souffrance. Allez consulter et surtout porter plainte contre ces deux ordures qui vous ont avilies dans votre humanité.

DE tout coeur avec vous et n’hésitez pas à revenir pour toute précision.

Affection, courage et soutien.

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