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Voilà ce que c’est d’être une femme dans la rue

On voit beaucoup de petits malins dire que les féministes sont des pleurnicheuses. Bizarrement, ce sont souvent des hommes qui le pensent. C’est marrant parce que les hommes ne sont biologiquement parlant PAS des femmes (merci Captain Obvious).
Mais chers messieurs, essayez donc d’être dans la peau d’une femme ne serait-ce qu’un jour avant de juger. Essayez de marcher dans la rue sans commencer à flipper dès qu’un mec bizarre vous fixe sans vous lâcher des yeux. Vous comprendrez que marcher dans la rue quand on est une femme, est un combat de tous les jours où on doit toujours être méfiante et prudente, alors que se balader est censé être l’activité la plus banale du monde.

Je vais vous parler de ma joyeuse expérience avec les hommes dans les lieux publics.

Pour commencer, j’indique qu’à l’heure à laquelle je publie ce témoignage, je viens d’avoir 20 ans. Je suis donc relativement jeune. J’ai subi des harcèlements sexuels deux fois assez graves, dont une où j’avais moins de 16 ans. Je ne parlerais pas d’autres choses que ces deux expériences, mais sachez que je me suis fais emmerder un milliard de fois, je ne raconte que les deux « meilleures ».

Je suis une fille normale, rondelette, pas particulièrement jolie, très loin des femmes qu’on voit dans les magazines. Je ne me maquille pas, même pas un peu de mascara. Je m’habille très simplement, je ne porte aucune marque de vêtement.

La première fois, j’avais aux alentours de 15 ans, j’étais en première. Le lycée c’est l’époque où – malheureusement – beaucoup commencent à fumer en se cachant de leurs parents. Je fais partie de ces gens. Au fur et à mesure que je fume, je deviens de plus en plus addict à cette merde qu’est la nicotine. Donc j’ai la merveilleuse idée de commencer à fumer chez moi, sur mon balcon.
Il faut savoir que le balcon de ma chambre donne sur une rue très passante avec beaucoup de bars, donc il y a souvent du bruit et des gens qui passent dans cette rue à toute heure de la journée. Sur le bâtiment en face de mon balcon, il y a également un café en rénovation. Ce détail est important dans la suite de l’histoire.

Bref, en général, j’attends 22h que mes parents soient couchés pour fumer en toute discrétion sans me faire gauler par l’odeur.
Puis un soir d’hiver, en fumant ma clope sur mon balcon, je vois un mec bizarre en contrebas, me regardant droit dans les yeux. Mon instinct me dit tout de suite « cet homme est louche ». J’essaye de l’ignorer et je détourne le regard puis d’un coin de l’oeil, je le sens faire un geste étrange sous son manteau.
Je le regarde à nouveau et je vois monsieur se masturber allègrement en me regardant droit dans les yeux.
À ce moment là, j’ai la réaction que toute personne a lorsqu’elle est victime d’harcèlement sexuel, je suis choquée, je n’arrive pas à croire ce que j’ai vu. Je me dépêche donc de rentrer et d’aller me cacher.
Mais ce n’est pas fini! Après quelques jours d’attente, je finis par ressortir au balcon, à une heure tardive, pour fumer une clope. Et je revois cet homme. Il récidive. À partir de là, j’aurais déjà dû porter plainte, mais je ne le fais pas parce que je suis trop conne et que je ne veux pas avouer à mes parents que je fume.
Bref, je me rends rapidement compte qu’en fait ce mec attend TOUS LES SOIRS en face de mon balcon pour que je sorte et pour se masturber en me regardant. Il sait que je suis mineure (mon visage fait très jeune), mais ça n’a pas l’air de le déranger.
Ne sachant pas comment réagir, je décide d’aller sur le balcon avec mon plus grand couteau de cuisine, et si je le vois, je le menace (oui on est très con à cet âge là). Et ça ne rate pas, le revoilà à m’espionner. Bref je prends mon couteau, et je fais des signes comme quoi je vais le décapiter et l’emmasculer si il continue, pour voir si il va s’arrêter après ces promptes menaces. Il n’en fait rien. Il continue à se branler, zgeg à l’air, en me faisait « non » de son doigt. Il y a pourtant des gens qui passent, mais personne ne semble le remarquer.
À partir de ce moment là, je commence à envisager sérieusement de le dire à mes parents. J’ai évidemment essayé toutes les stratégies : à savoir aller fumer au balcon à des heures randoms pour pas qu’il puisse prévoir quand je fume, éteindre ma lumière en permanance… etc. Mais il est toujours là à m’attendre. Très flippant, donc.
Je rappelle qu’à cette époque, le café en face de mon balcon est en rénovation. Un soir, je crois voir à travers la vitre du café un homme en train se masturber à l’intérieur (en me regardant), et évidemment, je pense à mon harceleur. Je ne sors plus sans cacher un couteau dans mon sac. Je flippe ma race. Ce type connait mon adresse et vu qu’il m’espionne il sait probablement à quelle heure je rentre, quel est mon lycée… etc. Qu’est-ce qui l’empêche de pouvoir me violer, à tout instant ?
Bon, au bout de deux mois je finis par cracher le morceau à mes parents, et nous allons évidemment porter plainte. Suite à cela, nous commençons à suspecter les ouvriers en charge de la rénovation du café mais faute de preuves, l’histoire n’a pas donné de suite et très rapidement après, le café a fini d’être rénové. Grâce aux nombreuses rondes de la police, l’homme n’est jamais réapparu. Mais j’ai quand même longtemps psychoté à cause de cet homme. C’est un réel traumatisme. Je n’osais plus sortir, je le voyais partout (surtout lorsque je voulais fumer sur mon balcon).

La deuxième fois, j’étais majeure. Je rentre de ma fac après une dure journée et donc je suis épuisée. Un type vient m’accoster dans le métro pour me dire que je suis jolie et qu’il aimerait avoir mon numéro. Encore une fois, je sens mon instinct me dire « il est bizarre ce mec » (alors, qu’il n’y ait pas de méprise, je ne pense pas ça à chaque fois qu’on m’aborde, mais certaines femmes doivent me comprendre, il y a des types, dès qu’on les voit, on les trouve louche, c’est une sorte d’instinct de survie en somme). Bref, je lui dis que je suis mineure pour qu’il me lâche, mais ça n’a pas l’air de le déranger.
Il me tient la jambe (au sens figuré) et je lui dis poliment que malheureusement, je ne suis pas intéressée et que j’aimerais bien rentrer chez moi.
Je continue donc mon chemin vers le métro en l’ignorant mais je sens bien qu’il me suis, le saligot. J’ai à nouveau cette réaction de « victime de harcèlement » et je me dis que c’est moi qui délire, que le mec n’est pas assez déterminé pour suivre une parfaite inconnue. Que nenni! En arrivant sur la rame, j’aperçois son visage, et là je flippe.
Pour tous ceux qui n’ont jamais vécu ça, je peux vous dire que la sensation d’être suivi et espionnée est l’une des pires du monde. Je me mets à psychoter, je le cherche partout. Ouf, déjà, il n’est pas dans ma rame.
Je me dis qu’il va arrêter et que comme il n’est pas dans ma rame, il ne pourra pas savoir à quelle station je descends.
Je descends donc à ma station, en regardant autour de moi, très méfiante, pour savoir si cet homme me suis. Et là, je vois son visage à nouveau.
Là par contre, j’arrête d’être naïve, et je commence à courir dans la station pour le semer, je sors du métro, et je vais dans un resto dont je connais bien le proprio et je lui dis que je me fais suivre et que j’ai besoin d’aide.
On appelle la police, et une serveuse sort pour vérifier si le mec est là (je lui ai donné la description de ses habits), et effectivement, elle le reconnait. Bref, la police finit par arriver, et donc le type se barre, par peur. La police me raccompagne chez moi, et on en parle plus.
Mais bon voilà, imaginez que vous rentrez normalement chez vous et d’un coup un type ultra suspect vous suit? Sympa, la fin de soirée. Vous qui espéreriez rentrer chez vous tranquillement et vous poser, voilà qu’un prédateur vous piste et même quand l’histoire est finie, croyez moi que vous flippez!

Les mecs n’ont pas besoin de s’inquiéter quand ils marchent dans la rue, les types chelous ne les suivent pas. Mais quand on est une fille, on se fait forcément emmerder. Quand je sors avec mes amies, il n’y a pas UNE FOIS, où un mec nous aborde. Parfois, le type est agréable donc on discute avec, parfois c’est un mec chelou donc on part en courant (littéralement, on s’enfuit vraiment).
C’est dingue parce que je suis honnêtement la moins belle de toutes mes amies, mais c’est moi qui me suis fait le plus emmerder. Est-ce que c’est parce que j’ai un visage qui fait jeune ? Est-ce que j’ai l’air d’une cible facile ? Est-ce que je corresponds aux fantasmes des mecs bizarres ?
Je ne dis pas non à ce qu’un mec viennent me parler dans la rue, il faut avoir du courage pour le faire. Mais je suis absolument contre le fait qu’on nous tienne la jambe. Non c’est NON. Alors tous les mecs chelous qui tiennent la jambe à des filles, ARRÊTEZ.
Je ne trouve pas ça juste. Les filles n’emmerdent pas les mecs (après pas de généralité, je suis sure que certains mecs ont dû se faire emmerder, mais c’est moins fréquent dans le sens inverse), donc pourquoi les mecs devraient faire pareil?

Bref, dans la rue on doit respecter une règle de « vivre ensemble », respecter l’autre et comprendre qu’on a pas envie de se faire tenir la jambe. N’insistez pas quand on dit non, c’est tout ce qu’on demande nous les filles.

Ha oui, et je reviens rapidement sur les expériences qu’à vécu ma mère à mon âge (comme quoi ce problème traverse les générations) pour ponctuer mon témoignage, mais elle aussi elle en a vécu de belles :
– Quand elle avait 11 ans elle allait en vélo au collège et elle devait traverser un champs. Une fois, un type l’a suivi en vélo et a ouvert son manteau en grand. L’homme était nu. Elle avait déjà entendu des rumeurs comme quoi un violeur pédophile rôdait dans le coin, donc, ce jour là, elle a failli se faire violer. Heureusement elle a couru vers un chantier en criant à l’aide. Mais le type n’a jamais été retrouvé.
– Plus tard, dans le RER (elle était majeure), c’était le soir et elle rentrait. Un type s’est assis en face d’elle et s’est masturbé, comme ça, devant ses yeux, en la regardant. Elle a changé de place. Mais sachez à quel point c’est traumatisant.
– À nouveau dans le métro, une autre fois, elle était dans les escalators et un type derrière elle s’est collé à elle et s’est masturbé dans son dos.

Voilà voilà, désolé pour le pavé, mais il faut bien que ça sorte! Ce genre d’incivilité est intolérable!

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Catoune
Invité

Chère Anonyme,

En effet, c’est un pavé à lire votre témoignage !

Pour ne plus être harcelée dans la rue, je vous conseille l’équipement suivant :

– La bouteille d’eau pour refroidir le porc qui se masturbe à côté de vous ou devant vous !

– La bombe lacrymo pour celui qui vous colle ! Un bon jet dans les yeux !

– Le taser pour celui qui vous suit ou qui est sur le point de vous agresser ou qui s’exhibe ou qui se masturbe!

– Le sifflet pour alerter !

– Une clef dans votre main pour crever l’œil de celui qui vous agresse !

Bref, prendre tout ce qui peut calmer ou stopper un porc !

Pour le premier porc, vous auriez dû réagir plus tôt ! Porter plainte était, en effet, ce qu’il fallait faire!

Pour le deuxième porc, là, vous avez très bien réagi en entrant dans ce resto et en appelant la police.

Vous savez vous défendre ! C’est bien ! Continuez comme cela !

Bonne chance !

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SarahP
Invité
SarahP

Je me reconnais tout à fait (comme le trois quart des femmes je pense) quand vous mentionnez la peur de marcher dans la rue. Et ça m’insupporte quand certains hommes ridiculisent le harcèlement de rue alors qu’ils n’y ont jamais été confrontés de leur vie !
Pour votre première histoire, je pense que j’aurais jeté un sceau d’eau glacé au porc du balcon ! Ça l’aurait sûrement bien calmé !

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