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Docteur X

Je suis une femme de 42 ans et le 25 novembre (journée internationale de l’élimination de la violence à l’égard des femmes !) 2020, un médecin a abusé de moi.

Voici le récit des faits…

Suite à des infections urinaires récidivantes sans complication mais extrêmement douloureuses, j’ai consulté mon médecin traitant en mars 2020. Celle-ci a fait un courrier pour que j’effectue une échographie abdominopelvienne.
Le 9/09/2020 j’effectue donc cette échographie . Cet examen ne mentionne « Aucune anomalie notable » . Mon médecin me conseille alors de faire un bilan complémentaire chez un urologue. Un rendez-vous est pris pour le mercredi 25 novembre .

Le 23 novembre, soit deux jours avant le rendez-vous avec le Docteur X , je consulte mon médecin traitant pour des démangeaisons et douleurs au niveau de la vulve. Mon médecin m’informe en effet d’une irritation et inflammation dues aux crèmes antifongiques que j’ai dû administrer pour lutter contre les mycoses vaginales qui ont fait suite aux deux dernières cystites. Elle me prescrit une crème apaisante.

Le 25 novembre, je me rends au mon rendez-vous chez le docteur X. Je me présente avec l’échographie du 09/09/2020 ainsi que le courrier du médecin traitant.

Après une heure d’attente, le Docteur X me reçoit. Il me demande de m’asseoir et me pose quelques questions: il me demande si j’ai de la fièvre et du sang dans les urines lors des ces cystites. Je réponds par la négative. Il me questionne également sur la fréquence de ces infections. J’ai un peu de de mal à répondre clairement à cette question car mes infections urinaires ne sont pas «régulières » .
Il m’explique en faisant un schéma et des explications très médicales comment les infections urinaires apparaissent et deviennent symptomatiques .

Je lui explique aussi que ces cystites sont apparues suite à la césarienne de ma fille il y a un peu plus 8 ans .
Il m’explique alors qu’un fil est peut-être resté au moment de la césarienne. Je ne comprends pas très bien cette explication….
Puis il me dit  « Je vais vous examiner ». J’ignore à ce moment de quel examen il s’agit. Il m’informe que cet examen peut avoir pour effet secondaire de provoquer une infection urinaire ce à quoi il ajoute « Mais vous en faites tellement…. » . Cette dernière remarque me choque, me met mal à l’aise et me fait peur (je n’ai évidemment aucune envie de développer une nouvelle infection urinaire !).

Il m’emmène ensuite dans une salle contigüe. Après un silence et sans consigne explicite de sa part , je lui demande : « Il faut que j’enlève les vêtements du bas ? ». Ce à quoi il répond: « Évidemment .

Je m’installe alors sur la table d’examen. Je suis extrêmement stressée : en effet, je ne sais pas quel examen il va faire, quelle partie de mon corps il veut examiner mais je lui fais confiance, c’est lui le médecin et ce, malgré les dernières remarques qui m’ont mises mal à l’aise.
Aussi, de peur qu’il ne me fasse mal, je pose mes mains sur mon bas ventre et lui demande d’ être délicat car j’ai une irritation vulvaire. Il me répond d’un ton sec « C’est bon, je connais le chemin ! ». Je suis à nouveau choquée par cette remarque et me sens alors très mal. Il enfile ensuite un gant stérile sur lequel il met du gel lubrifiant et introduit un/deux doigts dans mon vagin. Il dit alors «Vous êtes stressée. Je préfère les femmes plus âgées, au moins elles ne mouftent pas . Je n’ai pas besoin de leur dire que je vais les examiner. Elles se laissent faire ». Je suis totalement sidérée par ses mots et reste sans voix. Ces paroles sont prononcées alors qu’il a ses doigtes dans mon vagin. Pendant toute la durée de l’examen, j’ai conservé mes mains sur mon bas ventre tant je me sentais anxieuse et stressée.
Il termine son examen, retire son gant et dit « Tout va bien de ce côté là ».

Je suis sous le choc, sidérée par les propos que je viens d’entendre et la manière dont l’examen vient de se dérouler.
A aucun moment, le docteur X ne m’a expliqué ce qu’il faisait et pour quelles raisons, à aucun moment il a fait preuve d’un peu de délicatesse.

Il me demande alors de me rhabiller. Je me rhabille rapidement et le rejoins à son bureau.

Il dicte son compte rendu sur un dictaphone.

Il me donne pendant un long moment alors des conseils diététiques que j’ai peine à suivre : je suis en effet dans un état de confusion totale.

Il m’informe ensuite qu’il va falloir que je passe une cystoscopie afin de vérifier qu’il ne reste pas un fil. Je ne comprends décidément rien. N’était-ce pas l’objet de de l’examen qu’il vient de faire ? Et où un fil serait-il resté ? Comment se fait-il que ma gynécologue,qui me suit très régulièrement depuis plus de 20 ans, et à qui j’ai déjà parlé de ces infections urinaires ne m’ait jamais parlé de cette éventualité et n ‘ai remarqué aucun fil lors de ses examens ?

Je sors du cabinet médical abasourdie et laisse un message vocal Wattsapp à mon amie M. en lui expliquant rapidement comment s’est passé le rendez-vous. Je sens totalement perdue…Je reprends alors le cours de ma vie et rejoins alors mon conjoint et mes enfants pour le déjeuner.

En début d’après-midi, mon amie M. me met un petit message et me fait part de immédiatement de son ressenti, de ses inquiétudes et de l’  anormalité  des propos tenus par le médecin. Elle est également sidérée.

Le mercredi après- midi je suis prise de mots de ventre, de nausées, et de pleurs incontrôlables. Le déroulement de l’examen tourne en boucle dans ma tête et j’essaie de comprendre ce qui s’est passé.

En fin d’après-midi, totalement effondrée, je tente de laisser un message à M. mais les mots ne sortent pas. M. me rappelle quelques minutes plus tard et nous parvenons à échanger un bon quart d’heure.

Dans l’incapacité totale d’aller travailler le jeudi 26 novembre, je consulte mon médecin traitant . Elle m’arrête deux jours.Le 30 novembre, je la reconsulte  et elle prolonge mon arrêt de travail de trois jours.

Je suis hantée par ses pensées jours et nuits: que s’est-il passé ? Pourquoi moi ? Suis-je la seule ? Comment est-ce possible que je n’ai pas réagi ? Pourquoi je n’ai pas réussi à poser des questions ? Moi, la prof qui apprend à mes élèves collégiens dans le cadre de l’éducation à la vie affective et sexuelle ce qu’est le consentement, une agression sexuelle, un viol….

Je parviens à reprendre mon activité professionnelle le vendredi 4 décembre.

Après de nombreuses relances de ma part mais également de la part de mon médecin traitant celle-ci reçoit le compte rendu du Docteur X le vendredi 11 décembre 2020. Sur ce compte rendu, aucune mention n’est faite à l’examen gynécologique . Il est seulement précisé « L ‘examen clinique est pauvre » .

Je porte donc plainte à l’Ordre des Médecins contre le Docteur X pour les propos humiliants, dégradants et sexistes qu’il a tenus en ma présence mais également pour la manière dont s’est déroulé « l’examen clinique » : à aucun moment le Docteur X ne m’a expliqué qu’ il allait pratiquer un toucher vaginal et pour quelle(s) raison(s), à aucun moment j’ai pu donc donner mon consentement éclairé pour cet acte. Aussi, le Docteur X n’a pas tenu compte de mon état de santé physique (inflammation vulvaire) et psychologique (douleurs intenses liées aux cystites).

Afin de constituer un dossier recevable, mon amie M ainsi que mon médecin traitant ont rempli une attestation, ont témoigné de l’état dans lequel j’étais suite à ce rendez-vous.

Début février, la conciliation eu lieu à l’Ordre des Médecins. Le docteur X est accompagné de son avocate . J’ai également décidé de prendre une avocate pour me défendre moyennant la somme colossale de 1000 euros ! Bien que bien menée par deux médecins, cette conciliation fut difficile : revoir le Docteur X. notamment . Celui-ci dit évidemment ne plus se souvenir des propos qu’il a tenus en ma présence mais se souvient par contre parfaitement de la consultation … Il prétend m’avoir expliquer quel examen il allait faire et pourquoi. Il se souvient que j’étais très contractée mais que j’ai quand même écarté les genoux !!! Son avocate qui a bien compris que j’ai été surprise par cet acte médical essaie de faire porter la faute sur mon médecin traitant qui ne m’aurait pas averti qu’en venant consulté un urologue j’allais évidemment subir un examen gynécologique !!!

A l’issue de la conciliation, j’ai 24 heures pour décider si je maintiens ou pas ma plainte sachant que quelle que soit ma décision l’Ordre des médecin peut décider de poursuivre ou non le Docteur X.

J’ai décidé de retirer ma plainte.

Je sais que je n’obtiendrai rien du Docteur X, que je n’ai aucune preuve de l’agression dont j’ai été victime. Je n’ai pas la somme d’argent nécessaire (3000 euros supplémentaires ) pour poursuivre les démarches.
Je n’ai pas envie de perdre davantage de temps ni d’énergie pour que ce médecin ait peut-être un blâme… J’ai décidé que c’était à l’Ordre des Médecin de faire ce travail ! Il est au courant maintenant !

J’ai porté plainte pour que la société (ici l’Ordre des médecins) soit au courant des agissements d’un des leurs.
J’ai porté plainte pour pouvoir expliquer un jour à mes enfants que je n’ai pas laissé faire , que j’ai dénoncé ce sale porc..
J’ai porté plainte pour toutes les femmes qui ont très certainement été victimes de ce Docteur X et qui n’ont pas pu porter plainte .

Je sais aujourd’hui que ce médecin a abusé de la patiente que j’étais : une patiente fragilisée par ses infections, une patiente raisonnable qui faisait confiance au médecin qu’elle avait en face d’elle. Quoi de plus simple d’abuser d’une patiente quand celle-ci est fragilisée parce qu’elle souffre régulièrement d’infections urinaires ? Quoi de plus simple quand cette patiente fait confiance au médecin qu’elle a en face d’elle parce qu’elle a déjà consulté des dizaines de médecins qui ont tous fait preuve de délicatesse et ont toujours accompagné leur examen des explications nécessaires lorsqu’ils avaient à effectuer un toucher vaginal ?
Après la conciliation, une grande fatigue a nécessité deux semaines d’arrêt de travail supplémentaire. Je suis actuellement en vacances pour deux semaines.

Sans sans une réelle volonté politique de faire changer les choses et de réels moyens financiers, sans une éducation à l’égalité entre hommes et femmes dés le plus jeune âge, sans un changement profond de notre société et des valeurs patriarcales qui la sous-tendent, sans le soutien des hommes, des femmes continueront d’être maltraitées, violentées, tuées, violées.

C’est dans cette lutte pour un réel changement que je m’engage !

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