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Témoignage un peu particulier

Bonjour,

Je profite de ce site et de l’anonymat qu’il procure pour parler d’un événement de ma vie qui est survenu vers mes 12 ans et qui me perturbe encore aujourd’hui et s’apparente à du viol. Dans cette affaire, je me considère comme bourreau involontaire, mais bourreau malgré tout.

Je préviens les lecteurs, les mots que j’emploie sont parfois un peu crus. Normalement, un lecteur de ce site devrait avoir la maturité nécessaire pour me lire, mais je préfère prévenir.

Fils aîné, j’ai été élevé dans une famille assez libre sur le plan de la sexualité, ce n’était pas un sujet tabou. Même s’il y avait quand même un voile pudique sur les détails, nos parents nous parlaient parfois de ce sujet, mettaient en valeur la relation sexuelle dans le cadre de l’amour mutuel et condamnaient les relations non consenties (le viol). Ils désapprouvaient les relations sexuelles sans amour, mais sans les condamner non plus, partant du principe que chacun est libre de faire ce qu’il veut de son corps du moment qu’il n’attente pas à l’intimité des autres sans leur accord.

J’étais curieux mais encore trop jeune pour m’intéresser aux filles, un proche (j’utiliserai la mot proche pour désigner mon entourage le plus anonymement possible, ce sont des personnes que je respecte, je n’aimerais pas qu’ils se sentent trahis par mon témoignage car les rares personnes qui connaissent déjà certaines parties de mon histoire pourraient les reconnaître si je détaille trop) de mon âge m’avait montré la masturbation, que j’avais plus tard expérimenté à loisir de mon côté. Une proche m’avait montré son sexe, j’avais trouvé ça bizarre qu’elle le fasse spontanément, et ça s’était arrêté là. Je n’avais été choqué ni par l’un, ni par l’autre, je trouvais -et je trouve toujours- l’envie de partager ses découvertes avec ses proches normale, même sur ce sujet. Plus tard, en grandissant, on apprend la retenue sur ce sujet, qu’il fait partie de la sphère intime. Pour le moment, il s’agit de jeux innocents entre enfants qui découvrent leur corps chacun de leur côté, même si c’était déjà un peu borderline, j’en conviens. Je ne me souviens plus de mon âge à ces moments là, mais je devais avoir entre 7 et 10 ans, environ.

Puis un jour, j’étais en quatrième, donc je devais avoir environ 12 ans (je suis de la fin de l’année et donc j’étais dans la tranche d’age basse à chaque classe) un proche du même âge que moi était en vacances à la maison et m’avait manipulé pour me convaincre à expérimenter davantage. Comme j’étais réticent, il m’avait dit qu’il l’avait déjà fait avec quelqu’un que je connaissais et que je respectais beaucoup. J’ai appris plus tard que c’était un mensonge.

Pour ne pas être en reste, j’ai donc accepté et on s’est sucés à tour de rôle, sans aller jusqu’à l’éjaculation, juste pour savoir la sensation que ça procure. Plus mus par la curiosité que par une réelle envie. J’étais moi aussi intéressé par le sujet malgré ma réticence. Le fait qu’on soit du même sexe ne me dérangeait pas plus que ça. J’ai été élevé dans une famille absolument pas homophobe. Je voyais ça comme une expérience, absolument pas un acte d’amour. Et comme on s’était mis d’accord, il n’y avait donc pas viol. La façon dont il m’a manipulé pour obtenir mon accord est en revanche inacceptable et je lui en ai voulu longtemps pour ça une fois son mensonge découvert.

Ceci étant dit, je ne suis pas blanc non plus. Même si je plaide les circonstances atténuantes du fait de mon âge, j’ai la même année essayé de recommencer avec un autre proche. Ma curiosité avait été attisée et n’ayant pas atteint l’âge où les garçons et les filles recommencent à discuter ensemble , j’étais davantage lié à des garçons, j’avais grandi en jouant et en discutant avec des garçons de mon âge ou presque, et les jeux et discussions de filles ne m’intéressaient pas. Il m’était donc plus facile d’aborder ce sujet avec un proche qu’avec une proche, même si ma curiosité me poussait davantage vers les filles. Là encore, je ne me souviens pas avoir été poussé par autre chose que la curiosité, je devais être encore trop jeune, je pense. Mais même la curiosité peut parfois être redoutablement cruelle.

J’ai profité d’un moment où moi et un proche un peu plus jeune que moi (mais de peu, il y avait entre nous une différence de quelques années, mais pas plus) pour lui faire la même proposition qui m’avait été faite. Il était réticent comme moi et j’ai évoqué mon expérience que j’avais vécue quelques mois auparavant avec cet autre proche. Il a fini par accepter et nous nous sommes sucés et adonnés à quelques autres expériences mais sans pénétration autre que buccale ni jouissance ni éjaculation.

J’ai appris plus tard par mes parents qui l’avaient appris des parents du proche qu’il avait été très perturbé par cette expérience. Ils m’ont expliqué qu’il n’avait pas osé me dire non et c’est vraiment là que j’ai compris ce que j’avais fait. Je croyais jusque là qu’il avait été d’accord, et qu’il était aussi curieux que moi mais je me trompais. Ce fut pour moi la douche froide. Dès que j’ai compris ce que j’avais fait, j’ai regretté, et je n’ai jamais plus osé lui reparler plus que succinctement.

Cette expérience m’a aussi pas mal handicapé à l’adolescence dans mes relations avec les femmes, et peut être que j’en garde encore quelques séquelles aujourd’hui. Ceux qui ont involontairement nui gravement à un proche savent sans doute ce que c’est d’endurer ce genre de remords.

Je ne veux pas qu’on puisse lire mon message comme une excuse des violeurs. Jamais. Le viol est un acte monstrueux qui peut briser une vie à cause de la souffrance psychologique qu’il produit. Je n’en suis pas fier, et je n’en serai jamais fier. Je sais que je n’étais pas conscient qu’il n’y avait pas un véritable accord des deux côtés, je sais que sans pénétration ni violence, l’acte est sans doute un peu moins grave, mais ça n’en reste pas moins moi le responsable de ce qui s’est passé. Mon ami a été traumatisé, j’en suis responsable, et si un jour il décide de se venger, je l’aurai mérité.

Pour conclure, je dirais que mes parents peuvent être vus comme responsables, pour ne pas m’avoir suffisamment bien éduqué sur ce sujet. Non. Mes parents sont des personnes formidables, alors oui, ils auraient pu me parler du principe d’ascendant psychologique lié à l’âge, de la difficulté pour un enfant et même pour un adulte de dire non face à quelqu’un d’insistant. Oh, bien sûr, je savais qu’il fallait dire non aux adultes qu’on ne connaissait pas qui voudraient nous emmener avec nous, mais j’étais loin de me douter que je me retrouverais dans le cas du pervers qu’on décrit aux enfants aussi facilement. Enfin bon, pour en revenir à la responsabilité de mes parents, ce sont des personnes qui ont fait de leur mieux pour me donner les outils dont j’avais besoin pour me défendre et pour avancer dans la vie. Ils m’ont appris énormément. Alors oui, ils auraient pu m’apprendre davantage, mais qui explique les prémices de la psychologie humaine à un enfant de 12 ans ? Qui lui explique que nos choix peuvent par mégarde causer des traumatismes profonds ? A partir de quel âge peut on aborder ce genre de sujets avec un enfant ? Difficile à dire. Je n’ai pas encore eu l’occasion d’être parent, mais je considère que c’est l’une des plus lourdes responsabilités d’être humain avec des situations comme la conduite d’une voiture ou d’un véhicule où la vie des passagers est directement entre nos mains.

D’ailleurs, on n’en parle pas assez non plus. A la question “Avez vous le sens des responsabilités ?” à mon premier entretien, je n’ai pas su quoi répondre, parce que je considérais n’avoir jamais eu de responsabilités. Pour moi, le mot responsabilité désignait les devoirs d’un chef par rapport à ceux qu’il encadre. Mais en acceptant de conduire une voiture, on devient responsable de la vie des passagers de notre voiture et de celle des autres usagers de la route en plus de sa propre vie. Et ça n’a l’air de rien mais c’est bien plus important que des responsabilités de chef d’entreprise : si il merde, ses employés peuvent encore trouver un autre travail (à nuancer en prenant en compte les comportements qui peuvent provoquer des suicides mais qui relève plus d’une faute grave que d’une erreur). Un conducteur de bus a selon moi de bien plus grandes responsabilités qu’un chef d’entreprise. Le risque est plus grand, et les conséquences bien plus dramatiques. J’ai beaucoup de respect pour les conducteurs qui ont constamment conscience de leurs responsabilités. Et je dois avouer que par habitude de conduire, j’ai aussi fait des conneries, je me suis mis en danger, et j’ai mis en danger d’autres car je n’étais pas assez concentré sur ma conduite.

Enfin je m’écarte du sujet.

Bref, j’aimerais que ce témoignage fasse également prendre conscience des dangers de la manipulation, même involontaire. Nous avons tous, parfois sans s’en rendre compte des comportements manipulateurs. On le fait parfois pour le bien de nos proches, parfois pour obtenir quelque chose de son interlocuteur, parfois par pure cruauté. Qui n’a pas essayé d’apitoyer quelqu’un sur son sort pour obtenir quelque chose de lui ? Qui n’a pas essayé d’intimider quelqu’un ? Qui ne s’est pas rendu compte après coup avoir utilisé une technique de manipulation sans même le vouloir avec quelqu’un qu’il apprécie énormément parce que ça nous arrangeait ? Ce sont des petites techniques que tout le monde connaît plus ou moins bien, qu’on utilise volontairement ou non et qui sont inoffensives la plupart du temps. Personne ne reprochera à un gamin de pleurer dans un magasin pour que ses parents aient honte et lui achètent ce qu’il veut s’ils viennent à craquer. On trouvera que c’est un sale gosse ou on trouvera ça mignon, mais ce n’est qu’un gamin qui veut un objet que ses parents lui refusent et qui essaie quand même d’une façon moins conventionnelle sans comprendre forcément tout ce que ça a de gênant pour ses parents. Personne ne reprochera non plus à des parents d’utiliser une façon détournée de faire comprendre quelque chose à leurs enfants, je n’ai pas d’exemple plus pertinent à l’esprit, mais utiliser la menace du père fouettard parce qu’on ne sait pas expliquer autrement à son enfant en bas âge qu’il ne doit pas faire quelque chose, c’est toujours discutable parce que ça crée une chaine de mensonges qu’il faudra bien briser un jour en lui expliquant la vérité, et peut-être qu’il existe une méthode plus appropriée, mais ça a le mérite d’être efficace quand on ne peut pas forcément lui expliquer des notions plus complexes parce qu’il n’a pas encore l’âge pour les comprendre et qu’il demande avec insistance pourquoi il ne faut pas faire ça. Et puis on ne peut pas toujours faire attention à ce qu’on dit non plus. Et d’ailleurs à force de faire trop attention à ce qu’on fait et à ce qu’on dit, on finit par se créer un carcan qui finit par nous emprisonner. L’important est sans doute de trouver le juste milieu ou de savoir faire attention à ce qui compte vraiment.

Voilà. j’aimerais que mon témoignage reste uniquement sur ce site.

Même si vous n’avez pas de respect pour moi, que vous trouvez que je suis complètement amoral, ce que je peux comprendre, ne faites pas de copie complète ou partielle de ce que je viens de dire, ayez au moins ce respect.

J’ai fait ce témoignage pour moi, pour enfin parler sur ce sujet, mais aussi pour que toi, lecteur, lectrice, puisses faire ce que tu peux pour éviter à tes enfants de reproduire ce genre de comportement ou pour leur permettre de pouvoir se défendre contre ça. Je ne veux pas qu’on transforme cette expérience en l’analysant sous le filtre d’une idéologie pour au final me faire dire ce que je n’ai pas dit comme on le voit malheureusement trop souvent. Car même si on est absolument sûr de son idéologie, de ses cheminements de pensée, de ses idées, comment peut-on être certain d’être dans le juste ? Tout le monde pense avoir raison. Et pourtant, nous avons tous des avis différents les uns des autres.

D’ailleurs, ne prenez pas non plus trop au pied de la lettre mon témoignage en dehors des faits car je porte en moi le manque d’objectivité propre à l’être humain qui n’est pas omniscient et ne le sera jamais malgré tous nos efforts. J’ai sans doute, à force d’y penser, creusé le sujet beaucoup plus que la moyenne d’entre nous, mais peut-être est ce que je me leurre moi-même dans mon interprétation pour me rendre les faits plus supportables ? Je ne crois pas, mais même de l’intérieur, et après avoir fait tout un travail d’introspection, c’est difficile à dire.

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Justine
Justine
4 années plus tôt

Bonjour Monsieur..votre témoignage est important et mérite le respect. Vos mots sont justes. Vos questions aussi. Ce n’est pas une histoire de repenti, de “faute avouée à demi pardonnée” mais bel et bien d’analyse comportementale individuelle ou sociétale.
Vous exposez EXACTEMENT les bonnes remarques. Merci pour votre témoignage. Ah oui: Vous méritez LE Respect et de vous libérer de ce Poids. Sincèrement.

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Carla
3 années plus tôt

Bonjour Monsieur. Selon moi, les jeux de découvertes sexuelles entre les enfants n’ont pas la même portée que les actes posés en tant qu’adulte. A 12 ans on est pas forcèment capable de se rendre compte de certaines choses. C’est l’age de la découverte, de la curiosité et les limites/interdits ne sont pas encore bien fixés dans l’esprit. Vous ne vous rendiez certainement pas compte de la manipulation que vous avez exercé en reproduisant le schéma qui vous avez été imposé et n’imaginiez pas non plus les conséquences que cela aurait pu avoir sur l’autre garçon. Le même acte posé par un adulte est totalement différent, un adulte sait clairement ce qu’il fait, et a conscience de la portée de ses actes ainsi que des normes sociales, et n’est donc pas excusable. Vous lisez votre comportement d’enfant à travers le prisme de vos yeux d’adulte et c’est cela qui génère votre mal être et votre culpabilité. Vous n’avez pas su détecter le désaccord de ce petit garçon qui lui aussi de son côté n’avait pas les outils nécessaires pour l’affirmer et qui s’est laissé embarqué et en a donc été perturbé. Aujourd’hui vous culpabilisez, ce qui prouve que vous avez appris à votre passage à l’age adulte les limites à ne pas franchir, cela montre une évolution saine . La culpabilité de vos agissements d’enfant doit maintenant s’éteindre et ne pas se prolonger outre mesure. N’hésitez pas à en parler avec un psy si besoin.

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