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Violée par un enfant de mon âge

J’ai été abusée sexuellement à l’âge de quatre ans ou cinq ans par une autre petite fille qui avait le même âge que moi. Elle avait initié ça comme un jeu dont j’avais au début refusé de prendre part mais finalement je me suis laissée faire ne comprenant pas la gravité de l’acte. Comment une petite fille peut en violer une autre? Et bien en pratiquant le sexe oral sur l’autre et sur soi, tel que ça l’a été dans mon cas. A la suite de ça, je me sentais extrêmement honteuse. Je me disais que c’était de ma faute, que c’était bien trop grave et que personne ne m’aimerait si j’en parlai, ni me croirait. Je voulais oublié ce qu’il s’était passé, je me rappelle avec une clarté étonnante que je voulais devenir quelqu’un d’autre et « recommencer ma vie de zéro». Je n’ai pas réalisé tout de suite que c’était un viol car je crois y avoir pris du plaisir. Comment ça avait pu m’arriver à moi? Je me souviens encore du goût acre que son intimité avait laissé dans ma bouche. J’en ai parlé qu’à ma grande soeur à l’âge de 12 ans environ qui s’est moqué de moi. Dès lors, je suis demeurée silencieuse. Pas facile de perdre son innocence à 4 ans. J’ai lu que souvent les enfants agresseurs avaient probablement eux-même été abusés par un adulte, ou qu’ils avaient assistés à des scènes ou vu des images à caractères pornographiques
Les conséquences de cet abus sexuel ont été multiples et plus déplorables les unes que les autres: je n’ai absolument jamais eu confiance en moi, je me suis longtemps détesté, j’ai fait de l’énurésie nocturne de mes 6 à mes 12 ans (en m’a prescrit des anti-dépresseurs vers mes huit ans que j’ai arrêté de prendre) et à l’adolescence vers mes 13 ans, j’ai commencé à susciter l’attention des garçons et j’ai adopté des attitudes hypersexualisées: de mes 13 ans à mes 18 ans j’étais complètement débauchée, je sortais avec beaucoup de garçons, j’avais de multiples partenaires. Je pense que j’essayais de me conforter dans l’idée que le sexe ce n’était pas grand chose, et que ce n’était pas la peine d’en faire une affaire d’Etat. Que je n’avais aucun problème avec ça. J’étais une adolescente très en colère : j’étais tout le temps fatiguée, j’étais mal dans ma peau, je parlais mal aux profs, j’étais si peu sûre de moi. J’étais rebelle et écorchée vive. Mais tant que j’avais des bonnes notes, alors pas de quoi s’inquiéter. j’ai enchaîné tout un tas de relations plus toxiques les unes que les autres car je n’avais aucune barrières émotionnelles et concernant l’accès à mon corps.Je n’aimais pas celle que j’étais, je me sentais vicieuse et sale et tellement incomprise. J’ai de nouveau été violée par un garçon que je connaissais bien à mes 18 ans. Ce n’est que très récemment que j’ai fait le lien entre mes deux viols. Ma première agression sexuelle était enfouie dans ma mémoire.
En écrivant cela, j’ai l’impression que personne ne me connaît et surtout pas mes parents qui n’ont jamais rien vu. Ils ont pris mes appels au secours comme une volonté de me rebeller et de me faire remarquer. Discours culpabilisants, bonjour. A leurs yeux, j’étais un peu le mouton noir de la famille: celle qui faisait toujours des bêtises, fragile et défectueuse, dans l’ombre de ma grande-soeur brillante et étouffante.
Je suis en colère contre mes parents pour n’avoir rien vu, contre la société qui culpabilise les victimes de violences sexuelles et plus généralement les femmes qui ont toujours été chosifiées. Etre victime signifie être faible et qu’on l’ a bien cherché. Il faut être brave pour raconter son histoire dans un monde où l’on risque d’être jugée et descréditée.
Aujourd’hui, j’ai 21 ans et bien qu’en apparence tout va bien : je suis intelligente, j’ai eu mon bac je fais des études supérieures, je me sens vidée et bloquée. Je n’ai pas confiance en moi, j’ai peur de perdre le contrôle, j’ai le vertige et je fais de l’anxiété sociale. Toute mes relations amoureuses ont été très dures pour moi et se sont soldées par des ruptures m’ont enlevé une partie de mon âme. Quand on parle pas, la douleur ne part pas. Je pense de plus en plus à m’être fin à mes jours. Après tout, que vaut la vie si on ne peut faire confiance à personne?
Je sais que j’irais mieux. J’en ai parlé à un proche et je vais entamer une psychothérapie. Je sais que j’irais mieux.

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Chère anonyme, ces histoires d’agressions sexuelles dans l’enfance sont parmi les pires. Allons au plus pressé, je vous engage à contacter des associations de victimes d’agressions sexuelles pédophiles. Voici quelques liens pour vous aider:

** l’AIVI (Association Internationale pour les Victimes d’Inceste) site internet:

https://aivi.org/

https://www.sos-inceste-violences-sexuelles.fr/
numéro vert: 02 22 06 89 03
ARSINOE – Liens Utiles
http://www.arsinoe.org/arsinoe-liens.php
Sites médicopsychologiques:
** site de l’institut de la victimologie vous avez un annuaire des associations de lutte contre le harcèlement dont l’adresse des centres régionaux:
http://www.institutdevictimologie.fr/annuaire.php

** site de Muriel Salmona: mémoire traumatique ; voir son article mémoire traumatique en pdf sur le site
https://www.memoiretraumatique.org/

** indiqué par Céline9: un site très intéressant d’ailleurs
https://www.cyrinne.com/

** psy coach: un espace consacré au harcèlement
https://www.psy-coach.fr/

** soutien-psy en ligne
https://www.soutien-psy-en-ligne.fr/

Vous avez aussi le réseau France victime avec un très bon site plein de liens dans toutes les régions et un numéro vert: 116 006.

C’est ainsi que vous pourrez commencer votre chemin de guérison, et soyez assurée de notre entière compassion. N’hésitez pas non plus à nous demander d’autres précisions.

Affection, courage et soutien.

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Anne
Membre

Chère anonyme,

Je me permets de vous donner un seul conseil: parler en vérité à des personnes de confiance.
Vous avez 21 ans, beaucoup de lucidité, et toute une vie devant vous pour être heureuse.

Comment vos parents peuvent-ils se douter du drame que vous avez pu vivre, de la blessure avec laquelle vous vivez, de la confusion semée par un agresseur lui-même enfant?
Vous racontez avec beaucoup de justesse et délicatesse votre histoire, et toutes ses répercussions dans votre vie.
Peut-être pouvez-vous faire lire votre post à vos parents.

J’ai l’impression que vous serez vraiment en paix quand votre relation avec vos parents sera éclaircie. Vos parents ont besoin pour cela que vous les éclairiez. Votre sœur aussi qui était trop jeune pour intégrer la gravité de ce que vous lui avez confié.

Si j’étais votre mère, j’aimerais savoir. J’aimerais savoir pourquoi ma fille n’était pas en paix, pourquoi elle était difficile à élever. J’aimerais comprendre sa souffrance cachée. J’aimerais réaliser aussi qu’elle n’était pas en mesure d’exprimer, avec ses mots d’enfant, l’inexplicable.

On ne peut présumer la réaction de vos parents. Il leur faudra peut-être du temps pour trouver les mots justes. Ils ne sauront pas forcément vous aider tout de suite et seront sans doute très maladroits.

Mais cela vaut le coup d’essayer. Vos parents ont été sans doute à côté de la plaque mais ils ne semblaient pas être mal intentionnés ni maltraitants. Vous savez, il nous faut parfois toute une vie pour être de bons parents.

Même si vos parents vous déçoivent à nouveau, le fait d’initier cette démarche vous permettra d’avancer.

Je vous encourage bien sûr à commencer la thérapie que vous évoquez. Il ne faut pas hésiter à changer de thérapeute s’il ne vous convient pas afin de trouver quelqu’un avec qui vous êtes en confiance.
Il ne s’agit pas de vous reconstruire. Il s’agit de renaître, de devenir tout simplement vous-même.

À 21 ans, croyez-moi, vous avez toute une vie devant vous pour être enfin heureuse.

« Un voyage de mille lieues commence par un premier pas (Lao Tseu) »

Bon premier pas pour être heureuse!
Anne

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