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Une vie bousillée

Une enfant de 8 ans, moi ; une mère ayant été violée par son compagnon, mon père, à une époque où le viol conjugal n’avait pas d’existence en droit pénal, ce père qui se suicide violemment sous tes yeux, cette mère qui un jour refait sa vie avec un homme, le beau-père. Lui tout puissant, belle situation, sexiste comme alors beaucoup d’hommes, convaincu de sa supériorité. Moi la pièce rapportée gênante à laquelle il fait constamment subir ses sautes d’humeur alors qu’il accroît son emprise sur elle, ma mère. Se coucher le soir devient une épreuve, toujours devoir venir te dire bonne nuit en montant sur tes genoux au risque de déclencher une dispute. Toi cherchant à tout prix à glisser tes mains sur mon corps d’enfant, moi serrant mes bras pour bloquer ton passage de toutes mes forces et générant ton insistance jusqu’à l’énervement et subissant les remontrances ultérieures une fois l’affaire rapportée à ma mère. Je voulais juste que tu ne m’impose pas tes mains mais ça il en était hors de question alors tu m’as harcelée toute mon existence auprès de toi. Ton goût prononcé pour la pornographie violente, cette obsession pour ce petit corps d’enfant qui change, la pré-adolescence. Tu y parviens, un cauchemar une nuit, une mère qui trouve idéal de me forcer à prendre la place dans son lit plutôt que m’écouter, toi qui m’intime de te laisser toucher, moi terrorisée, glacée, prisonnière, tétanisée, et voilà tes mains assouvissant ce qu’elles cherchaient, tripoter mes petits seins naissants, et ça t’a ému, oh mais qu’ils sont si petits… Différents de ceux d’une adulte, de ta compagne ou de ta grande fille à qui tu les tripotais sous nos yeux en riant fort. Oh mais oui bien sûr tu es tactile, il y a des hommes comme ça et il faut pas se renfrogner. Je t’ai alerté maman, tu m’as demandé s’il fallait que tu choisisses lui ou moi, alors avec mes mots d’enfant, la fille-mère que j’étais déjà, t’as demandé si tu pourrais m’en vouloir et être malheureuse, ce serait probablement le cas comme tu l’as confirmé, alors pour ne pas te voir malheureuse et perdre ton affection, je t’ai dit que je me forcerai et que tu n’aurais pas à faire ce choix. Comme il te l’a si bien expliqué par la suite de toute façon je ne pouvais pas comprendre ce que sont les rapports normaux père-fille ayant perdu le mien dans la petite enfance. Nous avons vécu chez ce pédophile jusqu’à ma majorité, jusqu’à ce qu’il décide de divorcer, bien sûr ce n’était pas lié à une tardive décision de ta part pour m’éloigner de lui. Non tu as toujours fermé les yeux. Se taire, toujours se taire et sauvegarder les apparences. Au milieu de tout ça un petit-frère était né, heureusement pas une fille. Pour lui il a fallu continuer à préserver les apparences, et encore aujourd’hui alors qu’il est jeune adulte. Moi la trentaine bien entamée devant continuer à te savoir côtoyant encore cet homme, avec qui tu avais repris une relation, jusqu’à un nouveau projet de vie commune, qui n’a pas abouti mais il a fallu continuer toujours malgré tout et l’enfant commun a justifié cela jusqu’à tard et récemment encore. Tu as eu beau savoir, on a eu beau parler à divers âges, y compris à l’âge adulte, ça ne t’a jamais suffit pour prendre tes distances. Il aura fallu que tu débutes une nouvelle relation amoureuse pour que tu passes le cap. Pourvu que celle-ci soit auprès d’un homme équilibré et à la longue vie, ainsi aurais-je peut-être l’assurance que tu ne côtoies plus jamais ce monstre pédophile. Ton propre comportement, celui de la non assistance à mineur en danger sur qui tu avais l’autorité parentale, tombe aussi sous le coup de la loi pénale. Une mère qui ne protège pas son enfant, une vie bousillée pour protéger la tienne et sauver l’image du père auprès de mon frère. Moi qui deviens mère aujourd’hui à mon tour. J’ai vécu l’enfer et baigne encore dans ses remugles, à ne savoir que décider en tant que future mère, peux-tu être sa grand-mère ? Serait-il responsable de ma part de t’offrir cette chance après tout ce que tu as été pour ta propre enfant ? Des questions que j’aurais tant souhaité ne pas avoir à me poser, comme celle de savoir si je devrais enfin ne plus préserver les apparences et agir en justice avant que la prescription n’éteigne ce droit à tout jamais et vous mette sous sa protection définitivement. Un beau cadeau pour cet homme qui aura tranquillement poursuivi sa vie pendant que je me débattais pour survivre et tenter de construire la mienne, encore toute balbutiante après tant d’années.

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