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Un travail d’été sous l’emprise de mon patron

J’ai passé l’été de mes 16 ans à travailler. J’avais vite été embauchée par mon patron, car on s’était déjà croisé auparavant. Les premières semaines se sont passées normalement, malgré des regards de la part mon patron et quelques propos, rien de très alarmant. Au fur et à mesure, il se permettait de plus en plus de choses. Je me doutais qu’il était attiré par moi, mais je n’y portais pas attention. Naïve, je pensais que les hommes mariés de 35 ans, ne pouvaient pas être infidèles, ne pouvaient pas s’intéresser aux gamines comme j’étais. Il me sortait des phrases comme « tu sais, ça serait gentil de me faire plaisir de temps en temps », « tu es grande maintenant, tu peux faire des choses d’adulte » ou bien lorsqu’il était énervé : « non mais je n’en peux plus de toi, si au moins t’agissais comme un adulte ». Tout ça pour dire qu’au bout d’un moment, je me mettais la pression pour être plus avenante. J’avais peur de perdre mon emploi, j’avais envie de faire l’« adulte », etc.

Un soir, on s’embrasse.

Je ne savais pas quoi penser. Je me demandais si c’était normal. Plein de choses me passaient par la tête. J’étais déçue, je me sentais coupable. J’étais aussi rassurée car il me répétait que je suis « plus mature que les autres filles de mon âge ». Je pensais alors que ça c’est la normale et que j’allais devoir faire avec, faire semblant puis apprendre à apprécier, car c’est la « la vie d’adulte ».

Après avoir cogité pendant le week-end, je reviens au boulot perplexe car j’ai peur d’entamer quelque chose avec mon bosse, mais j’ai aussi peur de le décevoir. On se embrasse de nouveau. Cette fois-ci, il me dit qu’il ne veut pas perdre son emploi ni sa femme. Alors, je ne devais le mentionner à personne. Je gardais alors tout ça pour moi.

Cette semaine, mes parents étaient partis en voyage. J’avais alors la maison seule. Je l’avais mentionné à mes collègues, ce qui est vite arrivé aux oreilles de mon patron. Il ne m’en a pas parlé de la journée et plus globalement ne m’avait pas parlé hors contexte professionnel. En rentrant, je reçois un texte indiquant : « je suis quand même déçu que tu ne m’aies pas invité ce soir. Je pensais qu’on avait quelque chose, que t’étais différente. Je me suis trompé. ». Je lui ai alors dit qu’il pouvait venir pas longtemps.

Il est venu chez moi. Dès que j’ai fermé la porte d’entrée, il m’a demandé où était ma chambre. Il m’a alors soulevé et m’y a emmené.

Arrivé dans la chambre, il m’a sauvagement déshabillé puis s’est déshabillé. Il me contemplait d’un air terrifiant. Je n’étais pas à l’aise, je ne savais pas quoi faire. Je lui sortais des mensonges comme « j’ai mes règles et ça saigne énormément », « je ne me suis pas lavée hier », etc. Il m’embrassait, me bavait dessus, me léchait, sur toute la surface de mon corps. Puis, il m’a pénétré. J’étais figée. J’étais fâchée. Je me sentais coupable. Pourquoi, et je me le demande encore, l’avais-je invité si facilement ? À la fin, il désirait finir dans ma bouche. Il s’est assis sur ma poitrine et faisais des allés-viens dans ma bouche jusqu’à ce qu’il vienne.

À la fin, il m’a regardé et m’a dit : « et tu vois, un peu de sang ça ne fait rien ». Il disait ça en référence à ce que je lui avais dit plus tôt. Comme j’ai déjà dit, j’avais menti pour me trouver une excuse. Ce sang provenait de ce rapport sauvage que je venais de subir. Je ne me rappelle de quand il est parti, mais je sais que c’était rapidement après la fin du rapport.

De retour au travail, je ne le regardais pas. Lui, oui. J’avais la boule au ventre, encore plus lorsqu’il me chuchotait à l’oreille « je sais que tu en veux encore » ou qu’il me frôlait les parties intimes.

Il fallait que j’aille trier des documents au sous-sol. J’étais alors seule. Évidemment, il en a profité. Arrivé là, il s’est assuré que je n’avais rien dit. Puis il m’a dit : « dans tous les cas si les gens l’apprennent, ils vont mal te voir, ils vont se dire que t’es dégueulasse d’avoir séduit un homme plus vieux et marié, que tu ne fais ça que pour garder ton emploi, etc. » Par ces belles paroles, j’en étais arrivé à la conclusion qu’il valait mieux que j’accepte de continuer car je ne veux pas gâcher ma réputation, je ne voulais pas le rendre triste. J’avais encore cette part naïve de moi-même qui rêvait d’intégrer le monde adulte.

Les rapports sexuels ont eu lieu de nouveau.

J’étais à 100% manipulée. J’essayais, par moment d’arrêter, il trouvait toujours les bons mots. Ces paroles pouvaient varier entre des insultes, des paroles humiliantes, faisant culpabiliser à des déclarations de flamme.

Les rapports sexuels ont duré jusqu’en mi-septembre. Pas une fois n’ai-je éprouvé l’envie qu’ils aient lieu. Je ne me débattais pas car c’était devenu normal. Je me sentais vide à l’intérieur. Lorsque mon emploi s’est terminé, les rapports ont diminué car j’allais au lycée. Malgré tout, je me sentais coupable de ne pas lui apporter le plaisir qu’il souhaite. Cette culpabilité me hantait, j’étais en train de me créer une haine intense en moi. Ça affecté ma vie scolaire, sociale et même familiale.

Au bout d’un moment j’ai réussi à arrêter. Au moment de le faire, j’étais assise dans une baignoire vide, le robinet qui coule pour ne pas que mes parents m’entendent et je pleurais à chaude larme. J’avais mal sur tout l’ensemble de mon corps. Mon patron prenait la place de victime et moi je le croyais, je pensais que c’était moi l’erreur, que c’était moi qui n’allait pas bien.

Pendant des mois il m’envoyait des messages pour me faire culpabiliser. Il me comptait à quel point j’avais détruit lui et son couple. J’ai fini par le bloquer.

Aujourd’hui, deux ans après, cette histoire m’impacte. La peur qu’il ré-apparaisse ou des mauvais souvenirs me hante. J’en fais des insomnie et des attaques de panique. Je ne suis pas capable d’avoir des relations intimes, à part lorsque j’ai consommé de l’alcool. Je suis à un stade où je veux me poser avec quelqu’un de bien, mais je me restreins car j’ai honte d’avoir cette angoisse lors des relations intimes et je ne me sens pas capable de raconter cette histoire à voix haute.

À ce jour, je n’ai jamais porté plainte. J’ai envie, mais je n’arrive pas. Je me sens encore coupable. J’ai aussi appris qu’une stagiaire avait déjà porté plainte contre lui pour comportement sexuel inapproprié.

Merci d’avoir lu mon histoire. C’est la première fois que je la raconte. Sous l’anonymat c’est beaucoup plus simple. J’espère que mon expérience pourra donner du courage et du soutien à quelqu’un qui vit quelque chose de similaire.

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Lolo
Lolo
2 mois plus tôt

Bonjour c’est très difficile ce que vous avez vécu, vous pouvez en parler sur le portail «arrêtons les violences » qui vous permettra d’avoir un premier retour de la part de professionnels formé aux violences sexuelles, c’est anonyme et ça n’engage à rien. En plus vous étiez mineure, il y a une différence d’âge et c’était votre responsable donc il n’avait pas à faire ça. Bon courage à vous

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