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Tu ne peux nier éternellement…

Courant novembre l’année passée (2017), j’ai fréquenté un mec pendant un petit mois.
Il s’est vite avéré qu’il était manipulateur et très probablement pervers narcissique mais je n’avais/ai pas les compétences pour évaluer son état mental.
Il m’a trompée avec son ex-copine qu’il avait mise enceinte, pendant la période où il était en train de la persuader (forcer, à vrai dire) à avorter. Je ne l’ai appris que par la suite… Après qu’il ait tenté d’abuser sexuellement de moi.
J’ai eu la chance de ne pas être sidérée, et de fait, me débattre. Quand je dis qu’il a tenté d’abuser sexuellement de moi, j’entends qu’il a persisté après que j’aie clairement dit « non », à trois reprises. J’entends qu’il a malgré tout plongé ses main sous mes vêtements, poitrine et sexe. J’entends qu’il a tenté de me masturber alors que je me débattais très clairement. La suite est floue, je ne sais pas s’il m’a pénétrée d’un doigt ou non. Je pense, mais je ne suis pas certaine donc je ne l’affirmerai pas.
Quand je suis finalement parvenue à le repousser (ça m’a semblé très long, je ne sais pas si c’était l’affaire de quelques secondes ou minutes en temps réel), il m’a giflée. Je l’ai regardé droit dans les yeux et je lui ai dit que ça allait très mal se passer s’il réitérait son geste. Il s’est excusé, et a justifié sa gifle par un « c’était pour rire ». Il m’a prise dans ses bras. J’ai pleuré, sans savoir exactement pourquoi. Le choc, peut-être.
Je l’ai quitté, deux semaines plus tard.

J’ai fait comme si rien ne s’était passé, pendant longtemps. Je me sentais stupide, vraiment conne. Mal. J’ai foutu ça dans un coin de ma tête, et ça m’allait très bien comme ça… Jusqu’à cette nuit (12 décembre 2018), jusqu’à mon cauchemar (ci-dessous) :

J’étais « chez moi », sans reconnaître les lieux. Il était assis dans mon lit, torse nu, à moitié sous la couette. Il m’a dit de venir m’asseoir à côté de lui, ce que j’ai fait (je ne sais pas pourquoi, j’étais même contente de le rejoindre). Puis j’ai revécu sa tentative d’abus. Quand j’ai commencé à me débattre, un de ses amis est arrivé de je-ne-sais-où, puis tout le monde s’est arrêté parce que ma mère montait (c’était audible). Ça n’a pas duré très longtemps puisqu’ils se sont remis à parler fort, alors qu’elle était à l’étage. Je crevais de trouille, il ne fallait surtout pas qu’elle les retrouve là d’autant qu’elle aurait averti mon père (ce qui m’effrayait davantage). J’ai essayé de les faire taire, mais je me sentais terriblement impuissante. Ils rigolaient en voyant ma détresse. Je me suis évanouie, puis me suis relevée très vite, au moment où ma mère a ouvert la porte de ma chambre (le bruit de ma chute l’avait inquiétée). J’ai tenté de lui expliquer, mais elle m’a fait signe de me taire avant de faire un clin d’œil à « X » et son ami, et de refermer la porte.
Lorsqu’ils ont entendu la voix de mon père, ils ont sauté par la fenêtre. « X » avait laissé un sac de femme dans ma chambre, qui ressemblait fort à celui d’une (je n’ai pas fait le rapprochement directement). Dans le sac, il y avait un téléphone avec une coque lapin, rose (« lapin » étant le surnom que me donne ma meilleure amie). Je ne sais pas pourquoi, j’ai ressenti le besoin d’éclater ce téléphone, de le détruire. Je l’ai balancé par la fenêtre, de toutes mes forces – et c’est en regardant par cette fenêtre que je me suis rendue compte que la fenêtre de ma chambre donnait sur la maison en face de celle d’un membre de ma famille, c’est d’ailleurs là que le téléphone est allé s’éclater.
J’ai entendu « X » dire « Putain je t’avais dit que c’était une folle, elle n’a pas changé » – « C’était pas le téléphone pour ton fils ? » – « Si ».

Je me suis réveillée à ce moment-là.
J’ai été mal pendant de longues minutes. J’ai pris mon téléphone, pour envoyer un message à mon copain (je lui ai dit « merci » d’être « lui », et que je l’aimais). Mon cauchemar m’a profondément bouleversée plusieurs jours durant. Mon subconscient m’a confrontée à ce à quoi je tentais d’échapper, ce que je tentais de nier, oublier depuis un plus plus d’une année…

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psionic
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Chère amie, votre rêve en dit beaucoup plus mais je ne suis pas apte à l’interpréter: seul un thérapeute compétent pourrait le faire avec vous. Ce qui me frappe toutefois c’est la précision de votre récit car dans votre rêve l’action se déroule sur plusieurs minutes au moins, il est rare de se souvenir d’un rêve aussi long me semble-t-il mais c’est très subjectif aussi. Votre inconscient vous a placé lors du rêve dans cette agression, vous y confrontant à nouveau en rêve. On voit toute l’importance de l’autorité familiale dans votre vie intime, en tous cas c’est l’impression que votre récit me donne. La position complice de votre mère est troublante et il n’est pas sûr que ce soit un simple déplacement (le terme employé par Freud dans l’interprétation des rêves pour désigner le fait que souvent une personne se trouve représentée par une autre en rêve). Je vous invite à lire cet ouvrage inégalé en cette matière, l’auteur écrit dans la préface que les rêves sont toujours très cohérents dans leur agencement. Ce qui apparaît clairement dans le vôtre. D’ailleurs tout se déroule dans votre environnement familial, la chambre, la maison dehors en face. C’est très riche, vous avez bien fait de le noter. Un aspect crucial dans tout rêve est votre état émotionnel et psychique au réveil, vous étiez mal durant de longues minutes: c’est très important, ce rêve vous a ébranlée. Votre inconscient vous a montré ce qu’il se passe au plus profond de votre personne en vous confrontant à nouveau à cette scène traumatisante, à peu prêt à la date anniversaire. Je pense que vous devriez penser à consulter un thérapeute si ce rêve survient à nouveau . Dans tous les cas je vous le conseille aussi de le faire ne serait-ce que pour vérifier le traumatisme, et cela vous rassurera sans doute aussi. Merci de votre témoignage, bonne fêtes. Courage et soutien.

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Anonyme E.
Invité
Anonyme E.

psionic
Je suis à l’origine de ce post. Si jamais vous repassez par là… Je voulais juste vous dire merci. Merci pour votre réponse, pour votre message. Cela me touche beaucoup que vous ayez pris le temps de me lire, donc de « m’écouter ».

Pour vous donner quelques précisions :

– Je suis moi-même surprise (ma foi assez désagréablement) de la précision de mon rêve. D’autant qu’il est très rare que je m’en souvienne. Les seules fois où ça arrive, ce sont des cauchemars.

– Quant à la durée du rêve, je peux seulement dire que tout allait extrêmement vite dans mon rêve. Seuls les moments où je prends place aux côtés de « X » sur mon lit, et à partir du moment où je découvre le sac – qui ressemble fortement à celui d’une amie* – semblent se dérouler à une vitesse relativement normale.

– Ma relation avec mes parents a longtemps (parfois encore maintenant, mais ça s’est heureusement fort calmé) été conflictuelle. Mon père m’a harcelée moralement et menacée de nombreuses fois de s’en prendre à moi physiquement (il l’a parfois fait – heureusement rien de très grave, du moins pas assez que pour constater d’éventuelle séquelles) durant plusieurs années. Ma mère, elle, était complice… Par le simple fait d’être silencieuse. Comme dans mon cauchemar. Je lui ai exprimé maintes fois ma détresse, mais elle semblait minimiser les faits, être de son côté plutôt que du mien (alors qu’honnêtement, je n’ai jamais été ce qu’on pourrait appeler « une enfant à problèmes », rien ne justifiait pareil comportement, venant de l’un comme de l’autre). Je ne suis pas parfaite, loin de là même, mais je ne pense pas être imparfaite au point de justifier pareille colère/haine à mon égard.
Je vous « rassure », ce n’est plus aussi violent actuellement (depuis que ma mère sait que je suis bien entourée – avocate, TCC Accueil, etc. et qu’en cas de « rechute », j’entamerai les démarches nécessaires pour assurer mon bien-être). Bref, tout ça pour dire : vous avez vu juste.

– Quand je dis qu’à mon réveil, j’ai été mal durant plusieurs minutes… Mon cœur battait anormalement vite, j’avais le vertige (comme lorsqu’on se lève trop brusquement). J’ai porté ma main à mon front, j’étais en sueur. Je me suis fait la remarque « Faut pas le laisser revenir » à voix haute, avant de remonter la couverture sur moi. J’ai fixé le mur à droite de mon lit pendant plusieurs minutes, ce n’est qu’ensuite que j’ai envoyé « Merci d’être toi. » et « Je t’aime » à mon copain actuel. Il est aux antipodes de « X ». Avec lui, j’ai appris à me réapproprier mon corps, faisant par la même occasion tomber de nombreux murs, de nombreuses barrières pourtant bien établis, ancrés profondément dans le sol – en moi (même inconsciemment).

Je suis assez fière du chemin parcouru depuis l’agression. Je m’en sors plutôt bien. J’ai toutes les cartes en main pour être heureuse à présent. Je n’ai pas refait ce cauchemar, bien que mon sommeil ne fut pas des plus réparateurs les premiers jours qui le suivaient.
J’en ai parlé à quelques proches, qui ont été merveilleux. J’ai une chance incroyable de les « avoir ». Je pense que ça m’a fortement aidée à accepter la chose.
En ce qui concerne le/la thérapeute… C’est le même combat que pour les psychologues ; encore faut-il trouver « la perle ».

Encore merci. D’avance joyeux Noël (si vous le fêtez). Je vous souhaite le meilleur pour 2019.

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psionic
Membre

Chère Anonyme E. Je vous remercie chaleureusement de votre réponse très précise et instructive. Je constate avec tristesse que vous avez été maltraitée psychiquement par votre père avec une mère passive, complice. C’est un aspect crucial dans votre expérience humaine lors de votre enfance. Vous étiez sans doute un enjeu entre vos parents pour une raison importante. Cela vous pourriez le comprendre avec un bon thérapeute, voire une psychanalyse si vous vous sentez d’attaque. Le fait que vous vous souveniez de ce rêve traumatique aussi précisément alors que ce n’est pas votre habitude montre combien ce rêve est important pour vous: il vous faudrait noter et analyser tout ce que vous avez retenu car tout semble se tenir. On dirait que l’agencement signifie que vos parents ont permis que cela se produise en l’invitant chez eux ce pervers tortionnaire qui vous a agressée, ce n’est que mon interprétation, je le répète seul un thérapeute qualifié pourrait le confirmer. Votre état au réveil est par contre plus préoccupant car tout indique que vous étiez dans un état de choc traumatique de par ce que vous décrivez. Si vous refaites ce rêve il faudra songer à voir un spécialiste des syndromes traumatiques. Heureusement vous êtes bien entourée et vous avez trouvé un homme aimant qui vous libère peu à peu de ce qui vous entravait depuis votre enfance, du fait de la maltraitance de votre père. C’est un très bon point car l’amour et l’entourage aident beaucoup dans un chemin de guérison. Pour ce qui est maintenant de trouver un bon thérapeute, c’est bien le problème, mais c’est comme tout bon professionnel: il faut soit avoir de bons conseils soit expérimenter jusqu’à trouver la bonne écoute. Pour cela je vais vous donner quelques liens utiles:
*** site gouvernemental stop violences femmes gouv fr
avec plein de liens utiles, plutôt pour les cas urgents mais utile.

*** le site de France victimes: dans la section ressources vous avez plein de liens et contacts associatifs.
vous avez les sites de collectifs de femmes victimes qui ont des thérapeutes aptes à vous entendre:
** Collectifs des femmes contre le viol: CLCV
numéro d’urgence: 0 800 05 95 95
Viol femmes informations:
un site internet qui est utile et intéressant et un numéro national:
** victimes de viol et son site associé
**Les CIDFF ( Centre Information des droits des Femmes) il en existe dans toute la France,
présence de psychologues et de juristes femmes qui aident les autres femmes,
site: info femmes
** sos femmes : avec une section sur le harcèlement

Sites médicopsychologiques:
** site de l’institut de la victimologie vous avez un annuaire des associations de lutte contre le harcèlement dont l’adresse des centres régionaux:
** site de Muriel Salmona: mémoire traumatique ; voir son article mémoire traumatique en pdf sur le site
** psy coach: un espace consacré au harcèlement
** soutien-psy en ligne

L’institut de victimologie serait peut-être adapté à vos besoins, à voir, avec un thérapeute. Je vous conseille de consulter un psychiatre plutôt d’école analytique (en consultation psychiatrique seulement, pour le traumatisme).
Je vous conseille de voir auprès des associations d’aides aux victimes sinon peut-être dans votre entourage pro trouverez-vous quelqu’un qui en connaisse un bon. En tous cas vous êtes en très bonnes position pour vous engager sur votre chemin de guérison, par contre comprendre les racines de votre parcours et de ce rêve risque d’être plus délicat et long mais vous avez tout pour y arriver, c’est rassurant. Je vous adresse mon affection et vous souhaite joyeux noël !
N’hésitez-pas à me demander quoi que ce soi, je suis l’une des aminchettes habituées du site (je suis cependant un homme mais ici le féminin l’emporte pour des raisons évidentes).
Courage et soutien.

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