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Victime de viol ou d’agression sexuelle ? Postez anonymement votre témoignage sur Balancetonporc.com

Tout à commencé quand j’avais 13 ans…

J’ai vingt-huit ans, j’ai vécu dans le remord, la honte et l’anxiété pendant plus de la moitié de ma vie.

J’ai treize ans et je suis vierge lors de ma première agression sexuelle. Un jeune homme de quelques années mon aîné, m’entraîne dans la cave d’un bâtiment grisâtre de notre quartier. Une fois enfermée derrière cette grande porte d’acier, je ne me sens pas prisonnière. Il est doux, il me serre tout contre lui, il m’embrasse, tendrement. Je sens son sexe durcir dans son pantalon quand il me susurre « Je peux sortir ma bite et la frotter contre ta chatte ? ». C’est une question. A ce moment précis, le souffle coupé par la brutalité de ses mots, l’impression de ne pouvoir m’échapper de son étreinte, je ne réponds pas. Il a dû prendre mon silence pour un « oui » car je sors de cette cave, groggy par ses paroles et ses gestes. La honte me suivra pendant les dix années qui suivront.

Dix-huit ans, j’entre en fac à Rennes. Ville connue pour la bienveillance de ses habitants, l’agitation de ses rues pavées et les nuits mouvementées de ses étudiants. Je suis rue de la soif, il est à peine minuit et l’alcool me montant à la tête, je ressens le besoin de rentrer chez moi. Trou noir. Je me réveille chez un garçon bien plus vieux que moi, nue dans ce lit que je ne connais pas. J’essaie confusément de chercher dans ma mémoire liquoreuse, le souvenir des événements qui m’auraient conduite ici. C’est lui qui me donne la réponse ; « Je t’ai vu marcher, je t’ai ramassée et je t’ai baisée. ». Une autre gifle de honte me percute à ce moment-là.

Dix-neuf ans, mon couple bat de l’aile. Nous nous connaissons depuis notre première année de BEP, je n’avais encore quatorze ans, nos routes sont sur le point de déviées et l’idée ne veut décidément pas s’installer dans mon esprit. Que faire ? Après tout, il n’a peut-être pas tort quand il me dit que « De toute façon on baise jamais dans cette baraque ! »… L’envie de conserver ce qu’il reste de mon couple plus forte que tout, je fais des pas vers lui. Soirées romantiques, sorties entre amis, balades dans les bois, etc… Dommage de devoir boire quelques verres de vins pour pousser ces moments à l’action qui accapare son esprit, mais bon, je fais ce qu’il faut pour le garder. Il me quittera quelques semaines plus tard.

Vingt-trois ans, ça fait un moment qu’il ne s’est rien passé de méchant. Je papillonne, enfin, on papillonne avec moi surtout. Puis je fais un rêve, récurrent, lors duquel je tombe dans les escaliers. Étonnée et curieuse de savoir si ça peut signifier quelque chose, je m’assois sur la terrasse d’un café populaire des quais de Paris avec une amie pour lui en parler. Selon elle, ce genre de rêve s’apparente à des traumatismes sexuels. C’est la première fois que je parle de ce qu’il m’est arrivé à treize ans. Mais plus important, c’est la première fois que je conçois que c’est grave.

Depuis ce jour, j’ai suivi une thérapie, je me défends, j’ai été plusieurs fois suivie dans la rue, j’ai été agressée verbalement, j’ai dû repousser quelques énergumènes, on m’a même « proposé » de me prostituer. Bref, je me bats. Pourquoi ? Pourquoi est-ce que je ressens encore une certaine honte ? Pourquoi est-ce que je dois me battre et dire non ? Pourquoi est-ce que quand je porte une jupe ou un décolleté j’ai peur de ce qu’on va penser de moi ? Pourquoi est-ce que je me demande encore parfois si mon conjoint va me quitter si on ne baise pas ? Je ne devrais pas avoir à me poser ce genre de questions.

Je témoigne parce que ça revient me hanter de manière inopportune. Je témoigne car c’est un exutoire. Je témoigne pour continuer de prendre conscience que ce n’est pas anodin. Ça m’est encore difficile, parce que je me dis qu’il y a toujours pire que ce qu’il m’est arrivé, que moi ce n’est pas si grave. Les agressions sexuelles ou les viols ce ne sont pas que des scènes de films au coin d’une rue sombre.

J’ai vingt-huit ans, j’ai vécu dans le remord, la honte et l’anxiété pendant plus de la moitié de ma vie. Merci de m’avoir lue.

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psionic
8 mois plus tôt

Chère anonyme, les témoignages d’agressions sexuelles pédophiles sont parmi les plus insupportables. Les traumatismes qu’elles provoquent sont les pires de tous d’après les psychiatres spécialistes de ces questions. Votre témoignage est très sobre et poignant. Je dois ajouter que ce qu’affirmait votre amie sur le rêve de chute dans l’escalier est inexact. Il n’y a pas de règle, ni de rêve type, tout cela c’est du boniment, des croyances fallacieuses: des faussetés. Souvent de la psychologie de bazar. Ce qui importe c’est la récurrence du rêve, son contenu qui vous est propre et les états émotionnels et psychiques, les impressions que vous laisse le rêve récurrent. Un rêve récurrent et qui laisse une souffrance psychique est un signe de traumatisme. Dans votre cas la nature du traumatisme est bien identifiée.
Je vous indique quelques liens pour vous aider:
l’Association Vivre Soleil Renaître est une aide aux victimes de l’inceste, de viol extra-familial, d’agressions sexuelles, …

http://www.vivresoleilrenaitre.org/

Réseau France victimes

http://www.france-victimes.fr/

numéro d’urgence: 116 006

site très bien fait avec nombreuses adresses et liens par régions.

réarranger plus tard:
Associations de lutte contre les violences faites aux femmes

CFCV – Collectif féministe contre le viol
http://www.cfcv.asso.fr
FNSF – Fédération nationale solidarité femmes
http://www.solidaritefemmes.asso.fr
CNIDFF – Centre national d’information sur les droits des femmes et des familles
http://www.infofemmes.com
MFPF – Mouvement français pour le planning familial
http://www.planning-familial.org
Femmes solidaires
http://www.femmes-solidaires.org
FDFA – Femmes pour le dire Femmes pour agir
http://www.femmespourledire.asso.fr
AVFT -Association européenne contre les Violences faites aux Femmes au Travail
http://www.avft.org
CLASCHES – Collectif de lutte antisexiste contre le harcèlement sexuel dans l’enseignement supérieur
http://www.clasches.fr
Site de prévention des mariages forcés du réseau MFPF
http://www.mariageforce.fr
Fédération nationale GAMS
http://www.federationgams.org

Association d’aide aux victimes

INAVEM : Fédération nationale des associations d’aide aux victimes
http://www.inavem.org

Sites institutionnels:
https://www.stop-violences-femmes.gouv.fr/
section j’ai besoin d’aide: Suis je concernee et Les numeros d’urgence
numéro associé = 3919

trouver de l’aide près de chez vous:
https://stop-violences-femmes.gouv.fr/-les-associations-pres-de-chez-vous-.html?dep=06

Pour consulter sur les traumatismes:

** site de l’institut de la victimologie vous avez un annuaire des associations de lutte contre le harcèlement dont l’adresse des centres régionaux:
http://www.institutdevictimologie.fr/annuaire.php

** site de Muriel Salmona: mémoire traumatique ; voir son article mémoire traumatique en pdf sur le site
https://www.memoiretraumatique.org/

** indiqué par Céline9: un site très intéressant d’ailleurs
https://www.cyrinne.com/

Enfin, on ne guérit jamais totalement de ces abominations mais avec une bonne thérapie, un bon suivi et le traitement adapté on peut considérablement réduire la souffrance psychique.

N’hésitez pas à consulter le forum et revenir nous demander toutes précisions.

De tout coeur avec vous.

Affection, courage et soutien.

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