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Te quiero, je t’aime.

Te quiero, je t’aime.

J’avais 18 ans et j’avais décidé de « faire comme tout le monde », c’est à dire de coucher avec un mec. Il me plaisait bien, il m’a appris à danser la cumbia.
Un soir de février on se retrouve en fin de soirée. On décide de rentrer chez moi. Jusque là tout va, bien je sais ce qu’il va se passer.
Merde. Il n’a pas de capote et moi non plus. Je dis stop. Mollement certes. Il a continue. Te quiero, je t’aime. Non, por favor. Il essaye quand même, se frotte. Encore et encore. La peur me saisit. Je le repousse. Je bloque le passage tant bien que mal. Je réussi finalement à le détourner. On passe à autre chose. Mais le mal est fait et la peur me ronge encore le ventre.
Le matin je me réveille et je comprends que cette soirée restera « ma première fois ». Au lieu de sourire j’ai envie de pleurer.

Le lendemain mes amies m’appellent « Bah enfin! Alors t’as kiffé ?! ». Je dis oui. Mais je dis aussi que j’ai « pris un risque ». Elles me traitent comme une gosse, irresponsable. Non mais sérieux tu ne sais pas ce que c’est une MST ? Si. Mais j’ai juste été trop conne. Je prends donc la fameuse PDL, je fais un dépistage. Mes amies m’accompagnent un petit sourire narquois aux lèvres.

Moi je ne ris pas. Je pleure seule dans ma chambre le soir.
Mais devant les autres, à la fac je souris. Je continue de faire la fête. Toujours plus. Je bois. Toujours plus. Jusqu’à tout oublier. Jusqu’à en vomir. De dégoût.

Et puis j’ai une idée. Et si je refaisais ma première fois ? Une dont je sois vraiment consciente.
Je rencontre un mec en boîte, il me plaît. Une semaine après je fais donc cette deuxième première fois avec lui.
Cette même nuit je fais un horrible cauchemar. Et je comprends que cette nuit là n’effacera pas la première.

Tan pis. Je vais continuer les conneries alors puisqu’il n’y a rien d’autre à faire.
Je bois. J’embrasse des inconnus. Il me tripotent parfois. D’autres fois c’est l’inverse. Peu importe, je ne me souviens même pas de leur noms le lendemain.

Un soir tous mes potes décident de rentrer, pas moi. Je continue la soirée chez une camarade de fac. Là bas ça parle espagnol. Comme la première fois. Te quiero, je t’aime.
Je parle avec un péruvien. Il est marrant. On danse ensemble. On s’embrasse je crois. Je ne sais plus je suis déjà complètement saoule. Il me propose un joint. Je tire dessus. Un peu plus ou un peu moins. Je ne capte plus rien, je suis loin.

Monsieur propose de me raccompagner à l’arrêt de tram. Non merci je suis grande.
Je me retrouve à l’arrêt. Pas seule.
Monsieur m’explique alors qu’il n’a pas d’endroit où dormir. Pas mon problème.
Je suis dans le tram. Pas seule.
Mais qu’est-ce qu’il fout encore là ? Je lui parle l’air de rien mais j’espère qu’il ne va pas descendre en même temps que moi. Ou alors qu’il va juste rester prendre un verre. Ou alors il peut rester dormir mais juste dormir.
J’ouvre la porte de l’immeuble, il entre. Comme si je n’étais pas capable de monter deux étages.

Il se met à fumer, jouer de la guitare. Bon putain j’ai envie de dormir. Je suis mal. Je n’essaye même plus de faire la conversation.
Fatale erreur. Il le prend comme un signal.
Ne voit-il pas que je ne suis pas en état ? Que je veux juste qu’il se casse ?

Stop. Je ne suis pas épilée. Il s’en fout.
Stop. J’ai pas très envie en vrai. Allez quoi ça va te faire du bien.
Stop. Ok, je peux te faire des trucs mais ne me touche pas s’il te plaît.

Bon on va parler un peu. Y’a un problème ? Oui.
Quoi ? C’est ton ex, il était méchant ? Non.
Bon ben qu’est-ce qu’il y a alors ? Silence.
Alors on peut reprendre. Allez c’est bon. Laisse toi faire ça va aller. Silence.

J’ai quitté mon corps. Vas-y fais ce que tu veux je m’en fous je suis plus là.
Je crois même que mon corps jouit cette nuit là.

Le lendemain malheureusement je suis de nouveau là. Je le vois dans mon lit juste là. Berk.
Oh merde. Je me souviens. Le préservatif est resté en moi. Quelle conne.

Rebelote. PDL. Dépistage. Cette fois ci je ne dis rien à personne. J’ai trop honte. A ceux qui m’ont vue je dis en riant : « coup d’un soir ».

J’essaye d’avancer, de m’améliorer. Promis j’arrête les conneries cette fois.
Mais une énorme boule reste logée dans mon ventre. Elle m’empêche de manger parfois. D’aller au toilettes aussi.

Je perds quelques kilos. Tout le monde me félicite, admire.
Oh tiens voilà un truc que je réussi et sur lequel j’ai le contrôle : mon poids.

-2
-5
-10
-20

La suite n’est pas si importante.

Aujourd’hui, si j’écris tout cela c’est que j’en ai pris conscience et que je n’ai plus trop mal.
Pourtant je suis toujours incapable d’avoir une relation sexuelle sans que la peur me tenaille.
Pourtant certains soirs les flashs se succèdent encore. La peur. La honte. La culpabilité. La colère. Tout se mélange et j’ai envie de crier, mais je pleure pour faire moins de bruit.

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Jennifer.joker
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Jennifer.joker

Moi aussi j’ai envie de crier… je n’arrive plus a avoir de relation normale non plus. Je comprend ta douleur et te soutiens. Ce qui m’a aider c’est une personne qui m’aime et qui me soutien qui me comprend et en qui je peux me confier quand à chaque fois je retrouve de sentiments surtout quand les moments devienne plus intimes et là il me console. Ça me fais du bien et là je commence à oublier petit à petit. C’est sur notre histoire ne sera plus jamais la même. Mais ce que j’ai appris c’est que je la rendrais pas meilleur en repensant ce qui m’es arriver et ce qu’Il m’a fait! J’ai juste appris à vivre avec et à faire en sorte de faire mon histoire. Certainement différentes de ce que les autres femmes qui n’ont pas était violer ont et aurais mais c’est la mienne et je veux l’aimer car la vie n’attend que moi pour vivre et je pense que on t’attend tous toi aussi. Alors vie ta vie pleinement et accepte le passer car tu ne pourras plus rien y changer et tu retrouveras là joie dans ton cœur…
j’espere que ça t’aidera
Une grosse pensée pour toi

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Koxie
Invité
Koxie

Tout est important dans ce que vous vous faites à vous, ne baissez pas les bras, vous n’êtes pas une poupée, vous avez de la valeur.
La première fois, que de première fois de gâché à cause de ces garçons mal élevés, ils ne savent pas que c’est précieux que cela ne se donne pas comme ça. Qui les a aussi mal élevés????
Non, vous n’êtes pas quelqu’un de facile et oui, vous avez le droit de vouloir une autre vie et qu’on se comporte mieux avec vous. Si cela compte que vous soyez là, pourquoi fumer et boire? La vie est plus marrante sans cela!
Courage et revenez nous voir quand vous voulez! Surtout c’est vous avant tout qui comptez, restez en vie!Il existe des associations avec qui vous pourriez discuter.

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