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Quand l agresseur se fait victime

Entre 7ans et 16ans, j ai été victime d attouchements sexuels et de viol. Je me suis construite dans l idée que ce devait être normal puisque mon oncle faisait cela aussi sur ma sœur et ma cousine au su et au vu de tous. Repas de famille, sorties à la plage, baignade, tout était prétexte pour nous toucher. Une partie de moi savait que ce n était pas bien mais toute la famille savait que mon oncle était un pervers. C était tabou et personne ne disait rien. De plus, C était un tonton gâteau gentil. Un jour, il est placé en garde à vue pour des mêmes faits sur une jeune fille. C est là que la parole se libère et que nous disons à trois avoir subi les mêmes choses, sans aller dans les détails. De toute façon, les détails, je ne les ais pas vraiment, je ne me rappelle que de ce sentiment de peur quand nous allions quelque part avec lui et qu avec ma sœur, on se battait pour ne pas s asseoir à côté de lui à cause de ses mains baladeuses. Mon inconscient d enfant a toujours cru que tout le monde savait, mes parents y compris mais que tout le monde laissait faire. Quand il est pris la main dans le sac, pour ne pas aller en prison, mes grands parents signent une lettre stipulant que mon oncle est un être bien sous tous rapports alors qu’ils savaient que trois de leurs petites filles étaient ses victimes. Il était le gendre idéal, il fallait étouffer l affaire. Après un mariage avec un gendarme, et 20 ans de sexualité non épanouie, à 40 ans, C est comme un rideau qui se déchire, je me rappelle en détails de tous les gestes. J ai besoin de le dire, d en parler. Mes oncles et tantes, mes parents, tout le monde tombe des nues devant le sordide des détails. Je parle pour la première fois avec ma cousine de ce qu il nous faisait. J avoue à mon mari dont je me sépare l histoire. L échec de notre mariage, s il ne repose pas que sur ça, tient aussi au fait que je me suis construite dans une relation de couple paternaliste et protectrice, mon mari est plus âgé et gendarme, comme si inconsciemment mon âme me protégeait du prédateur. Je ne l analyserai que des années plus tard. Du côté de l oncle, mes cousins que j adorais, ses enfants, sa femme, ne comprennent pas pourquoi j en reparle tant d années après. Ils considèrent que je veux me faire plaindre car je suis en plein divorce et que j ai besoin de mettre de la lumière sur moi. Ma sœur, victime elle aussi, pense aussi cela, elle m en veut beaucoup car sa mémoire traumatique s est levée avant moi, elle a essayé alors d en parler avant moi en vain. Je ne l ai pas suivie alors, je n étais pas prête. Le tsunami sera provoqué par moi, avec la conséquence de passer pour une coupable, d être accusée de mettre le souk dans la famille. Mes cousins et ma tante ne me parleront plus jamais. Ma sœur ne me pardonnera jamais non plus d avoir été écoutée et pas elle. A l époque des révélations, ma cousine et ma sœur ne veulent pas faire de main courante car il y a prescription. Je suis le mouvement car je n’ai pas la force de subir davantage de pression. Je suis en pleine séparation et la famille me tourne le dos. Mon oncle est mort vite après. . Il a bien vécu. A toutes ses accusations, il dira bien sûr que je l ai provoqué. Il va vivre comme un pacha, aimé de tous comme si de rien était.
Après des années de thérapie, je suis remariée, je vais bien. Mais je me rends compte que je n ai jamais pleuré cette petite fille souillée, je n ai jamais pu être reconnue comme une victime. J ai réparé ma sexualité défaillante, mais je ne suis pas réconciliée avec mon corps. Dévalorisation, manque de compassion pour moi même, peu de confiance, une pudeur maladive, les traces restent. C est aujourd’hui encore un poids dans mon cœur de me dire que jamais je ne serai reconnue comme victime. Jamais personne ne dira que le coupable C était lui et qu on a pas le droit de toucher aux enfants. Jamais personne ne me dira que ce n était pas ma faute. Si ma mère a été éprouvée à l annonce de tout ça, mon père lui n en a jamais parlé. Jamais je n aurai la reconnaissance de victime de la part de mes parents. J ai même consolé ma mère en lui disant que ce n était pas de sa faute quand tout criait en moi le contraire. J ai regardé le film chatouilles. J en suis ressortie nauséeuse, éprouvée par tant de similitudes. Une parole qui ne compte pas, la culpabilité qu on fait peser sur les épaules. Quand le coupable devient victime.
Aujourd’hui j’ai 50 ans. Ce sera toujours là, j ai besoin de m absoudre de ce passé. A défaut d être reconnue un jour comme victime, peut être mon témoignage incitera t il à ne pas avoir peur de parler. C est pas juste.

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gfyyyy
gfyyyy
1 mois plus tôt

Je pense que dans le temps étouffée les affaires d’inceste et faire passer les bourreaux comme innocent et accusée à tords ça arrangeait beaucoup de personne mais nous ne devons plus nous taire et protégé vos enfants.

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