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Pour rendre service

Bonjour.

On dit que l’enfer est pavé de bonnes intentions… Je ne croyais pas le dire un jour mais on m’a violé pour me rendre service (sic). Enfin c’est comme ça que j’interprète plus de vingt ans plus tard ce qui s’est passé.
J’ai 45 ans. J’en avais entre 22 et 24 quand ça s’est passé. Mon meilleur ami ne comprenait pas que je n’ai pas de copine. Alors il a cru que j’étais gay. Un soir, j’étais en voiture avec mon meilleur ami et mon agresseur qui s’est garé dans un endroit tranquille. Mon meilleur ami est resté devant, l’autre est venu me rejoindre derrière. Il s’est approché de moi, à commencé à me caresser, à m’embrasser. Je n’ai rien dit, rien fait, pas bougé. J’étais sidéré. Je ne me rappelle même plus ce qui me passait par la tête à ce moment. La seule chose dont je me souviens c’est son souffle chaud, ses mains sur mes vêtements, son excitation. Et la honte lorsqu’il m’a touché le sexe. La honte de bander et d’éjaculer. Je ne voulais ni l’un ni l’autre. Je me suis senti tellement coupable de ça.
Je ne sais pas combien de temps ça a duré.
Pendant toute la scène mon meilleur ami est resté assis devant, sans regarder et sans rien dire. J’aurais aimé qu’il se retourne et me vois tétanisé, le regard vide. Qu’il arrête tout ça. Mais rien.
Et on est reparti et je suis resté comme ça, complètement sonné.

J’en ai parlé à mon meilleur ami qui m’a demandé comment c’était. Je lui ai dit que je n’avais pas aimé (sic). Il m’a dit qu’on était fixé, qu’on savait que je préférais les filles. Quelle légèreté de sa part, hein ! Sur le moment je n’ai pas réalisé la violence de ses propos. Je me suis dit “il a fait ça pour me rendre service”…
Puis j’ai vu mon violeur quelques jours plus tard. Je n’avais qu’une crainte, qu’il termine ce qu’il avait commencé. C’était dans son atelier de peintre et il y avait une mezzanine avec un lit. Probablement son baisodrome. Mais je voulais absolument qu’on parle de tout ça. On a bu une bière et il a vu que je n’allais pas bien. Alors il m’a présenté ses excuses, m’a dit qu’il avait fait ça pour rendre service, à la demande de mon meilleur ami. Je lui ai dit que ce n’était pas grave (si, ça l’est) et que je lui pardonnais (en fait, non, toujours pas). Après tout, c’était un ami qui voulait m’aider. Tu parles, la belle affaire.

Et j’ai enfoui ça. Plus de vingt ans.
Depuis le viol, dépressions, impossibilité d’avoir des amis mecs, manque de confiance en moi, hypersexualité, difficultés dans mes études, mon travail, la vie de tous les jours. Quand je suis face à une situation compliquée, quelle que soit sa nature, je revis la sidération, l’impuissance et l’inaction comme le soir du viol. Je viens à peine de réaliser que j’avais peur d’apprendre à conduire parce que le viol s’est passé dans une voiture. Je n’ai eu mon permis qu’à l’âge de 32 ans. Lorsqu’on me demande mon avis, je réponds “comme tu veux”. Après tout, mon violeur a fait ce qu’il voulait, lui. Je me demande même si ça n’a pas été le déclencheur de la maladie bipolaire.
Toutes ces années foutues en l’air.
J’ai mis de la distance et je ne suis pas resté en contact avec mon ex meilleur ami. Je ne savais pas trop pourquoi.

Ce n’est qu’il y a un an à peu près que j’ai commencé à parler de viol au sujet de cet événement. Avant, je minimisais. Et même pas une semaine que toute cette histoire ressurgit et que je pleure enfin, me vide de toute cette merde, me défais de cette culpabilité idiote.

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