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Par surprise, par ruse et par force, avec préméditation

Par surprise, par ruse et par force, avec préméditation

Il est à peu près de mon âge, bientôt 40 ans. Il travaille aux ateliers. Il vient de l’ Est de la France, région qu’il a été obligé de quitter « pour une sombre affaire de femme » m’ a- t’ on dit. J’aurais dû me méfier. C’est un grand blond assez athlétique, bien de sa personne. Je le connais depuis 10 ans au moins, il est marié, père de famille, toujours blagueur et occupé de séduction. De temps en temps, il traverse la cour et vient me parler pendant les pauses. Le voir me réjouit car il peut être très amusant : Il a le chic pour raconter des menues choses de la vie quotidienne sous des biais inattendus. Il est aussi très malin, à l’affût des affaires en cours, débrouillard, bricoleur, plein d’avis pratiques.
C’est avec ses informations et par son entremise directe que je viens d’acheter ma première maison pas très loin de notre lieu de travail. C’est le début de l’été.
-Tu vas me la montrer quand même, dedans je ne la connais pas cette maison.
Évidemment je lui dis de passer pour un café après le réfectoire, vers 13 heures 15. On a très peu de temps avant de reprendre, même pas une demie-heure. Il arrive, monte l’escalier et fait du regard un tour rapide des pièces depuis le couloir. Tout d’un coup, sans que je comprenne comment, sans que j’ aie rien vu venir, il me jette à terre, là, sur le carrelage du couloir. Drôle de jeu !
– Aïe ! Qu’est-ce qui te prend ?
Je tente de me relever, il m’en empêche, je me débats. Peine perdue, sa force me surprend, déjà de la main gauche, avec un regard mauvais, il me bloque un poignet et puis l’autre, les pose à ma droite, par terre, il ne me les lâchera plus, j’ai compris le but de la manœuvre et la technique au point du violeur en série mais c’est trop tard. Donc, je ne grifferai pas. De l’autre main, il s’affaire. Il m’écrase de tout son poids. Je vais le mordre, mais il a la parade, il se met en retrait, buste en équerre, hors d’atteinte, avec un rictus qui dit : « Si tu crois que tu vas me toucher ! ». Il me reste les jambes, enfin 10 % de mes jambes, je rue et donne des coups de pied, m’aide du mur du couloir, je me fais mal, plein de bleus, et je ne le fais pas dévier. Tout va très vite, une affreuse minute et c’est fait. Il me lâche, ouf ! Je me relève, il s’ enfuit. Ouf ! Courir mettre le verrou.
Vite, ne pas arriver en retard au travail, salle de bains, se refaire une tête potable, aller travailler. Comme un automate. Ecoeurée. Choquée. N’y comprenant rien. A oublier, oui, c’est cela, oublier, il ne s’est rien passé.
Porter plainte ? Je n’y pense même pas. Il n’y a pas encore de femmes à la Gendarmerie. Il y a vingt ans ce genre d’agression était normal ou à peu près. Pas défigurée, pas de vraies traces de coups, pas sévèrement blessée. Vous étiez d’accord alors ? Et à cet âge, forcément vous en avez vu d’autres, en plus avec un homme que vous avez attiré chez vous, quelqu’un de connu de vous, à votre domicile, vous l’avez un peu cherché, ce n’est pas bien grave. Et puis pensez à la réputation de ce monsieur. Il est marié, lui.
J’aurais dû ne jamais baisser la garde, me méfier encore davantage, et Dieu sait si je me méfiais de ce que peuvent faire beaucoup d’ hommes et depuis toujours, la preuve, j’avais réussi, sur le fil, l’exploit extraordinaire à cet âge de n’avoir encore jamais subi de viol.

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Catoune
2 années plus tôt

Chère Anonyme,

Vous avez fait ce que moi j’ai fait à 6 ans et demi !

Vous avez tout mis à distance ! Ce n’est pas à vous que cela est arrivé ! Et puis, qu’est-il arrivé ? Rien ! Oublie car personne ne te croira, donc pas la peine de le garder au niveau conscient !

La Psychiatre Muriel Salmona vous direz ceci :
“Il vous faut savoir que les principaux effets du psychotraumatisme cause une sidération qui vous paralyse et vous empêche de crier, de vous débattre ou de fuir, mais aussi une dissociation traumatique qui vous déconnecte de vos émotions, annihile votre volonté et vos désirs, cette anesthésie vous empêche de prendre la mesure de ce que vous subissez puisque vous paraissez tout supporter avec indifférence !

Cette dissociation du corps et de l’esprit, c’est en fait le cerveau qui disjoncte pour vous protéger car vos émotions sont trop intenses et cela cause une amnésie avec des séquelles traumatiques qui vont engendrer dans le futur des problèmes physiques et neurologiques.”

Ce qui me frappe dans votre témoignage, ce sont les détails que vous donnez !

Vous décrivez les positions des corps et là où vous vous trouviez, le mur, le couloir, tout ce qui vous entoure, vos pensées de griffer, de mordre, de vous débattre, de ruer et de donner des coups de pieds, vos sensations, il vous écrase de tout son poids, vous vous faites mal,.., mais rien sur l’acte lui-même ni les sensations qu’entraînent fatalement cet acte !

Pourquoi cela me frappe ? Parce que moi aussi, je peux décrire la pièce, où je me trouvais dans la pièce, la position, les sensations ! Mais, rien sur l’acte lui-même ni les sensations qu’entraînent fatalement cet acte !

Le cerveau bloque donc l’acte et les sensations ressenties lors de cet acte car les émotions à ce moment là, doivent être si violentes et si intenses que le cerveau disjoncte!

Puis, la vie reprend, comme si de rien n’était ! Inutile de dire quoi que ce soit, de pleurer, de crier, de se plaindre,…, personne ne nous croira, donc on se rhabille et on poursuit sa journée !

Finalement, que ce soit à 6 ans et demi ou à 40 ans, nos réactions ont été les mêmes!

Votre déni a duré 20 ans ! Mon amnésie traumatique a duré 31 ans !

Quel a été le déclic qui a fait que vous vous êtes souvenue de ce viol, qui a fait que ce viol est revenu au niveau conscient?

Avez-vous porté plainte lorsque vous avez pu faire face à ce qui vous est arrivé?

Vous avez continué à travailler avec lui, comme si rien ne s’était passé, tout comme j’ai continué les séances chez ce kiné pendant presque 4 ans ! On ne les voit plus ! On y va en automate, comme vous dites !

C’est fou de voir que mes réactions sont identiques aux vôtres ! Incroyable !

Mon pédophile est un violeur en série, tout comme votre violeur ! Nous n’avons pas été les premières ni les dernières !

Qu’ils pourrissent en enfer ces deux là, et tous les autres infâmes porcs aussi !

Toute ma tendresse et toute mon affection chère Anonyme !

Catoune.

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anonyme
anonyme
2 années plus tôt

C’est exactement cela Catoune, l’acte lui-même a été rapide, sans sensations autres que besoin de fuir ce qui est resté important c’est le regard de ce collègue, un regard qui est méchant, qui dit je t’ai eue quand même, pour qui tu te prends, j’avais des diplômes bien supérieurs aux siens ou alors j’avais été longtemps la petite- amie de son meilleur ami, donc il dominait ainsi cet ami et le rejoignait dans la séduction , allez savoir?
Oui, il y a eu un évènement qui a tout ramené en avant un jour, bien longtemps après:
Je fais des années comme si rien ne s’était passé, je ne veux pas avoir l’air d’une vaincue, même pas mal à l’âme, etc… Comme avant, de la distance, juste de la relation pro lointaine, on n’est pas dans le même secteur…
Un jour il fait une grande fête, il a invité chez lui plein de gens du travail mais dans son secteur, je ne pense pas être invitée, je ne pense à rien d’ailleurs là-dessus.
Je suis dans le jardin de ma maison, assise les pieds appuyés contre un arbre, je prends le café, je suis seule, il fait très beau, tout est ouvert en grand chez moi pour aération,…
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