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Ma moitié

J’étais en couple avec mon meilleur ami pendant presque 2 ans, il était absolument tout pour moi, mon premier amour, ma première fois.
Je suis étudiante en médecine et lorsque j’ai débuté mes études j’étais en couple avec ce garçon. On s’est rencontré au collège. Mes parents l’adoraient, il partait en vacances avec ma famille. Tout le monde parlait de lui n’en disant que bien: qu’il est gentil, qu’il est attentionné, qu’il est amoureux… Mais ma première année de médecine a été très éprouvante pour moi et j’ai commencé à entrer dans une sorte d’état dépressif. Je n’avais plus envie de rien, y compris de coucher avec mon copain. Mais il semble qu’il le faisait quand même tout ce temps. Je dis il semble parce que j’avoue que je ne me souviens plus de rien mais en retombant sur une conversation que j’avais eu avec ma meilleure amie à l’époque j’ai compris que ce qui m’a le plus choquée et qui va suivre s’était en réalité produit de nombreuses fois. Et qu’à l’époque elle m’avait déjà dit de ne pas le laisser faire et que ca n’était pas normal ce qu’il se passait.

Nous sommes partis à Prague à Noël avec nos meilleurs amis. Nous avions loué un Airbnb et nous avions une chambre pour nous deux. Ce soir là je ne me souviens plus de grand chose à part lui et moi dans le lit qu’il me pénètre jusqu’à qu’il finisse malgré que je lui dise que je n’en avais pas envie. Moi qui avait peur de faire du bruit parce que nos amis dormaient dans la chambre d’à côté. Moi qui pleure finalement quand tout est fini.
Le lendemain je ne pouvais plus lui parler je n’y arrivais pas, il s’est excusé il était complètement désolé. Les mois qui ont suivis je n’ai pas réussi à le quitter, il faisait tout pour ne pas me perdre il me répétait sans cesse que ça n’arriverait plus qu’il ne savait pas ce qui lui était arrivé.

J’ai réussi à en parler à un ami et à me séparer de lui mais même après cette séparation nous avons continué à nous voir par périodes. Nous avions les mêmes amis qui bien qu’au courant de ce qu’il avait fait ont continué à nous fréquenter tous les deux. J’essaie de couper les ponts avec eux parce qu’ils font toujours comme si de rien était alors qu’ils sont au courant depuis 1 an et demi.

Le problème c’est que je n’arrive pas à lui en vouloir je n’arrive pas à mettre de mots sur ce qu’il a fait. Que j’ai l’impression de lui avoir déjà tout pardonné et que ce n’est pas normal. Je n’arrive pas à ressentir de la colère envers lui malgré tout ça. Je m’en veux de ne pas avoir crié quitte à réveiller mes amis à côté et j’ai l’impression que tout est arrivé par ma faute parce que j’avais qu’à en avoir envie à ce moment là.

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Zaragan
Zaragan
6 mois plus tôt

Bonjour,
En te lisant, c’est clair que tu n’étais pas consentante, tu n’en avais pas envie et il a passé outre à chaque fois. N’importe quelle relation non-désirée est un viol… Tu as donc subi plusieurs viols conjugaux… Saches que ce que tu ressens, ces questions que tu te poses, sont communes aux victimes de violences sexuelles. Tout ce qu’on a vécu fou un bordel monstre dans notre perception de soi, des autres et des évènements. Ce sont des ressentis normaux face à des situations anormales. Je me doute que tu aurais voulu que cela n’arrive pas, mais cela n’a rien à voir avec toi. Ce n’est pas toi le problème, c’est lui. Il est le seul à avoir provoqué ça, le seul qui est coupable car seul responsable de ces actes et intentions. Il n’avait pas le droit et il a parfaitement conscience du mal qu’il t’a fait. Il n’y a rien qui justifie un viol, une violence. Tu n’avais pas “à avoir envie”. Le sexe n’est pas un dû, et tu n’a pas à être disponible, au service sexuellement de quelqu’un. Tu n’es pas un objet, tu es une personne. Le consentement est réversible à tout moment, même si tu en aurais eu envie au début, tu peux ne plus en avoir envie et même arrêter en plein milieu. Et l’autre se doit d’arrêter et respecter cela, sinon c’est un viol. (et ça se voit quand une personne n’a pas/plus de désir/plaisir). Et de toute façon, le viol et (autres violences sexuelles) n’est pas une question de désir sexuel, mais de pouvoir, de domination, de destruction. Le sexe n’est qu’un moyen de soumettre, déshumaniser, faire du mal à l’autre pour arriver à ses fins. Bref… Je vais essayer de t’expliquer, car comprendre est une première étape pour aller mieux. Mais dans les faits, un spécialiste (asso, psy…) formé sur la question des violences sexuelles, pourrait davantage t’aider car plus expérimentés sur la question. 

Ce que tu as vécu est tellement injuste et incompréhensible que tu cherches à trouver une raison valable qui puisse l’expliquer. D’une certaine manière, on est amené à croire que c’est nous le coupable. Il y a plusieurs facteurs : l’agresseur, la méconnaissance des processus de sidération et stratégies de l’agresseur, la société qui propage ces idées… Les rôles sont donc inversés entre innocent et coupable. 
Cette incapacité à ressentir de la colère envers notre agresseur, à le juger non-coupable, c’est ce que j’appelle “l’identification à l’agresseur”. Je pense que c’est lié à la culpabilité qu’on ressent, c’est même une conséquence de celle-ci. En gros, le cerveau recherche une logique, en l’absence de confiance en soi et d’aide extérieure, il va suivre et croire le point de vue de l’agresseur et autrui. Tu es donc amenée à t’identifier à lui. Tu uses toute ton énergie et ton empathie à le comprendre et même à l’aimer. Car tu espères inconsciemment que le comprendre va te permettre de comprendre ce que tu as vécu et donc d’aller mieux. Mais toute cette énergie mobilisée t’amène à t’oublier et tu ne cherche pas à te comprendre et à t’aimer toi, alors que tu en as le plus besoin. Toute la colère que tu as en toi (qui est un sentiment sain et légitime face à une situation illégitime), tu la rejette sur toi-même (et ça c’est toxique et illégitime car tu n’es pas coupable et ça impacte ton bien-être). 
Il a aussi tout fait pour que tu penses ça à vrai dire. Il a gagné ta confiance, il a fait en sorte qu’on l’aime, qu’il est une bonne réputation et quand il a trouvé l’occasion, il a abusé de toi. Il te violait puis à chaque fois, il utilisait tes sentiments, jouait la carte des “passions incontrôlables”, te sortait de fausses excuses, te faisais croire qu’il va changer… pour rendre tout ça confus, pour que tu l’excuse (et sous-entendu que c’est toi, ton corps ect. qui l’a amené à faire ça) et que tu continue à le voir. Cela avait pour but de te garder sous son contrôle. C’est une stratégie de manipulation que beaucoup d’agresseurs utilisent, et souvent ils répètent cette même stratégie avec d’autres victimes. Même si tu en as pas forcément eu l’impression (car pris dans la situation on a pas le temps de réfléchir), tu étais de plus en plus en souffrance, en détresse et tu perdais confiance en ton jugement, ce qui t’empêchait de prendre du recul, de réaliser combien il te faisait du mal et qu’il n’était pas la personne qu’il prétend être. Les personnes qui continuent à le voir et qui banalisent ce qu’il t’a fait n’aident pas non plus… Puis, il y a eut un déclic en toi, (je pense qu’on finit tous par l’avoir), et c’est lorsqu’une personne extérieure est venu confirmer qu’il y avait quelque chose d’anormal que tu as commencé à “t’écouter”, à vraiment douter. Pour résumer : c’est parce qu’une partie de toi est persuadée d’être responsable, que lui est quelqu’un de bien (ou en tout cas, tu en as envie) et que tu doute de toi/ne te fais plus confiance, que tu n’arrives pas à être en colère contre lui. Et c’est normal de passer par là, c’est toujours compliqué de se détacher de ce sentiment de culpabilité, mais le fait que tu te rends compte est plutôt bon signe. Cela signifie que tu penses de plus en plus à toi-même (et c’est pas de l’égoïsme ou du narcissisme, c’est parfaitement sain.)
Ces trous de mémoires et ces souvenirs confus… ça ressemble aux symptômes d’une amnésie traumatique. Si tu n’a rien fait, c’est surtout parce que tu ne le pouvais pas. Tu étais (partiellement ou complètement) paralysée face à ces situations qui dépassent l’entendement. Cette paralysie, on appelle cela “la sidération”, c’est une réaction de défense du cerveau face à des situations très stressantes et anormales. C’est prouvé scientifiquement. Je t’invite à voir des vidéos, textes de Muriel Salmona qui explique beaucoup de choses sur les violences sexuelles, leur mécanismes et leur conséquences. Elle a un site Mémoire traumatique et Victimologie qui recensent beaucoup d’info.

Je te félicite car tu as réussis petit a petit a te séparer de lui et de ses gens toxiques. Bravo à toi vraiment, c’est une première étape pour aller mieux. On ne peut pas se reconstruire lorsqu’on est entouré de personnes dangereuses ou qui se fichent de ce qu’on a pu vivre et donc qui s’en fichent de nous.
Maintenant, je penses sincèrement que tu as besoin de voir un thérapeute pour qu’il puisse te diagnostiquer et traiter ce traumatisme. C’est encore plus important si tu te sens mal. Avoir un espace qui te permet d’en parler sans jugement peut aider aussi.
Des associations spécialisées peuvent te rediriger et te conseiller. Il y en a beaucoup qui sont recensées dans le site Arrêtons les violences, sinon il y a le CIDFF de ta région qui possède des listes de thérapeutes, d’avocats… Peut-être que porter plainte pourrait aussi t’aider… (mais c’est une question qui prends plus ou moins de temps à émerger).

Prends soin de toi
Courage.

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