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Le conjoint de ma meilleure amie (suite)

Etat de conscience, confession

Il n’y a pas eu pénétration, seulement attouchement sexuel. Le seulement minimise bien la chose. Car le choque est là. Pu…. j’ai 34 ans et ça m’est arrivé ? A moi, la nana qui ne prend pas de risque, la nana plutôt discrète. Je ne dit pas ça dans le sens « y a des nanas qui le cherche » mais dans le sens, moi une nana quelconque, sans atout particulier.
Sur le coup, à mille lieu de comprendre ce que je venais de vivre, je prend la chose de manière ironique. C’est comme un processus mental pour me déculpabiliser de ce qui vient de m’arriver. Un réflexe inconscient pour protéger sa conscience et ne pas la traumatiser d’avantage.
Alors sur le coup on ignore, on s’ignore, on ignore tous les signes qui se manifestent, « mais non, c’est rien, il ne s’est rien passé, tu te fais des films, c’est pas possible, pas lui, il ne m’aurait pas fait ça, non c’est moi j’aurais du être plus claire, ouai enfin je dormais, comment a-t-il pu penser que ça me plairait, oui en même temps il ne m’a pas demandé mon avis, donc il s’en fichait que ça me plaise ou non » : Voilà un chaos d’idées qui bouillonnent.
Et puis première tentative de confidence, on en parle à quelqu’un de proche, en qui nous avons confiance, en omettant certains détails pour ne pas s’affoler mais aussi parce que l’on ne comprend toujours pas ce qui vient de se passer, les mots abus, attouchement, tentative de viol sonnent faux dans notre esprit, nous ne sommes pas encore prêt à les entendre. Le « nous » c’est votre conscient et votre corps.
Ce corps qui nous trahi, nous envoie des signaux à l’inverse de ce que notre conscient nous dicte. Je me rappelle encore de cette main chaude agréable sur mon ventre, j’ai aimé ça ? C’est aussi parce que je dormais, mon inconscient avait pris les commandes de mon corps, mais lorsque nous reprenons nos esprits, nous émergeons et l’on se demande ce qu’il est en train de se passer : NON ! Quel conflit émotionnel, j’ai aimé et je déteste. La physiologie a réagit avant mon esprit, c’est très perturbant, notre corps ne nous appartient plus, c’est notre constitution physiologique qui prend le dessus, mon schéma corporel en est bafoué. Une main chaude c’est agréable dans notre sommeil mais une main sur les seins ou sur notre vagin fait l’effet inverse lorsque l’on se réveille. Choqué, en état d’immobilisation d’abord alors je réagit : « Non, c’est non ! » ce pervers s’arrête mais réitère son geste dès que je me rendors.
Et puis notre interlocuteur à qui l’on vient de confier la chose nous recadre. Quoi, non mais attend, c’est grave ça.
Lol Ba ouai je crois. Mais on se refuse à le dire car les mots sortant de notre bouche nous forceraient à l’entendre. Or à ce moment là nous sommes encore spectateur de la situation et non acteur, nous préférons entendre la prise de conscience de quelqu’un d’autre. Foutue proie que nous sommes. Alors j’en ai parlé à mon mari, et lui, est un peu décontenancé, il lui faut autant de temps que moi pour comprendre, analyser ce qui s’est passé. C’est à ma sœur que je lui dois cette reconnaissance de la chose dite.
Dédramatiser, c’est une protection que nous nous infligeons, cela nous protège mais, enfin, le corps réagit. Un peu tard mais il réagit alors que notre pensée émerge . Je ne prenais pas encore au sérieux ce qui se passait. « Non c’est pas possible, attend c’est un pote, celui de ta meilleure amie, jamais il ferait ça. Et puis il a une nana super, qui plus est, est jolie . Qu’est-ce qu’il aurait besoin de se mettre en situation de risque, ils ont 2 beaux enfants ».
Et là comme je le disais les signaux arrivent : Besoin d’appropriation de votre corps, j’ai voulu que mon mari me fasse l’amour (ce qui ne s’est pas produit) mais comme pour se dire mon corps n’appartient pas à ce mec, je suis avec mon mari et c’est lui que j’aime. Dans cette idée, cela renvoie à cette image d’appartenance encore à quelqu’un mais c’est aussi un moyen de se convaincre que l’on choisi avec qui on veut avoir une relation sexuelle, c’est se dire : « C’est quand Je le veux et où je le veux », c’est moi qui décide, c’est pas mon corps seul qui prend les commandes et encore moins ce pervers manipulateur.
Je suis dans un état, d’euphorie, d’excitation, de quoi…. ? Je ne sais pas mettre les mots sur ce que je ressent les jours qui suivent. Alors une petite voix dans ma tête fait écho « Tu as aimé ça ? J’ai aimé ça ou quoi ? » Pourquoi ces nausées et vomissements. Puis viennent les sursauts dès que l’on entend un bruit, les regards par la fenêtre comme si quelqu’un qui nous veut du mal pouvait surgir à tout moment, les vérifications insensées dans la poubelle dehors ou encore dans le coffre de la voiture …. Je sais, je comprend ce que je ressent, j’ai peur, c’est le trac. Ce tract qui provoque une réponse somatique. Mon corps somatise de ce qui vient de se produire. Ok il est un peu con et réagit tardivement. Disons simplement qu’il n’est pas tout à fait en adéquation avec le mental. C’est fou cette dissociation entre l’esprit et le corps, nous sommes vraiment une espèce compliquée. Car lorsque l’on pense se connaitre, gérer ses émotions, nous voilà trahi par nous-même. Rien n’est jamais acquis. Cette mémoire sémantique nous a lâché sur le plan cognitif, incapable de gérer ça et donc hors de contrôle en réponse descendante. A ce moment la réponse n’a été qu’ascendante venant uniquement du système nerveux périphérique. Cet état va durer quelques jours, mon corps somatisant jusqu’à en avoir la chiasse. Seul sentiment, une culpabilité qui nous ronge de l’intérieur en interprétant faussement certaines situation. Je me vois encore réprimander mon fils qui innocemment me fait un bisous sur une fesse (il n’a que 4 ans) et le ton monte plus fort que ce qu’il devrait. « Tu vas me respecter maintenant !!! ». le pauvre, il me regarde et ne comprend pas. Je m’excuse et change de sujet. Me voilà dans un état sous tension, parano, je regarde qui me suis dans la rue, et porte des vêtements trop serré au cas où ce prédateur aurait l’idée de revenir à la charge et serait incapable de me les enlever. Après tout n’ayant pas eu ce qu’il voulait, serait-il possible qu’il retente à nouveau ? je me demandais bien ce qui pouvait se passer à l’instant T dans sa tête. Avait-il conscience de ce qu’il s’était passé ? regrettait-il ? En était-il volontaire ? Était-il prêt à recommencer ? Se rendait-il compte de l’état émotionnel dans lequel il m’avait mise ? En serait-il peiné : Bon sang c’était un ami ! J’y crois pas qu’est-ce qui lui ai passé par la tête. Jamais il n’avait fait allusion à quoi que ce soit, j’ai souvent dormi chez eux, fait des soirées juste eux et moi, et jamais une chose pareil c’était insinuée. Le pire dans tout ça c’est d’attendre de savoir s’il va revenir, attendre son agresseur, quelle ironie du sort. Vivre dans cette attente est insupportable.
Et puis les mots se fixent au fur et à mesure sur l’intention de notre prédateur. Ma sœur en a pris conscience dès les premières explications. C’est ainsi que je l’ai admis, j’ai reconnu les faits. J’ai vécu un attouchement.
Ma tourmente se focalise alors sur le fait que je me sois aveuglément trompée sur ses intentions à ce mec. Que suis-je bête de me demander s’il s’en voulait. C’est un manipulateur, il a attendu que je m’endorme pour essayer, pour me toucher. Je réalise que c’est ça qui me dérange. Ce n’est pas une simple manifestation physique en réponse à l’attirance d’un être qui comprend sa manière de penser, ses idées, sa façon d’être, non. C’était uniquement de la possession. Je n’étais au moment des faits qu’une chose, un trou. Alors la question de « est-ce qu’il regrette ? S’en voudrait-il s’il savait dans quel état traumatique je me trouve ? Non bien sûr que non. Il a attendu que je dorme. Il ne m’a pas fait d’avance dans un état de conscience et donc pris connaissance de mon opinion, il s’en fichait et est revenu à la charge une dizaine de fois dans mon sommeil ».
Au bout de 3 tentatives cette nuit-là. J’étais méfiante, j’ai fait semblant de dormir et je m’en suis voulu. Ne pas avertir quelqu’un. Aujourd’hui c’est non, ce n’est pas à moi de culpabiliser. Et au contraire je me dit que j’ai bien fait, si je n’avais pas fait semblant de dormir, si je m’étais laissée aller au sommeil, ce type m’aurait violé. Il est toujours facile de dire ce que l’on aurait du faire, de se réprimander, mais les choses se passe ainsi, nous réagissons parfois à l’inverse de ce que l’on aurait cru, remettant en cause notre personnalité, « je suis faible » c’est ainsi que lui m’a vu alors que ce n’était pas l’idée que je me faisais de moi. Simplement apprenons à nous aimer comme nous sommes, nous ne sommes pas des machines, notre corps répond à un stimuli et notre cerveau gère l’info, la stocke, la traite et agit. Mais lorsqu’il s’agit d’une situation nouvelle, notre corps ne sait pas adapter une réponse fiable, c’est nouveau pour lui et le pauvre il gère l’info comme il le peut. Alors pourquoi je devrais m’en vouloir d’avoir réagit ainsi, tandis que j’étais inconsciente, et novice sans réponse immunitaire à ce genre d’attaque. Les faits sont ainsi et nous ne réagissons pas tous de la même manière aux stimuli.
Pour valider nos doutes, on se renseigne, « balance ton porc » m’a aidé, avant d’y mettre un commentaire, j’ai passé 4 jours à lire ces témoignages. Je m’en suis voulu, de ne pas m’être intéressée au sujet avant. Comme si je sortais subitement d’une naïveté, d’une bulle. Ça arrive donc à tout le monde. Et pourtant ce n’est pas faute de le répéter, les témoignages ne cesse de le dire, mais nous en tant que petite personne égoïste dans notre monde que l’on croit sécure, l’info rentre et ressort directe. « ça n’arrive qu’aux autres ».
En lisant ces témoignages je comprend que ce n’est pas exceptionnel mais aussi que c’est bien un abus sexuel, un attouchement, une tentative de viol. J’ai été agressé sexuellement PUTAIN !!
Qu’est-ce que je dois faire vis-à-vis de ma meilleure amie, c’est son mec, ils ont des enfants ensemble, je ne suis pas une briseuse de couple. Peut-être ne recommencera-t-il plus. Ca a peut-être été un moment d’égarement pour lui. Comment vais-je réagir la prochaine fois que je vais voir mon amie. Et puis ce sera sa parole contre la mienne à ce con. Peut-être que j’exagère sur ce qui s’est passé. En tout cas je n’ai pas envie de perdre cette amie. Moi la marraine d’une de ses filles, ce serait tourner la page sur une belle amitié et une période de ma vie que je n’ai pas envie d’effacer.
Alors je vais prendre sur moi, assumer ce qui s’est passé, ce n’est pas de ma faute, ce mec à profiter de moi alors que je dormais, j’ai réagit comme je pouvais face à une situation inconnue à laquelle je n’étais pas préparée. Maintenant je vais être méfiante vis-à-vis de lui mais ce n’est pas ce type qui décidera de comment je dois diriger ma vie, je n’ai pas à avoir peur de ce genre de mec.
Aujourd’hui ce qui me dérange le plus c’est de m’être faite avoir, de ne pas avoir su anticiper sur ce genre de situation, de ne pas avoir compris avant qui était ce mec, d’avoir été perçu comme une chose et non comme un être vivant avec des idées qui nous sont propres et représentent ce que l’on est, ce sentiment de n’être qu’une enveloppe, cette trahison du corps qui nous trouble même si l’on comprend pourquoi il a réagit ainsi, l’accepter c’est autre chose. Ce sentiment d’invulnérabilité, cette colère. Comment s’est possible de se tromper à ce point. C’est un choc, un traumatisme émotionnel. Et cette insistance malgré les NON (il n’y en a pas eu qu’un, mais plusieurs, cette insistance me choque, comment est-ce moralement possible ?). écrire m’aide à poser les chose et surtout être honnête avec mes émotions pour les comprendre.
Je ne tomberais pas dans le piège, tous les hommes ne sont pas comme lui, seulement une toute petite minorité. Mais ça existe.

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