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Je suis une survivante

Je n’étais qu’une fillette de 9 ans lorsque j’ai dû essayer de grandir comme toutes les autres, de me reconstruire, d’apprendre à faire confiance, de laisser mes propres parents et ma famille me prendre dans leurs bras après les attouchements de garçons de ma classe en CM1 sans en parler à qui que ce soit pendant plus d’un an.
Les années passent, j’avais subis des années de harcèlements scolaire, on m’a frappée, humiliée, insultée tous ça pendant près 5 ans, toutes les fois où j’ai essayé d’en parler on m’a toujours dit : »Oh mais c’est bon tu n’as cas les ignorer », comment peut-on ignorer, oublier une seule minutes des personnes qui nous persécutent à longueur de journées et réaliser qu’on est seule face à ce combat quotidien.
Les idées noires ont hantées mes pensées durant toutes ces années et sont toujours là dans ma tête encore aujourd’hui. J’avais commencé mes premières tentatives de suicides à 12 ans, trimbalées de gauche à droite dans les cabinets de psychologues, de psychiatres, de psychothérapeutes, j’ai eu près d’une dizaines de traitements différents aucun n’ont marchés parce qu’aucun médecin n’avait comprit que ce n’étais pas de traitement dont j’avais besoin, mais seulement d’être écouter, d’être vraiment regarder comme l’adolescente incomprise en souffrance, complètement perdue qui a dû grandir trop vite pour s’en sortir et pas comme l’ado qui paraissait méchante et pleine de haine qui avait l’air d’en vouloir à la terre entière.
A 15 ans mes parents divorces, c’était un soulagement pour mon frère et moi jusqu’au jour où j’ai réalisé que j’allais partir vivre avec ma mère loin de mon frère le seul qui était là sans que je ne m’en rende compte, il était là quand je faisais des cauchemars, quand mon père était très dur avec nous, c’est à ce moment là que j’avais arrêter les tentatives de suicides parce que j’avais enfin pris conscience que quand on est au fond du trou on ne se rend pas compte qu’il y a au moins une personne, juste une seule personne qui est notre pilier, notre raison de vivre, notre force.
Ce déménagement aurait dû être une chance pour moi de tout recommencer à zéro mais tout à basculé en une nuit, la nuit du 25 mars 2016, j’avais 16 ans et lui en avait 19, ce garçon m’a volé le peu de force, de confiance et d’espoir qu’il me restait.
Ce soir là une amie dormait chez moi, nous avions bu, fumées et décidées d’aller en boîte de nuit où j’avais croisé ce garçon que j’avais déjà vu plusieurs fois en soirées, il était tard alors pour ne pas déranger ma mère il m’a proposait de nous ramener chez moi nous avons acceptés.
Ma mère dormait, mon amie est rester avec nous le temps de boire un verre puis elle est allée se coucher me laissant seule avec lui dans le salon sans imaginer une seule seconde ce qu’il allait se passer…
Au bout d’une trentaines de minutes à discuter, nous nous sommes assis sur le canapés à regarder la télé, c’est là qu’il a commencé à m’embrasser, je l’ai repoussé mais malgré ça il est monté sur moi, il me tenait les poignets, je ne faisais pas le poids face à lui, il ma déboutonné mon pantalon et m’a mit ses doigts de forces puis il m’a pénétrer avec son sexe et je me rappelle encore ne plus pouvoir bouger, je lui supplier d’arrêter encore et encore sans être capable de crier par peur de réveiller ma mère, je me rappelle encore de la douleur physique et mentale que j’éprouvé ce moment là mais cette putain de douleur n’est jamais vraiment partie, elle est greffée en moi, j’apprend juste à vivre avec.
Une fois ces minutes de souffrances inexplicables il reboutonna son pantalon, ouvra la porte d’entrée et me dit cette phrase que jamais je n’oublierais… « La prochaine fois j’aurais des capotes », j’étais rester près d’une heure le pantalon toujours baissé sur le canapé le regard figé au mur qu’il y avait en face de moi, incapable de bouger, de parler ni même de pleurer.
Il devait être 5h du matin quand je suis allée dans la salle de bain pour me regarder dans le miroir et prendre une douche, puis je suis allée me coucher sans rien dire.
Au cours d’une dispute avec ma mère le lendemain au soir je craque et dis à ma mère que je pense m’être faites violée, alors je suis allée portais plainte, c’était affreux de devoir tout raconter en détail ce que je venais vivre à un homme.
Pendant 1 an nous sommes restés sans nouvelles, pendant 1 an je croisé dans la rue ce garçon car il habitait qu’à 100 mètres de chez moi, crises d’angoisses sur crises d’angoisses, j’étais incapable de sortir de chez moi, quand je devais obligatoirement sortir je pleurer sans arrêt dans la voiture, la police n’a fait que l’interrogé puis ils l’ont laissé repartir sans rien faire.
J’ai 19 ans , cela fait maintenant 2 ans et demi que c’est arrivé et ce garçon est toujours en liberté et a sans doute reproduit avec d’autres filles ce qu’il ma fait subir.
Je vis chaque jours avec une boule au ventre, j’ai sans arrêt cette peur de le croiser, qu’il revienne comme il me l’avait dit, cette peur qu’il me retrouve. Quand je marche dans la rue je me retourne à chaque fois, je ne supporte plus la foule, le regard des hommes, je n’arrive plus à me regarder nue et à laisser quelqu’un me regarder, quand un homme me fait un compliment j’ai toujours l’impression qu’on me veut du mal, je ne supporte plus que mon propre père me prenne dans les bras et j’ai toujours cette boule au ventre lorsque je me retrouve seule avec lui.
J’ai vu et revu des psychologues je pense ne pas arriver à avancer depuis ce soir là, j’ai décidé de partager avec vous mon histoire parce que malgré mes angoisses, malgré que ça soit un combat quotidien je peux dire que je suis une survivante parce que je lutte de jour en jour et sans m’en rendre compte je deviens forte, je ne fais plus de tentative de suicide et je veux prouver aux personnes victimes de viols ou d’attouchements qu’on peut s’en sortir en sachant que ce combat sera difficiles, nous victimes de cette souffrance sommes des survivant(es).

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Louve
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Bonsoir et comme je le répète souvent merci pour votre courageux témoignage.
Vous êtes effectivement une survivante et je déplore la prise en charge dont vous avez été victime dès votre plus jeune âge. J’ai un peu plus de 40 ans et je commence à peine à comprendre pour quelles raisons certains scénarios se sont répétés dans ma vie. Il semblerait que lorsque nous avons été très tôt marquées dans l’enfance, nous portions comme une pancarte au dessus de nos têtes qui serait repérable par des pervers. C’est une image mais la réalité est bien là. Nous avons été fragilisées atteintes dans notre être et les phénomènes de sidération semblent d’autant plus présents.

J’ai mis longtemps à trouver un thérapeute qui ne bourre pas de cachets mais traite les problèmes sans les minimiser tout en aidant à regarder les situations avec impartialité et en me faisant sortir de ma culpabilité.
Si celà peut vous aider, j’ai pour ma part trouver une écoute bienveillante en appelant le 0 800 05 95 95; C’est un numéro gratuit joignable du lundi au vendredi de 10h à 19h; vous pouvez rester anonyme;
J’ai aussi contacté l’AMAV et récemment l’association parler dont voici le site : https://www.associationparler.com/
Ils organisent des réunions dans certaines grandes villes. Je comprends aujourd’hui qu’il ne faut pas rester seule face à cette souffrance et surtout notre solidarité d’êtres humains victimes de porcs nous permettra dans le temps d’être enfin entendue et que la justice fasse pleinement son travail en agissant rapidement. Vivement qu’ils comprennnent qu’une victime a besoin d’être entendue reconnue et que prendre en charge médicalement ces porcs permettra à certaines situations de ne pas se renouveler car vous avez raison : comme vous je pense qu’un porc l’est rarement une seule fois dans sa vie si personne ne l’a stoppé dans son élan de toute puissance perverse !
De tout coeur avec vous et surtout continuez dans votre reconstruction. Des personnes dotées d’intelligence du coeur et de courage existent et ce sont vers elles qu’il faut aller pour retrouver le goût de la vie et des belles choses.

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