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Je n’avais que 15 ans

C’était le jour de mes 15 ans, en aout 2015. Mes parents m’avait laissé sortir pour la première fois le jour de mon anniversaire. J’avais proposé à un ami (qui était dans ma classe en 3ème) de m’accompagner. Nous étions allé voir Jurassic World au cinéma. Je précise que j’étais en robe, parce qu’on était en plein mois d’aout et qu’il faisait chaud.

La séance à démarré, tout se passait très bien, jusqu’à ce qu’il mette une main sur ma cuisse, j’ai repoussé sa main. Puis une douleur est apparue dans le bas de mon ventre, je savais que c’était à cause de mes règles qui devaient arriver 1 semaine plus tard. Je décide de m’éclipser aux toilettes, je le préviens que je n’en ai pas pour longtemps e part en prenant mes affaires.

Arrivée aux toilettes, je vérifie que tout va bien puis je m’assois par terre et prends un anti-douleur. Au bout de 10 minutes à attendre que l’anti-douleur fasse effet, quelqu’un frappe à la porte, je ne réponds pas. Puis je l’entends me parler derrière la porte en me demandant si tout va bien et en m’ordonnant d’ouvrir la porte.

C’était un ami, je ne me suis pas poser de questions et j’ai ouvert la porte. Grave erreur. Il est rentré rapidement et m’a poussé violemment dans le fond, je me suis cogné la tête contre le mur mais je me suis forcé a rester debout. J’ai commencé à l’insulter en lui demandant ce qui lui avait pris. Il s’est doucement rapproché de moi sans répondre. Jugeant que les insultes ne me mènerait pas loin, je me suis calmé et je lui ai demandé de me laisser sortir, rajoutant que cette blague n’était pas drôle. Bien sûr, ça n’a pas fonctionné, et ce n’était pas une blague…

Arrivé à ma hauteur, il m’a fait un croche-pieds pour me faire tomber à terre, puis il s’est accroupi en face de moi et m’a étranglé, toujours sans dire un mot. Je me suis débattue, mais plus je me débattais, plus il serrait fort. J’ai fini par arrêter de me débattre, je ne savais pas jusqu’ou il pouvait aller. Il m’a tiré par la cheville dans le milieu de la pièce et a commencé à me déshabiller. Etant à présent sûre de ce qui allait se passer, j’ai recommencé à me débattre, j’ai tenté de crier, mais aucun son n’est sorti, je ne sais toujours pas pourquoi aujourd’hui, la peur, l’étranglement ?

Il m’a étranglé une seconde fois et j’ai arrêté, une seconde fois, de me débattre. Il a fini de me déshabiller entièrement s’est dévêtu à son tour. Ensuite, je suis incapable de dire combien de temps ça a duré, un temps interminable pour moi, je comptais les carreaux au plafond, j’en ai compté 60, et cela environ 6 ou 7 fois. Il s’est enfin arrêté et s’est rhabillé.

Puis il m’a menacé, ses mots exacts ont été : La première fois ne se passe jamais comme on l’avait prévu, si t’en parles, je reviendrais. Inutile d’en parler aux flics, mon père et plusieurs personnes de ma famille sont soit gendarmes, soit policiers. Puis il est sorti, sans un regard en arrière.

J’ai tenté de me relever, sans succès, j’avais très mal, et du sang coulait sans interruption. Au bout de plusieurs minutes, je me suis trainée jusqu’à la barre pour personne en situation de handicap et je me suis aidé de cette barre pour me relever. Puis j’ai récupérer mes vêtements et me suis rhabillé avec des sous-vêtements déchirés. J’ai nettoyé le sang au sol et je suis sortie. Impossible de revenir dans la salle de projection, alors j’ai décidé de partir. Un employé du cinéma m’a demandé si tout allait bien, j’ai répondu que oui, j’avais juste mal au ventre. Pas crédible, j’étais en pleurs et je marchais bizarrement. Arrivée dehors, je me suis assise sur un muret avec quelques difficultés et j’ai appelé ma mère.

Par chance, elle est aussitôt venue me chercher. Avant de repartir, j’ai vu le vélo sur lequel il était arrivé, il était donc retourné voir le film après m’avoir violé… Sur le trajet pour rentrer, ma mère m’a posé des tas de questions, j’ai prétendu avoir mal au ventre, rien de plus. En rentrant à la maison, je suis allé prendre ma douche, mais je me sentais sale, j’ai frotté, frotté encore, mais ce sentiment ne disparaissait pas, et n’a jamais disparu.

Puis j’ai rejoint ma mère qui s’apprêtait à faire une machine, je lui ai donné mes affaires tacher de sang. Lorsqu’elle m’a demandé d’où provenait ce sang, j’ai répondu que c’était mes règles… Jugeant la réponse satisfaisante, elle n’a rien dit de plus. Mes parents m’ont posé des questions pendant plusieurs jours sur ce qu’il s’était passé ce jour-là, mais devant mon refus d’en parler, ils ont fini par laisser tomber.

Ce silence à durer 4 ans et demi. Au cours de ces 4 années et demi, j’ai fait un test de grossesse quelques mois plus tard parce que mes règles avaient du retard, heureusement ce test s’est révélé négatif. Je l’ai revu 1 fois, et il m’a simplement dit : Ce que je t’ai dit il y a 2 ans tient toujours. Ensuite, je lui ai hurlé de partir.

Quelques mois après le viol, mon corps à commencer à provoquer des douleurs insoutenables, des kystes ovariens…, me poussant à aller consulter des spécialistes. Même devant tous ces médecins, je n’ai jamais parlé de ce qu’il s’était passé. Je me suis fait opéré, j’ai réalisé un tas d’examens pour connaitre la provenance de ces douleurs, sans jamais penser que ces douleurs était lié au viol.

Selon ce que m’a dit mon médecin traitant récemment, c’est mon corps qui a voulu me faire réagir, faire en sorte que j’en parle, à n’importe qui. Mais je n’avais plus confiance, en personne. C’était un ami, je lui faisais confiance, comment refaire confiance de nouveau lorsqu’on se fait trahir comme ça ? Eh bien, on ne fait plus confiance, ou très difficilement.

Aujourd’hui, cela fait plus de 5 ans qu’il m’a violé. Mes problèmes de santé se sont améliorés depuis que j’en ai parlé, mais au niveau psychologique, rien ne s’est arrangé, au contraire.

Cauchemars 3 à 4 fois par semaines, souvenirs envahissants, tentative pour éviter d’aller en soirée, d’aller au cinéma, difficulté a faire confiance, difficulté à rencontrer des garçons, très grande méfiance… Il parait que ça s’appelle un syndrome de stress post-traumatique. C’est fréquent après un viol.

Alors je consulte une sophrologue qui m’aide à gérer toutes ces émotions, qui m’aide à mieux dormir, et après plus de 5 ans de cauchemars, ce n’est pas une mince affaire… J’ai également déposé plainte il y a quelques mois, après en avoir parlé à mes parents. L’enquête est toujours en cours.

Aussi bizarre que cela puisse paraitre, je ne souhaite même pas qu’il soit condamné, je souhaite juste qu’il sache que déjà je n’ai pas oublié, et que je n’oublierais jamais, et je voudrais qu’il sache aussi que ce n’est pas parce que 5 années se sont écoulées qu’il ne risque plus rien aux yeux de la justice.

Bien sûr, j’ai peur des représailles, j’ai peur qu’il me retrouve, alors je suis délibérément parti à plus de 200km de chez moi pour poursuivre mes études.

5 ans, c’est long pour moi, mais c’est court pour la justice.

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psionic
1 mois plus tôt

Chère anonyme, jeune femme en devenir, vous êtes très courageuse de venir ici relater l’abomination que vous avez subie que vous relatez avec une précision remarquable. Cette concision est précieuse car elle nous permet de discerner tous les faits stylisés (comme disent les économistes) ressentis par les victimes. Je vais décrire ceux que je discerne et tenter de vous éclairer sur quelques points, ensuite je vous donnerai quelques conseils.

Tout d’abord il est clair que cet “ami” avait tout planifié et que vous étiez sa proie pour ce crime qu’il prémédité à votre encontre. J’en déduis immédiatement que c’est un pervers, car ces derniers ne laissent rien au hasard et tentent de tout contrôler, (c’est l’un de leurs points faibles, car toute contingence, aléa, accroc ou grain de sable peut les déstabiliser et leur souci de tout contrôler peut leur faire commettre de graves erreurs.)

L’absence de capacité à crier ou sortir un son lors de l’acte est typique de l’état de sidération de la victime, cela conduit à une paralysie, une incapacité de parler, dans les cas extrêmes, les victimes sont soient paralysées soit déconnectées de leur corps, voire même se sentent hors de leur corps, on parle alors d’état de décorporation dû à la sidération. Dans votre cas il semble donc que l’effet se soit limité à l’incapacité de sortir un seul son. Dans tous les cas, c’est l’effet du choc psychique de l’acte qui produit ces effets psychologiques extrêmes: cela va avec la modification de la perception du temps.

L’étranglement a sans doute joué un rôle important car c’est un geste de mort extrêmement pervers qui a très certainement concouru à l’incapacité de parler, la sensation d’étranglement tout comme celle d’étouffement sont terriblement destructrices car c’est vous montrer votre propre mort en direct. Ceci confirme que c’est bien un pervers psychopathe qui utilise les pires moyens de domination par la menace de mort direct par étranglement. De toute évidence un moyen d’obtenir une soumission immédiate par la sensation de l’imminence de la mort, un point important pour le choc traumatique.

Pour preuve: il vous a étranglée une seconde fois pour vous soumettre complètement à son emprise perverse afin de vous violer sans résistance de votre part.

Ensuite, l’altération de votre perception du temps sous l’effet de la sidération, avec la sensation de durée interminable typique des victimes et c’est une mesure objective de l’intensité du choc traumatique. Votre précision est utile car un décompte mental permet de calculer que cela a duré visiblement entre 7 et 14 minutes pour tenir compte du fait que la durée de décompte augmente avec la magnitude des nombres passés 10. Tout dépend du rythme auquel vous comptiez sur le moment (lentement, normalement, vite ?). Je pars de l’hypothèse d’un décompte normal, comme lorsque vous dénombrez des objets en temps normal (une hypothèse discutable étant donné les circonstances).

Ensuite, la menace de l’auteur: froide, précise et sans vous regarder. Typique du pervers psychopathe: il commet les pires actes sans aucune émotion, froidement, sans la moindre empathie pour la victime. Autre signe: cette pourriture est retournée voir son film comme si de rien n’était, encore un autre indice de son caractère de psychopathe. Il commet les pires actes sans aucune difficulté dans la banalité du quotidien. Je dirais dans la banalité du mal, que vous trouverez conceptualisée dans livre d’Annah Arendt: Eichmann à Jérusalem, rapport sur la banalité du mal.

Enfin, il vous menace par allusion aux professions de son entourage de manière à vous isoler, tactique classique de pervers.

Une fois arrivée chez vous, vous avez tenté par la douche de vous débarrasser de la sensation de salissure, de dégout de vous-même, celle-ci est toujours là depuis.C’est une réaction normale aussi, le signe de la blessure traumatique elle-même, l’emprunte du traumatisme psychique qui produit cette blessure profonde à votre âme. En effet, le viol produit une injonction psychique paradoxale qui est source d’un conflit très douloureux: votre corps est avili par le violeur qui le salit par son acte ignoble mais ce corps sali vous devez vivre dedans car il est l’enveloppe matérielle de votre personne, et c’est de ce rejet du corps que nait la souffrance psychique. Elle est immense, on en guérit jamais vraiment mais on peut en réduire grandement les effets psychiques (j’y reviens plus loin).
Ce sentiment n’a pas disparu comme vous le remarquez, c’est pourquoi je pense que vous avez besoin d’aide et rapidement.

Vous avez revu l’auteur qui a réitéré ses menaces mais cette fois vous avez réagi, cela est un bon signe: vous avez compris et vous mettez les mots sur ce qu’il vous a fait, et vous réagissez avec énergie, c’est important pour la suite.

Dernière réaction: la somatisation, c’est impressionnant mais c’est réel, le conflit psychique en vous qui se manifeste dans votre inconscient fini par une somatisation : votre psychisme provoque ces manifestations physiques pour vous inciter à trouver de l’aide et à parler comme vous l’a dit le médecin, vous orienter vers une prise en charge psychique apte à soigner votre traumatisme. C’est le signe que votre personne intime au plus profond de votre âme est en très grande souffrance.

Vous écrivez que psychologiquement vous souffrez atrocement:

“Cauchemars 3 à 4 fois par semaines, souvenirs envahissants, tentative pour éviter d’aller en soirée, d’aller au cinéma, difficulté a faire confiance, difficulté à rencontrer des garçons, très grande méfiance… Il parait que ça s’appelle un syndrome de stress post-traumatique. C’est fréquent après un viol.”

C’est parfaitement exact, mais vos symptômes sont alarmants, tout ce que vous décrivez est typique de réflexes de défense des victimes traumatisées par le viol. La fréquence des cauchemars et des souvenirs envahissants sont alarmants: vous souffrez beaucoup, vous avez un besoin urgent d’aide compétente et sérieuse.

Je vous invite à laisser tomber ces charlatans de sophrologues, vous avez besoin de consulter un thérapeute spécialiste des traumatismes psychiques, de préférence un psychiatre, et vite car vous avez sans doute besoin d’un suivi très sérieux, solide et durable. Vous avez probablement besoin d’un traitement adapté.

Je vous invite à faire ce qui suit:

1) contactez d’urgence une association d’aide aux victimes de viols par exemple:

  • le cfcv 0 800 05 95 95;
  • victimes de viol;
  • l’échappée;
  • france victimes : numéro: 116 006
  • **FNSF – Fédération nationale solidarité femmes : contre les violences faites aux femmes, bien que spécialisée dans les violences conjugales: 3919
  • PARLER de Sandrine Rousseau

Je vous invite à consulter notre listes de liens et de conseils dans le forum du site en section “trouver de l’aide”.

2)l’association PARLER de Sandrine Rousseau vous permettra de retrouver les autres victimes de votre violeur car vous n’êtes très certainement pas la dernière de ses victimes. Si vous en retrouvez vos chances d’obtenir justice augmenteront considérablement. Cependant comme il était mineur, il risque une peine de mineur.

Dans tous les cas PARLER vous offrira des groupes de paroles dans lesquels vous pourrez parler de votre souffrance dans un environnement compréhensif.

Un conseil important, lorsque votre souffrance et votre viol seront connus de part votre parole, NE LAISSEZ JAMAIS PERSONNE MINIMISER OU RELATIVISER VOTRE SOUFFRANCE NE LAISSEZ JAMAIS AJOUTER L’INSULTE A L’AFFRONT PAR UN AVILISSEMENT DE VOTRE SOUFFRANCE SURTOUT PAR CEUX QUI N’ONT RIEN VECU DE TRAUMATISANT. Réfléchissez à des formules cinglantes contre tous ceux qui minimiseront votre souffrance et coupez court sans délai à toute discussion avec eux.

IL FAUT BIEN RAPPELER QUE LA SOUFFRANCE PSYCHIQUE TRAUMATIQUE CONDUIT DANS DE NOMBREUX CAS AU PASSAGE A L’ACTE, soit la TDS, c’est TRES GRAVE et ne peut TOLERER AUCUNE MINIMISATION. Employez une mise à l’index et prenez soin de les regarder droit dans les yeux et avec intensité pour montrer votre détermination.

JE NE LE DIS PAS A LA LEGERE, de nombreuses victimes du site souffrent de la minimisation des faits par leur entourage, cela peut conduire à l’irréparable et de plus, c’est PLUS DOULOUREUX ENCORE CAR CELA VOUS ISOLE; RIEN DE PIRE QUE DE SOUFFRIR PSYCHIQUEMENT SEULE, EN SILENCE.

3) Consultez le site de MURIEL SALMONA sur la mémoire traumatique, vous trouverez ses vidéos sur youtube.

N’hésitez pas à revenir pour toutes précisions ou question.

De tout coeur avec vous.

Affection, courage et soutien.

Merci de remplir les champs obligatoires.



Last edited 1 mois plus tôt by psionic
Amethyst
Amethyst
1 mois plus tôt

Bonjour psionic, il avait certainement tout planifié oui, ce qui est assez difficile à admettre, je le considérais comme un ami, nous avions passé l’entièreté de notre année de 3ème ensemble, et nous nous étions revu plusieurs fois pendant les vacances scolaires. Je pensais le connaître, mais il a dû bien cacher son jeu.

Je sais que j’ai compter rapidement, je ne comptais pas pour savoir combien de temps allait s’écouler, mais plutôt pour penser à autre chose, l’oublier lui, oublier la douleur… Selon les gendarmes, il est fort probable que ça ai duré moins de 5 minutes, même si ça m’a paru une éternité.

A la suite de mon dépôt de plainte, le gendarme en charge de l’enquête m’a avoué que personne au sein de sa famille n’était policier ni même gendarme. Il m’avait simplement menti pour m’intimider.

Aujourd’hui, je n’ai plus peur de lui, mais seulement de ses éventuelles représailles, c’est ce qui m’a poussé à choisir un lieu d’étude le plus loin possible de chez moi et de chez lui, c’est aussi cette peur qui m’a poussé à couper les ponts avec toutes les personnes qui nous connaissait tous les 2, de peur qu’il apprenne des informations sur moi et sur l’endroit où je suis actuellement.

Je sais qu’au niveau psychologique, rien ne va plus. Mais je me dit que moins j’en parle, moins les souvenirs seront présents. Je pense qu’il est temps de se rendre à l’évidence : ce n’est pas la bonne solution.

J’avais déjà appelé Viols Femmes Informations, j’avais besoin de renseignements sur la procédure judiciaire. Je vais chercher un psychiatre dans la ville où je vit et entamer un suivi. Tout cela a assez duré je pense.

Beaucoup de personnes de mon entourage me prétendent que je vais oublier, arrêter d’y penser. D’autres me disent que je n’oublierais pas, mais que je vivrais avec, et qu’on peut vivre très bien avec ça. Qui a raison, qui a tort ?

J’ai pensé à en finir, pas qu’une fois malheureusement. Mais au dernier moment, je me disais que si j’en arrivais là, il gagnerait définitivement. Les idées noires sont toujours là, mais je n’en arriverais pas au suicide, même si ça parait libérateur à première vue.

Quelques fois, il m’arrive de penser à retirer ma plainte, pour que tout cela s’arrête, dans quelques semaines, il sera au courant que j’ai déposé plainte contre lui. Ca me fait peur, mais, même si je ne sais où tout ça va me mener, j’ai eu le courage d’en parler, je ne veux pas qu’il gagne par ce que je n’ai pas eu le courage d’aller jusqu’au bout.

Ca peut paraitre bizarre, mais je ne veux même pas qu’il soit condamner, ce n’est pas pour ça que j’ai déposé plainte. Je l’ai fait parce que je veux juste qu’il sache que je n’ai pas oublié ce qu’il m’a fait, et qu’il comprenne que ce n’est pas parce que 5 ans se sont écoulés qu’il ne risque plus rien aux yeux de la justice.

Merci beaucoup pour votre aide

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psionic
1 mois plus tôt

Chère Amethyst, votre réponse vaut pour moi tous les honneurs du monde comme je l’écris lorsque je reçois des réponses semblables.

Je vous donne mon point de vue, franchement et sans détour, pour vous aider justement.

Ce jeune homme qui vous a étudiée, ciblée, durant une année est un authentique pervers psychopathe selon moi, tout ce que vous avez décrit est absolument terrifiant.

La manière dont il a procédé est typique du psychopathe comme je l’écrivais précédemment, et il a profondément blessée votre âme, votre personne donc votre humanité. C’est tellement grave que cela peut conduire à commettre l’irréparable. Le fait que vous y ayiez pensé l’atteste, cela m’inquiète et plus encore que vous sentiez que votre état psychique et émotionnel est intenable, vous avez besoin d’aide, urgent.

Je suis rassuré que vous décidiez de voir un thérapeute et je vous incite à contacter une association de victimes qui offre un groupe de paroles.

Vous êtes actuellement étudiante, rester dans un tel état psychique et émotionnel pourrait compromettre vos examens. J’ai moi-même connu des ruptures douloureuses durant mes études mais pas la souffrance traumatique du viol qui est infiniment pire. C’est aussi pour votre avenir qu’il vous faut agir, le moindre incident ou le moindre problème durant vos examens peut gravement compromettre vos chances de réussite, c’est un risque très élevé si vous restez ainsi alors que vous sentez que vous n’en pouvez plus.

J’y pense à l’instant, vous pouvez aussi contacter l’antenne locale du CLASCHES dont vous trouverez le site sans difficulté, c’est un collectif contre les violences sexuelles et le harcèlement en milieu académique. renseignez vous dans votre institution, elles vous recevront et vous indiqueront un thérapeute.

En outre, comme vous êtes fragile, seule et isolée, elles vous soutiendront sûrement. Plus tard vous pourrez militer si vous le souhaitez mais je ne vous le conseille pas: vous devez d’abord trouver de l’aide, un suivi, un thérapeute, peut-être prendre un traitement, vous stabiliser et vous consacrer à vos études. Rien n’empêche d’être sympathisante mais polarisez votre volonté sur vos études et votre chemin de guérison.

Sur ce point, n’accordez aucune valeur à ce que disent les autres personnes qui n’ont rien vécu de comparable et qui ne connaissent rien à la souffrance psychique. Seuls ceux qui sont en contact et qui la connaissent sont dignes de foi: les thérapeutes, magistrats, gendarmes, soignants. Les personnes qui de votre entourage qui connaissent la souffrance psychique aussi. Sachez que vous avez vécu une expérience humaine extrême, négative pour vous mais que bien peu connaissent, avec une blessure de votre personne si profonde qu’elle vous a fait penser à l’irréparable. Bien peu peuvent comprendre ce que c’est, à ceux-là n’accordez aucune valeur à leurs propos, pour eux c’est comme changer chaussures, ou de voiture, mais cela n’est rien en comparaison de ce que vous avez vécu, et dont vous devrez vivre toute votre vie avec le souvenir absolument rien.

Heureusement, comme je l’écrivais précédemment, avec un bon suivi, dans la durée, éventuellement une période de traitement adapté, on peut considérablement abaisser les effets de la souffrance: la maîtriser, je vous l’assure et c’est pour cela que j’insiste afin que vous consultiez au plus vite. Vous ne pourrez pas oublier seule, vous ne pourrez pas guérir seule, et il n’y a rien de pire que de devoir vivre seule avec une telle souffrance psychique, dans le silence et la tristesse.

Pour la justice et votre plainte ne lâchez rien, car je pense en vous lisant qu’un point très important pour vous est de faire reconnaître par la société ce qu’il vous a fait au travers de cette plainte, du procès et qu’elle qu’en soit l’issue. C’est en effet une partie de votre chemin de guérison, une étape de la reconstruction.

S’il y a procès, il y aura confrontation, et les victimes sont toujours moralement désavantagées face à leurs tortionnaires. Il faut donc vous consacrer aux soins, à votre suivi, à vous reconstruire dans cette perspective éventuelle et surtout pour vous-même, construire votre vie, aller vers la lumière, faire et réussir ce qui vous plait, écarter à jamais les ténèbres qu’il a semé dans votre vie.

De tout coeur avec vous.

Affection, courage et soutien

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