Balancetonporc.com
Victime de viol ou d’agression sexuelle ? Postez anonymement votre témoignage sur Balancetonporc.com

Forum

Traumatisée par mon père  

  RSS

Lumie
(@lumie)
Membre débutant
Inscrit:Il y a 2 ans 
Messages: 7
24/02/2018 7:04  

J'approche la trentaine et pendant presque les 24 premières années de ma vie... J'ai été abusée par mon père.

Juste le dire, l'écrire, c'est comme m'arracher la gorge. La première fois que j'ai vaguement réalisé qu'il abusait de moi, j'avais 19 ans. Dans un cours de philosophie. Et à l'époque, j'étais déjà trop vulnérable pour l'accepter ou même l'admettre. Je l'ai enfoui et j'ai tenté de faire comme si ça n'existait pas.

Au début de l'année 2018, j'ai commencé à consulter une psy pour un tout autre problème (enfin, ce que je pensais être un autre problème): la gestion de ma colère. Au fil des séances, je ne me souviens pas pourquoi ni dans quelles circonstances, c'est sortit. Vaguement. Timidement. À moitié... Mais depuis, ça m'obsède.

On lit et on voit plein d'histoires d'horreur à ce sujet, des enfants battus, violés, maltraités... Je ne me sens pas comme ça. Il n'y avait pas de paroles, pas d'ordres donnés, pas de force employée réellement. C'était des attouchements légers, des effleurements, qui s'arrêtaient dès que je quittais la pièce. Il ne m'a jamais demandé de lui faire quoi que ce soit, ne s'est jamais infiltré dans ma chambre pour me peloter, ne m'a jamais saisi de force. C'était des caresses simplement que j'ai longtemps pris comme une simple marque d'affection. Mais vu comment ça me détruit en ce moment, c'était clairement plus grave que ça...

J'écris tout ça parce que je suis à la recherche de légitimité, en fait. Je me sens déloyale envers les gens qui ont vécus ce que j'appellerais de "vraies" agressions, empreintes de violence et de menaces, quelque chose de bien plus brutal que ce que j'ai subis. J'ai l'impression de dramatiser les choses, j'essaie de minimiser sans cesse, de lui trouver des excuses. Honnêtement, même le titre du site m'a fait mal au coeur, parce que oui, j'aime mon père malgré le traumatisme qu'il m'a fait subir.

Je fais de violentes crises de panique et d'anxiété, je me sens constamment en danger, en terrain ennemi dans ma propre maison. Je vis encore avec lui et mon copain est à des milliers de kilomètres. J'ai l'impression d'être cernée par des ennemis et ce sentiment me vide de toutes mes forces...


RépondreCiter
Espérance
(@esperance)
Membre débutant
Inscrit:Il y a 2 ans 
Messages: 16
25/02/2018 2:26  

Bonjour Lumie. 

Il y a manifestement quelque chose de très malsain, et même toxique, dans le comportement de votre père, même au-delà de ses attouchements. Avez-vous réfléchi à sa façon de vous considérer, à l'image qu'il a de vous? En avez-vous parlé à votre mère? Il me paraîtrait sain pour vous de vous éloigner de lui un certain temps, de ne plus vivre a minima dans la même maison. Plus vous serez loin, plus vous parviendrez à comprendre ce qui vous détruit. Mais près de lui, j'ai l'impression que cela bloque beaucoup de chose en vous.


RépondreCiter
luz
 luz
(@luz)
Membre débutant
Inscrit:Il y a 2 ans 
Messages: 15
25/02/2018 8:24  

Comparer votre vécu et votre souffrance à ceux d'autres personnes est mauvais pour vous. Dès que vous vous surprendrez en train de faire cela (en pensée), reprenez vous : tout le monde sur cette terre peut trouver "pire" que lui, ce n'est pas une raison valable pour nier une souffrance. Vous êtes manifestement en souffrance, et votre ressenti est tout à fait légitime; ne laissez personne, ni même vous-même, dire (penser) le contraire. Je vais vous donner un exemple : je considère qu'un enfant victime d'un viol vit quelque chose de 10000 fois pire que moi; de ce fait je vais avoir tendance à vouloir me taire ou me sentir coupable de parler de moi; bon, remettons les choses à leur place : 1-nier ce que je ressens (ma souffrance) serait mentir et le mensonge maintient dans l'obscurité et je ne m'appelle pas luz pour rien! Si vous voulez avancer, il sera totalement contre productif de nier ce qui est  2- nier ma souffrance n'aide en rien les petites victimes de pédophilie 3- dire ou penser que je ne devrais pas ressentir ce que je ressens parce que je ne sais quoi ("il y a pire ailleurs"), serait comme dire à un assoiffé dans le désert qu'il n'a pas le droit d'avoir soif parce que d'autres ailleurs dans le monde souffrent d'inondations... absurde! Vous êtes d'accord?

Je pense que ce qui vous retient (entre autres) de considérer votre ressenti comme légitime est la peur d'avoir à juger négativement votre père. Vous l'aimez et ne souhaitez pas qu'il soit mal considéré. Je pense aussi que vous avez des problèmes de "gestion de colère" parce que vous ne souhaitez pas la diriger vers la personne concernée. Sachez que vous pouvez prendre soin de vous, de votre souffrance, et même exprimer votre colère sans que cela nuise à votre père. Et c'est la priorité : prendre soin de vous ne demande pas à nuire à votre père, distinguez bien les deux. Vous pouvez vous libérer de la colère qui vous ronge sans que la personne ciblée soit atteinte, vous pouvez peut-être voir cela avec votre thérapeute? (concernant la thérapie il ne me semble dans votre cas pas judicieux de choisir une cognitivo-comportementale, mais plutôt une ciblée sur l'expression et la compréhension de vos ressentis; je vous conseillerais également quelques séances d'hypnose en complément; + un thérapeute avec qui vous vous sentiez libre totalement de parler; rappelez-vous : personne n'a le droit de mettre en doute ce que vous ressentez, même pas un thérapeute, si c'est le cas, fuyez)

Sinon, je rejoins ce qu'a dit Espérance : vous serait-il possible d'envisager de ne plus vivre sous le même toit que votre père? L'environnement n'est pas bon pour vous, et étouffant, et ne vous aide pas à y voir plus clair. Vous ne parlez que de votre père et vous (votre mère? des frères et soeurs?)

Vous dites que d'être en permanence sur la défensive vous vide de vos forces. Il me semble plus qu'important que vous trouviez le moyen de vous octroyer des moments pour récupérer des forces : un lieu où vous vous sentiez en totale sécurité et où vous pourriez pratiquer une activité "ressourçante" en cohérence avec votre tempérament (balades dans la nature, gym ou piscine dans un club, sophrologie, yoga...dans un groupe, expression artistique dans un groupe aussi...). Ce n'est pas une solution au problème mais c'est un moyen de récupérer ou de conserver ses forces pour affronter le problème et c'est très important. Si vous n'en n'avez pas la force, pouvez-vous vous faire aider/accompagner par un(e) ami(e)? Si vraiment vous ne pouvez pas, voyez avec votre généraliste : une aide médicale ponctuelle peut peut-être être envisagée? Donc : lieu sécurisant (le danger ne peut pas vous y approcher, vous en êtes persuadée au fond de vous-même) + activité "ressourçante" (apaisante, ou au contraire "défoulante", ou les deux en complément) + (optionnel mais important) une ou des personnes bienveillantes autour de vous et de cette/ces activité(s).

N'hésitez pas à revenir parler ici; vous y êtes bienvenue.


RépondreCiter
la marte
(@la-marte)
Membre débutant
Inscrit:Il y a 2 ans 
Messages: 13
25/02/2018 10:49  

Bonjour Lumie,

Je suis absolument d'accord avec Luz et Espérance tu dois quitter le domicile. Tu vie dans un univers toxique . Ton père est toxique. Et ne te compare pas aux autres : il y toujours pire ailleurs : un jour ma thérapeute m'a dis 2 personnes peuvent vivrent exactement la même chose et pourtant le vivre différemment tout ça pour te dire que ta souffrance est légitime . Et aussi personnellement je me souviens que depuis 3 mois et c'était il y 30 ans. 

Pleins de courage.

Sous bienveillante avec toi même . 


RépondreCiter
Lumie
(@lumie)
Membre débutant
Inscrit:Il y a 2 ans 
Messages: 7
26/02/2018 10:58  

Merci pour vos mots, ça me fait vraiment du bien..

Comment me père me considère? Il ne me connait pas et ne m'a jamais connue réellement. Il pense que je suis influençable, que je me laisserais entraîner par d'autres dans les mêmes vices que lui, la drogue, l'alcool (enfin, plus la drogue que l'alcool en réalité, il n'a jamais eu de problème de boisson. Il est clean depuis quelques mois avant ma naissance). Il a peur que je foire ma vie comme lui pense l'avoir foirée... Fin voilà. Ça d'un côté, mais de l'autre, il ne fait que relever les trucs que je fais mal sans jamais me féliciter de mes bons coups, hormis pour des trucs assez gros (genre l'obtention de mon diplôme, ce genre de choses). Bref à ses yeux, j'ai souvent l'impression d'être la pire merde du monde... Heureusement que j'ai ma mère de l'autre côté pour faire contrepoids un peu, même si ça n'a jamais été suffisant au final.

Je suis enfant unique. Du coup, toutes les fautes du monde me retombent inlassablement dessus.. Disons que j'ai appris à faire la part des choses un peu depuis le temps, n'empêche que c'est jamais agréable. Techniquement, fin mai je pars rejoindre mon copain en France, je serai donc loin de lui. Mais en attendant, je n'ai pas d'autres options, je n'ai pas de boulot ni trop la force d'en trouver un et comme je dois payer ma psy...

Du côté de ma mère, je n'ose pas lui en parler parce qu'elle a été victime d'inceste pendant plusieurs années, avec son grand frère... Je ne sais pas ce qu'elle ferait subir à mon père si elle savait. C'est compliqué. La dernière chose dont j'ai besoin en ce moment, c'est de voir ma famille se déchirer...

Je vais réfléchir à cette idée d'activité. On verra bien..

La marte: Oui, j'ai tendance à être violente envers moi-même. Pas en gestes mais en paroles. J'ai du mal à faire autrement. Je dois me faire violence pour ne pas me juger moi-même trop durement...

 


RépondreCiter
Espérance
(@esperance)
Membre débutant
Inscrit:Il y a 2 ans 
Messages: 16
27/02/2018 11:27  

Bonjour Lumie. A lire ce que vous donnez comme précisions, cela renforce beaucoup mon idée selon laquelle votre père a une personnalité toxique, au moins état-limite, peut-être même pervers narcissique. Pour vérifier cela, il faudrait savoir s'il ment facilement. Vous pouvez regarder le test de Nazare-Aga. Malheureusement, ce type de personnalité aime beaucoup de mettre en couple avec une personne pleine de grandes qualités mais avec une fragilité profonde aussi. C'est peut-être le cas de votre mère à ce que vous décrivez. Cela pourrait signifier, c'est toujours seulement une hypothèse à ce stade, que votre mère souffre beaucoup plus en couple que vous ne l'imaginez, mais qu'elle essaye de vous le cacher et de se le cacher à elle-même. C'est pourquoi il serait courageux d'essayer d'aborder prudemment la question avec elle. Surtout, écoutez-vous, prenez vos ressentis et vos symptômes au sérieux. Ce sont des signaux d'alarme importants. 


RépondreCiter
la marte
(@la-marte)
Membre débutant
Inscrit:Il y a 2 ans 
Messages: 13
27/02/2018 9:32  

Bonjour Lumie,

Ton père est toxique de plusieurs manières. Parler en douceur avec ta mère. Aimer son père de manière inconditionnelle est le propre de l'enfant mais dans ton cas il faut en faire le deuil. 

Tout mon soutien. Plein de courage. 


RépondreCiter
Lumie
(@lumie)
Membre débutant
Inscrit:Il y a 2 ans 
Messages: 7
28/02/2018 4:57  

J'ai regardé le test, et il n'atteint pas du tout les 14 points "nécessaires" pour être décrit comme manipulateur. Je n'ai compté que 7 points, voire 8 en poussant loin. Pour ce qui est de ma mère, je ne saurais pas trop dire. Elle a une force de caractère assez impressionnante malgré tout ce qu'elle a vécu et elle n'est pas du genre à refouler et dissimuler des choses. Au contraire, elle s'ouvre spontanément sur ce qu'elle a vécu. Oui elle est sensible, bien sûr, mais en même temps, c'est une vraie combattante. Fin voilà, je ne sais pas trop du coup. Ce qui est sûr, c'est que je ne me sens absolument pas prête à lui en parler. Peut-être ne le serais-je jamais..

J'ai fait le deuil de certaines choses concernant mon père, comme le fait que je serai inlassablement déçue de lui toute ma vie. Enfin, "déçue", peut-on l'être quand on n'a plus d'attentes? Disons que je m'attends toujours au pire et bien souvent, j'ai raison. Je ne serai jamais proche de mon père, ça c'est bien certain. Si je peux avoir une relation cordiale avec lui, ce sera le mieux que je pourrais espérer.

Quand j'étais adolescente, j'ai souvent eu envie de le rejeter totalement de ma vie, de ne plus avoir aucun contact avec lui. Quand je suis lentement sortie de l'adolescence, je me demandais pourquoi j'avais eu un sentiment aussi violent envers lui. Maintenant je comprends mieux...

Bref... Qui vivra verra comme on dit.


RépondreCiter
Lumie
(@lumie)
Membre débutant
Inscrit:Il y a 2 ans 
Messages: 7
09/03/2018 3:50  

Seigneur. Deux semaines de vacances pour mon père et sur ces deux semaines, trois jours à passer toute seule avec lui. Au secours. Je pense que je vais être obligée de m'exiler dans le grand nord pour cette période de temps, sinon je risque de passer deux semaine à me faire dire que je passe trop de temps enfermée dans ma chambre et que je suis une paresseuse finie alors qu'en fait, je suis en dépression. Youppi.


RépondreCiter
la marte
(@la-marte)
Membre débutant
Inscrit:Il y a 2 ans 
Messages: 13
09/03/2018 5:19  

Bonjour , 

Comment peut on t'aider? 

Si il te traite de faignace laisse le parler. Si tu peux partir ailleurs fais le. Tu vie dans quel pays? Ne peux tu pas contacter la gendarmerie. Te rendre dans une association qui pourrait t'aider. Donne des précisions .


 


RépondreCiter
Partager :
  
Chargement

Merci de Se connecter ou S'inscrire