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Faut que ça cesse

Mon cauchemar a débuté à mon arrivée dans mon nouveau job en 2005 et a duré pendant plus de 3 longues années.
J’avais la trentaine et je partageais depuis 2 ans ma vie avec un homme avec qui tout roulait. J’étais une femme sereine et épanouie.
Mais ça n’allait pas durer… Dès mon arrivée dans mes nouvelles fonctions, j’ai compris que j’allais devoir faire preuve de fermeté, d’inflexibilité vis à vis de mon supérieur hiérarchique direct, un quinquagénaire bedonnant au sourire carnassier, qui s’est tout de suite montré très entreprenant. C’était sans compter sur sa ténacité, sa perversité, sa soif de chair fraîche qui n’avaient aucune limite.
Au début, le harcèlement a commencé par des compliments, puis vinrent ensuite des regards qui me mettaient particulièrement mal à l’aise, puis la semaine suivante, c’est une main qui venait se coller dans le bas de mon dos. En dépit de mes injonctions, de mes répliques cinglantes, il n’a jamais battu pavillon. Un jour, je lui ai même déclaré que même s’il était le dernier homme sur terre, je ne voudrai pas de lui.
Je crois que le pire dans tout cela est que, c’est la résistance que j’opposais, qui l’excitait le plus !
Il avait un mode opératoire bien rôdé. Il s’arrangeait pour me faire venir dans son immense bureau, sous le prétexte d’étude de dossiers, et là une fois la porte fermée, il revenait sans cesse à la charge.
Un jour, alors que j’étais assise face à son bureau, sur une table de travail, occupée de lui expliquer l’avancement des projets, il s’est levé, s’est dirigé vers moi, est passé derrière moi pour caresser ma nuque et se frotter le sexe contre moi. Il était en érection.
J’en avais suffisamment supporté, j’ai quitté le bureau sur le champs, ai refermé la porte derrière moi, ai adressé à son assistante un pauvre sourire et suis partie me réfugier dans mon bureau.
Dans la journée, j’ai demandé à parler à son assistante pour tout lui raconter et savoir si elle avait déjà été elle-même victime de ce névrosé. Elle m’a alors expliqué que mon témoignage n’était pas le premier du genre, que de nombreuses autres femmes lui avaient rapporté les mêmes faits mais qu’elle-même n’avait jamais subi aucun assaut et qu’elle n’avait jamais rien vu. Inutile de préciser qu’il s’arrangeait toujours pour n’être dans le champs de vision de personne quand il se livrait à ses infamies !!
Elle m’a donc fait clairement comprendre qu’elle ne me serait d’aucun secours. Elle a aussi ajouté que quelques femmes avant moi avaient déposé plainte mais par quel jeu du hasard, avaient toutes au final, retiré leurs plaintes…
Tellement secouée, je me suis retrouvée à l’arrêt pendant plusieurs mois. Je me suis refaite une santé et grâce à cette pause, j’ai pu concrétiser le projet qui me tenait le plus à coeur : avoir un enfant.
Quelques mois plus tard, j’ai eu le grand bonheur de mettre au monde mon 1er enfant.
Tous ces mois de calvaire, de harcèlement, de calvaire faisaient partie du passé selon moi.
Puis j’ai dû retourner au bureau. Je m’étais fixée des règles, j’avais mis en place des « stratégies d’évitement ». Je faisais alors en sorte de ne plus jamais me retrouver seule à seule avec lui.
Je dirais que c’est à ce moment-là que nous avons basculé du harcèlement sexuel au harcèlement moral.
Il m’a d’abord envoyé certains de mes collègues me dire que le chef ne comprenait pas pourquoi je n’allais plus le voir pour régler certains problèmes. Puis il me convoquait régulièrement pour me reprocher des négligences, me dire que « je le plantais ». Or, j’ai toujours fait preuve d’un grand professionnalisme et même dans les pires circonstances j’ai toujours continué « d’assurer le service ».
Puis un jour, un directeur de ma collectivité m’a indiqué qu’il cherchait une responsable. Il s’agissait là pour moi d’une véritable opportunité qui me permettait d’échapper à mon bourreau.
J’ai sauté sur l’occasion et ne l’ai, bien entendu, jamais regretté.
En revanche, j’ai toujours eu un regret : celui de ne pas avoir porté plainte, de ne pas avoir dénoncé ce porc qui a continué de sévir après moi !

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