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Deuxième post : Viol,“tais-toi et laisse-toi faire”

Il y a plus d’un an, j’ai posté mon témoignage sur le viol subi, intitulé “viol : tais-toi et laisse-toi faire”. Jamais je n’aurais cru devoir publier un autre post.
De la nuit du 8 au 9 novembre 2019, j’ai été violée. J’ai décidé de porter plainte, et ai été suivie par les unités médico-judiciaires ******. J’ai eu deux tests de grossesse urinaires négatifs. Après deux semaines, on m’a fait une prise de sang pour vérifier que les MST refilées étaient parties, car traitées. Le soir, j’ai été appelée. Finalement, on avait quand même décidé de faire un test de grossesse sanguin. Il était positif (14 jours). La personne au bout du fil m’a demandé si je voulais le garder. J’étais sous le choc, et condamnée, dans ma chair, par mon violeur. J’ai haï mon corps. Depuis cette annonce, j’ai eu des symptômes (nausée, fatigue, douleurs), et n’avais qu’une seule envie : en finir. Mais ce n’était pas tout. Le flic “chargé de l’enquête” , le même que j’ai décrit dans mon précédent post, n’a pas voulu, de prime abord, s’organiser pour faire un prélèvement ADN. Il a commencé par dire qu’une simple écho suffisait…
Bon, je m’organise, tant bien que mal, et surtout en pleine grève des transports (réforme de la retraite). J’appelle le planning familial : saturé, il ne me répond même pas. Puis, je passe par le service gynécologie de l’hôpital Saint-Louis à Paris. J’explique mon cas à la gynécologue et demande s’il est possible de faire un prélèvement ADN. En fait, il est OBLIGATOIRE. Elle a alors appelé le flic, et ne l’a pas lâché jusqu’à temps qu’il fasse SEULEMENT son travail….
J’ai été avortée par opération, peu avant Noël. J’ai dû cacher à ma famille le malheureux événement. J’étais au bord du gouffre.
Aujourd’hui encore, je suis sans nouvelle de ma procédure judiciaire. Je déplore la “justice” française : le manque d’écoute, de suivi , de prise en charge, le mépris des flics, pour des cas graves. En revanche, je veux remercier profondément l’ensemble du corps médical, les gynécologues, chirurgiens et infirmiers pour leur remarquable travail et sens professionnel. Sans eux, je serai, à n’en pas douter, plus de ce monde.

Moralité du viol suivi d’une grossesse meurtrière ? Une double-penalité, physique et psychique (surtout par le manque de sérieux de la police). Subir de nouveau une grossesse, même souhaitée, est inenvisageable.
Vous sentez peut-être une colère en moi. Oui, c’est une colère contre les manques de moyen et d’éducation de la police et de la justice. J’ai la “chance” d’être particulièrement tenace, et éduquée au droit. Mais combien d’hommes et surtout de femmes sont dans la détresse, abandonnés, parce qu’ils n’ont ni la ténacité (et c’est bien normal après un traumatisme), ni les outils de connaissance et/ou d’expression ?
– Pour les victimes de viol :
passer par l’association Paris aide aux victimes . Prise en charge psychologique et administrative.
– Pour toute femme devant avorter à Paris : privilégiez les centres gynécologiques d’hôpitaux. Le planning familial a été une grande déception.

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