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Condamnée à perpétuité

J’ai 21 ans, je suis une jeune femme, étudiante, qui essaie chaque jour de reconstruire sa vie. Je suis sœur, je suis nièce, je suis fille. Je suis victime d’abus sexuels.

Lors des faits je n’avais que 12 ans. C’est normalement l’âge auquel on commence à avoir un corps de femme, l’âge auquel on ne pense qu’à amitié et tout un tas d’autres choses qui n’ont rien à voir avec la sexualité mais avec le collège, les copines, les sorties et dans mon cas les bonbons. Pourtant, c’est l’âge auquel j’ai subis une des pires atrocités que l’on puisse infliger à une femme.

Il de ça trois ans, ma vie est devenue un véritable enfer. Je me souviens encore de ce sentiment d’incompréhension, de colère et de faiblesse que j’ai ressentis. A mes 12 ans mon beau-père à eu un comportement dégoutant et inexplicable envers moi. Au début, c’était des baisers, une chose que je détestait. Et le fait que je le repousse n’a fait qu’aggraver les choses. D’un coup mon corps est devenu son objet, une pauvre chose qu’il utilisait pour se faire plaisir. Sans jamais aller jusqu’à la pénétration, il trouvait toujours quelque chose à m’infliger.

Pendant des années j’ai cacher tout ça, voulant à tout prix avoir une vie normale, sans ce cauchemar, peu à peu mon cerveau à ranger cette partie de ma vie dans une boîte. Je ne savais plus.
Et pourtant même si je n’avais plus conscience de l’existence de ces évènements, mon comportement envers mon ex-beau-père changeait. Je devenais agressive dans mes propos et « irrespectueuse » selon ma mère à l’époque, ignorant ce qu’il se passait.

Il y a trois ans, sans savoir quel a été l’élément déclencheur, alors que je prenais le petit-déjeuner avec ma mère je me suis mise à pleurer. J’ai ressentis comme un coup en plein cœur et pour la première fois, j’ai eu une crise d’angoisse. Ma mère ne comprenait pas; j’ai alors donné le coup d’envoi, vers ce cauchemar qui n’en fini pas. « Il a abusé de moi maman », ce sont mes mots.

La suite s’est passée assez vite, trop vite. Poste de police, témoignage, pleures, cris, tribunal. Pendant un moment alors que j’avais des rendez-vous avec mon avocate, je me suis dis qu’il restait un espoir. Mais la justice ne m’a pas aidée non plus. Les faits se sont passés il y a trop longtemps et il n’y a aucunes preuves. Je n’ai même pas eu la possibilité de parler au procureur qui s’occupait de mon cas. J’aurai souhaité qu’il me voit, qu’il voit dans mes yeux la douleur et le désespoir.

Du jour au lendemain tout m’ai revenu. J’ai eu des flashback, me souvenant de détail comme la couleur des rideaux qui étaient à coté de moi pendant qu’il éjaculait sur mon corps. Il profitait de l’absence de ma mère, qui allait faire les courses, pour utiliser mon corps comme bon le convenait. Cela arrivait à n’importe quel endroit, dans mon lit, dans la salle de bain, dans les escaliers, chez un ami à lui à mes 17 ans, dans la voiture ou dans le coffre de celle-ci dans un petit chemin désert. Je me souviens de ses mots. « Fait du bruit, les hommes aiment ça », « Je vais t’aider comme ça tu seras prête pour ton premier petit copain », « Tu sais, dès fois les adultes font des erreurs », « je suis vraiment désolé mais je t’aime ma chérie », « Tu étais, tu es et tu resteras ma fille », « Tu vas mal mais que veux-tu que je fasse ? Que je saute d’un immeuble ? ».

Je me trouve faible et honteuse de ne pas avoir fuis. Je ne saurai trouver les mots pour illustrer ce que je ressens, ce que j’ai ressentis. Je m’étais murée derrière un mur pour ne pas avoir à affronter les regards, les questions de mes proches. « Pourquoi n’avoir rien dis avant ? ».

Comment expliquer à vos proches une telle chose. Comment dire à ma mère que sa fille ne ressens rien d’autre que colère, souffrance et honte. Comment expliquer à mes frères et sœurs que leur père m’a détruite et que je veux le voir derrière les barreaux ?

Alors que je sombrais totalement ayant des troubles du sommeil, troubles du comportement et des crises d’anxiété, j’entendais de plus en plus de « il faut pardonner pour pouvoir avancer », « tu dois tourner la page », « pleurer sans cesse ne servira à rien », « si tu continue tu vas devenir une femme aigris ».

Je ne les comprenais pas, ils ne comprenaient rien. Alors je me suis emprisonnée dans une bulle. Mais un détail important persistait, même s’il avait quitté la maison il restait le père de mes frères et sœurs et je ne pouvait changer ça.

Alors j’ai dû supporter son omniprésence. Il était déjà omniprésent dans chaque pièce de la maison mais pas seulement. J’entendais sa voix lorsqu’il venait chercher ses enfants, il m’arrivait de le croiser dans la ville, je le voyais en descendant du bus alors qu’il était garé à côté de la maison. Il était également omniprésent lors des fêtes, m’offrant sans cesse des cadeaux que je donnais à ma mère pour qu’elle s’en débarrasse. Et il continuait de l’être lorsqu’il venait au portail de la maison pendant qu’on profitait d’un barbecue en famille, refusant de partir.

Aujourd’hui j’ai 21 ans et je pleure encore car je ne sais plus qui je suis. Certain me diront sûrement que je peux être celle que je veux, mais comment ? Ce vide en moi, cette douleur ne pars pas. Et je n’ai pas de mode d’emploi pour reconstruire ma vie. Je me sens autant détruite, autant vide, autant perdue et autant désespérée qu’il y a trois ans. J’essaie de gérer le tout, mais c’est tellement dur. Entre trouble du sommeil, trouble du comportement, sentiment de solitude décuplé, incapacité à être constamment dans un une maison et ce besoin incontrôlable de me défouler d’une façon ou d’une autre, je ne sais plus ou donner de la tête. Je suis une boule de nerf qui se rapproche dangereusement de l’explosion.

J’ai décidé d’arrêter de haïr un homme pour ce qu’il m’a fait subir. J’ai décidé d’arrêter de souffrir à cause d’un homme que j’ai chéri autrefois, l’appelant papa. Mais en moi, malgré les efforts pour avoir une vie normale, malgré le fait que la terre continue de tourner et que les jours ne cesse de se créer, il existe une petite fille, une adolescente et une femme qui sont meurtries, pleine de haine.

J’ai eu l’occasion de le lui dire, par téléphone alors qu’il parlait à ma sœur. Je lui ai dis qu’il à détruit ma vie, qu’il n’est plus mon père depuis bien longtemps. Et il n’a pas réellement écouté. Il me manipulait à l’époque pour me faire culpabiliser, me menaçant de se tuer. Il voulait faire la même chose aujourd’hui, mais je n’ai plus 12 ans.

Je me sentais coupable à l’époque de pleurer et d’avoir mal alors que ma famille aussi souffrait. Je me sentais mal d’avoir briser le silence et il m’arrive encore de le regretter. J’ai créer des tensions rien qu’en parlant, j’ai créer un faussé entre ma famille et moi-même. Aujourd’hui encore j’essaie de m’abstenir de pleurer devant ma famille et quand ils remarquent que je ne vais pas bien j’invente une histoire.

Je n’ai jamais eu de longue relation sentimentale, fuyant dès que je m’attachais. Lors de ma première fois, je me suis sentis sale et honteuse. Comme si avoir une relation sexuel après tout ça était un crime. Depuis je n’ai plus jamais eu de relation, ni sexuel ni sentimentale.

Pourtant, je suis tombée amoureuse. J’ai pris peur et je l’ai éloigné. Ce qui s’est passé à détruit ma vie et aujourd’hui encore je ne sais pas comment « avancer ».

Alors que j’écris tout ceci, je ressens toujours ce vide. Ce vide qui devenant insupportable me pousse à le combler d’une façon ou d’une autre. Quand je sens que je suis à bout de force et que je ne peux pas m’éclipser pour aller me défouler, je mange. Je mange comme pour combler ce vide. Je mange jusqu’à ne plus pouvoir avaler quoi que ce soit. Je mange encore et encore, puis je finis par me détester, me sentant honteuse.

On me dis avoir les ressources, les armes ou je ne sais comment vous appelez cela, pour y arriver. Pour surmonter, vaincre, dominer, maîtriser, dompter, venir à bout, triompher.

Mais je n’arrive qu’à faire semblant. Pour les autres je suis femmes qui prends soins d’elle. J’aime m’habiller d’une certaine façon, j’aime me maquiller et les talons. De l’extérieur il n’y aura que confiance en sois peut-être même un air hautain. Il y aura une femme qui aime manger, danser, sortir. Une femme souriante qui semble aimer la vie et croquer celle-ci à pleine dents.

Mais la vérité, ma vérité, c’est que je suis une femme détruite, qui tente chaque jour de se découvrir. Il m’a volé mon enfance, mon adolescence, j’essaie de sauver le reste de ma vie pour qu’il ne contrôle pas ce qui reste.

Il aurait pu avoir 10 ans de prison et 150 000 euros d’amende. Moi je suis condamnée à perpétuité, devant vivre avec ça tout au long de ma vie.

#WomanNotObject
#MyTruth

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Koxie
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La honte, c’est lui , la perpétuité c’est aussi lui, le salopard, c’est lui, oui, vous avez le droit de vivre sans avoir peur, vous avez le droit de rire , d’être respectée et d’être aimée pour ce que vous êtes, non, il ne vous aura pas, parce que vous avez décidé d’en parler, vous êtes maître de votre destin, ne l’oubliez pas!
comment cherchez vous à vous reconstruire?
Si vous voulez, il existe des Associations de lutte contre les violences faites aux femmes
CFCV – Collectif féministe contre le viol
http://www.cfcv.asso.fr
FNSF – Fédération nationale solidarité femmes
http://www.solidaritefemmes.asso.fr
CNIDFF – Centre national d’information sur les droits des femmes et des familles
http://www.infofemmes.com
MFPF – Mouvement français pour le planning familial
http://www.planning-familial.org
Femmes solidaires
http://www.femmes-solidaires.org
FDFA – Femmes pour le dire Femmes pour agir
http://www.femmespourledire.asso.fr
Association d’aide aux victimes
INAVEM : Fédération nationale des associations d’aide aux victimes
http://www.inavem.org
Continuez le combat,

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psionic
Membre

Chère amie anonyme, chère jeune femme en devenir, votre témoignage est tellement déchirant, juste et poignant. Koxie a parfaitement raison, les liens qu’elle vous a indiqués vous seront utiles. J’en ajoute quelques uns dans ce qui suis. Tout d’abord, la victime c’est vous, et vous montrez les réactions typiques de la fillette, puis de la jeune femme dont la personne a été niée, l’humanité bafouée en faisant de vous l’objet de ce porc abject qui s’est servi de vous, c’est une abomination incroyablement destructrice. Nous sommes toutes et tous d’accord là-dessus, il suffit de lire tous les témoignages, et ceux du cercle familial sont parmi les plus insupportables. Vous avez besoin d’aide ma chère amie, et nous n’allons pas vous laisser seule, vous avez besoin de trouver votre chemin de guérison, nous allons vous y aider. Voici quelques liens en complément de ceux de Koxie:

Réseau France victimes
numéro d’urgence: 116 006
http://www.france-victimes.fr/

Le site de France victimes contient de nombreuses adresses et ressources dans toutes les régions, vous pourrez donc y trouver de l’aide dans votre localité.

Comme il s’agit d’un contexte incestuel, car votre beau père a employé toutes les tactiques d’enfermement de sa victime que pratiquent les pédophiles incestueux, je vous fais part des liens usuels sur l’inceste:

** l’AIVI (Association Internationale pour les Victimes d’Inceste) site internet:

https://aivi.org/

https://www.sos-inceste-violences-sexuelles.fr/
numéro vert: 02 22 06 89 03

Ces associations disposent de thérapeutes compétents qui seront aptes à comprendre votre souffrance de jeune femme enfermée dans ce vide perpétuel que vous évoquez, ils vous écouteront et vous orienteront vers un thérapeute apte à vous suivre et ainsi vous pourrez commencer votre chemin de guérison.

je vous invite aussi à visiter le site de l’institut de victimologie et ses ressources:

http://www.institutdevictimologie.fr/annuaire.php

de même que celui de Muriel Salmona:

https://www.memoiretraumatique.org/

Une dernière hypothèse, vous n’êtes peut-être pas la seule victime de cet abominable ordure de porc, le seul moyen d’en être sûre est de voir auprès d’associations ou sites de recherche de victimes d’abuseurs:

https://www.associationparler.com/

http://coabuse.fr/

Si cela s’avère positif, alors vous aurez des chances d’obtenir justice. Rien ne coûte d’essayer si ce n’est que vous devrez parler de votre souffrance mais à des personnes aptes à l’entendre.

Je crains par contre qu’il ne vous faille plus attendre grand chose de votre famille, mais cela seul un thérapeute compétent pourra vous l’affirmer avec sûreté. Nous ne sommes que des bénévoles acquis à votre cause, nous faisons ce que nous estimons juste pour vous aider mais nous ne sommes ni thérapeutes ni travailleurs sociaux.

Avec ces quelques liens, nous vous aiderons dans vos démarches, n’hésitez pas à nous recontacter.

Soyez assurée de notre affection.

Courage et soutien.

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