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Abusé par ma soeur

Trente ans.

Trois décennies que je porte ce fardeau. Ce poids mort.
Il m’a fallu 10 années pour réussir à poser un mot sur ce que j’avais vécu entre mes 8 et 12 ans.
Et peut-être le double pour ne plus me sentir comme cet écorché vif.
On pense qu’avec le temps on arrive à étouffer les râles de douleur. On pense qu’elles ne vous blessent plus… mais c’est faux. Tout au plus peut-on feindre de ne plus les entendre.

Elle a gâché ma vie.
Cette sœur. Que je hais de toutes mes forces.
Dont le moindre contact me remplit de nausées encore aujourd’hui mais que je m’impose encore pour faire plaisir à ma famille. Ultime punition que je m’impose encore aujourd’hui.
Et je me hais encore plus.

Mille fois j’aurais voulu m’arracher de ce corps qui me ramenait sans cesse à ces jeux auxquels elle m’avait initié. Et toutes ces nuits passées à pleurer de souffrance et d’amertume. Toutes ces années perdues, gâchées, prostré sur soi-même, à ces souvenirs flous mais impossibles à effacer. Des souvenirs interdits et que l’on essaye de cacher au plus profond de soi. En vain.

Alors j’ai parlé. D’abord masqué puis à visage découvert. Le plus possible. Comme dans une tentative désespérée de me libérer de mes démons. J’ai couché avec toutes celles qui s’offraient à moi sans même me préoccuper de ce que je pouvais ressentir. Mais quelque chose en moi est brisé, pas fonctionnel et irrémédiablement. Au bout de 20 années de tentatives, je me suis résigné à l’idée que j’en étais incapable. Thérapies après thérapies, mes émotions et mes sentiments m’échappent toujours. J’ai surmonté mes traumatismes liés à la sexualité en elle-même, en me faisant violence, mais “ça”. Non. Ce que je ressens reste inaccessible, incompatible.

Et moi qui pensait avoir le cœur si dur et le cuir si tanné, les larmes me viennent toujours à 40 ans en repensant à ces images d’enfance. D’elle sur moi. Et j’entends toujours ce cri déchirant au fond. Ce cri qui me déchire de douleur. Cette rage qui m’étreint et que je dois garder enfermée.

Les années passent mais n’effacent rien.
Aujourd’hui, la seule chose qui me retiennent encore ici, c’est l’amour que me porte mon fils. De cet enfant que je n’ai pas voulu mais qui m’aime d’un amour sincère et pour ce que je suis, imparfait et à moitié cassé.

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psionic
10 jours plus tôt

Cher anonyme, les récits d’abus incestueux et pédophile sont toujours parmi les plus affreux et insupportables.

Votre récit est poignant et m’a fait monter les larmes aux yeux en lisant votre dernier paragraphe. Il exprime l’indicible lien de ce qui vous a été dénié par les abominations de votre soeur sur vous.

Vous exprimez aussi fort bien l’effet de l’abus sur votre humanité qui a été avilie par cette soeur monstrueuse et cette famille qui sans doute la couvre. Souvent un mythe entoure les abuseurs et la victime se trouvera immédiatement frappée d’anathème et maudite. Peut-être ai-ce votre cas, je ne l’ai pas bien compris. En tout état de cause, rien ne vous oblige à voir cette soeur ni votre famille. Cela a très certainement contribué à votre mal-être.

Car on ne guérit jamais vraiment d’une telle abomination et de son emprunte psychique traumatique, par contre on peut considérablement en réduire les effets pourvu qu’on trouve le bon thérapeute et le bon traitement. Il vous reste la psychanalyse peut-être. Je vous invite à y penser et prendre un psychiatre-psychanalyste.

Vous décrivez avec beaucoup d’exactitude la blessure de votre humanité qui vous a été volée et la douleur que cela représente de ne pas y avoir eu accès.

Vous avez bien fait de venir en parler ici et vous êtes très courageux. Nous sommes là pour vous aider et vous lire sans jugement. Je vous invite à consulter au plus vite et aussi à prendre contact avec des associations d’aides aux victimes.

Pour cela répondez à n’importe quel billet, sous le cadre s’affichera un petit texte, cliquez sur le lien “Obtenir de l’aide” et vous serrez redirigé vers le forum du site en section “trouver de l’aide” où se situent nos listes de liens et conseils aux victimes.
N’hésitez pas à revenir ici pour en discuter, nous vous lirons et vous conseillerons.
De tout coeur avec vous.
Affection, courage et soutien.

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