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à 5 ans à l’école ***** en 1973

Je suis né en juin 1967 proche de l’aéroport d’Orly. Pour des raisons familiales (parents non disponibles), mon frère et moi avons été inscris dans une école privée à la rentrée de septembre 1972, l’école ***** à ***** *** *****. Les premiers faits se sont déroulés entre avril et juin 1973.

J’étais âgé de 5 ans, et haut potentiel non diagnostiqué, j’ai été scolarisé avec un an d’avance en cours préparatoire. Mon frère était alors en CM2. Pour ces mêmes raisons familiales, nous avons été accueilli en internat. Nous ne rentrions chez nos grands parents, ou parents, qui vivaient dans la commune voisine à *****-**** que le week-end. Nous avons « bénéficié » d’une dérogation pour être en internat avant la classe de 6ème. Mon frère ainé devait s’occuper de moi pour la toilette, l’habillage… Je n’étais pas encore pleinement autonome.

J’ai retrouvé des témoignages depuis, d’anciens élèves qui indiquent que le directeur était pervers, au sens où il exerçait une autorité totalement débordante sur les jeunes enfants, maltraitait certains d’entre eux. Il est question de coups physiques. Mon frère a développé à cette époque des comportements violents envers les adultes, et eu beaucoup de difficulté à respecter l’autorité imposée par la suite.

Pour ma part, c’est le surveillant permanent (internat et journée) qui m’a agressé. Il s’appelle probablement *** ****. Il aurait pris sa retraite à ******* dans *** ******. Il devait avoir une trentaine d’années ou plus, décrit comme le surveillant le plus âgé de l’établissement. Il est décrit comme pouvant avoir des comportements violents, avec les enfants, tout en étant chaleureux, par un autre ancien élève, victime lui-même de ces comportements violents comme ceux du directeur. Il vit aujourd’hui en ******* *******.

Ce surveillant m’a violé à plusieurs reprises profitant du fait que je me couchais tôt, dès après le repas du soir, sans retourner à l’étude comme les plus grands. Mon frère m’a raconté qu’il le punissait et l’envoyer faire des tours de cour, sans raison. Une longue (9 ans) thérapie de type analytique (celle à laquelle j’ai eu accès à cette époque) a fait ressurgir en moi les prémices de souvenirs de ces agressions. Mais m’a laissé sans solution. Après avoir cru qu’il pouvait s’agir de faux souvenirs, j’ai pris l’initiative de consulter un psychologue pratiquant la méthode EMDR, presque 20 ans plus tard. J’avais essayé de retourner voir mon premier thérapeute à plusieurs reprises pour des périodes de quelques semaines à un an, puis sur son indication, une « thérapeute » pratiquant la technique des champs d’argile et des réflexes archaïques, mais sans amélioration. Cette méthode EMDR a permis de faire ressurgir les souvenirs de manière beaucoup plus précise, de les situer dans le temps… J’ai enfin pu exprimer ma souffrance que je sous-estimais moi-même. J’ai enfin été reconnu dans ma souffrance. Le fait d’écrire ça réveille des émotions très fortes. J’ai pu trouver l’énergie de chercher et de contacter d’anciens élèves, de réunir leurs témoignages, m’aidant à confirmer la justesse de mes souvenirs. Je n’ai trouvé aucun autre élève abusé sexuellement par ce surveillant. Mais un témoignage racontant que l’enseignant que j’avais en classe les 2 années suivantes dans ce même établissement avait lui-même des comportements pédophiles.

J’ai été victime d’un infarctus du myocarde l’occasion d’un de ces viols, peut-être le dernier. J’ai déclenché des douleurs thoracique à nouveau vers l’âge de 19 ans, que j’ai caché à mon entourage, puis à nouveau à l’âge de 34 ans lorsque les premiers souvenirs sont revenus. La cardiologue vue à cette époque m’avait interrogée sur mon enfance, étonnée que je ne lui ai pas signalé mes antécédents, pourtant visibles à l’image de la scintigraphie cardiaque alors prescrite par un de ses confrères. J’ai accusé le coup, sans comprendre tout de suite. Quelques jours ou semaines plus tard, je déclenchais à nouveau des douleurs thoraciques violentes. Quelques jours d’hospitalisation en cardiologie ont suivi avec coronarographie, échographie, épreuves d’efforts… Mon psychothérapeute a proposé de suspendre les séances, puisqu’elles déclenchaient de nouveau les douleurs sans pour autant aboutir à un mieux être. Ma sexualité, si difficile à mettre en place, et qui commençait à bien fonctionner dans le cadre de mon couple, s’est arrêtée. Le stress devenait insoutenable sans que je comprenne pourquoi. Mon compagnon interprétait mes douleurs cardiaques comme une manière d’attirer l’attention sur moi. J’étais épuisé physiquement. Il m’a fallu plusieurs années pour que ces douleurs me laissent tranquille. Elles sont revenues le jour où j’ai pris un nouveau rendez-vous chez le psychologue pour cette thérapie EMDR. Heureusement, cette thérapie a bien fonctionné et ce nouveau psychologue m’a apporté une aide concrète, qui aboutit aujourd’hui à cette aptitude à témoigner.

Ce n’est qu’en visionnant une conférence de Mme Muriel Salmona que j’ai compris le mécanisme, que j’ai compris que c’était possible, même que ce pouvait être une explication fortement probable. Viol, sidération, troubles cognitifs, infarctus.

On ne parle jamais dans les médias des causes qui ont provoqué la mort des personnes violées, qu’on retrouve plus tard dans les bois ou autre. Je comprends maintenant que le viol suffit à provoquer la mort, le violeur n’ayant plus qu’à abandonner sa victime. Je ne sais pas par quel miracle je m’en suis remis, sans soins. Je me rappelle m’être retrouvé totalement perdu, l’esprit vide, le corps douleureux dans mon lit d’internat. Était-ce ce matin là ou un autre ? …

Je n’ai retrouvé aucune trace des raisons qui ont fait que cette école a fermé. je précise que cette école ne proposait pas d’enseignement religieux.

J’ai souffert d’un état de sidération, de douleurs et blessures physiques (plus ou moins visibles) d’une dissociation traumatique totale durant les 2 années scolaires qui ont suivi ces agressions, étant resté scolarisé en demi-pension. J’avais donc 5 ans au moment des premières agressions et j’ai quitté cette école pour mes 8 ans, jour pour jour. Le surveillant était toujours en poste pour surveiller les récréations, alors que mon enseignant punissait les élèves pas sages en les mettant sous son bureau entre ses cuisses, à l’abri du regard des autres élèves. J’avais alors 20/20 en discipline, seule note au dessus de la moyenne. Je suis devenu un cancre. Alors que j’étais en avance et que j’ai maintenant le souvenir que j’étais plutôt à l’aise en classe de CP ( au début de l’année scolaire). J’aimais mon enseignant, un vieux monsieur qui transmettait la connaissance toujours dans le jeu et la bonne humeur. Un professeur d’anglais intervenait aussi et j’aimais beaucoup apprendre.

Perte de la marche, douleurs physiques intenses dans le dos et les jambes, incontinence fécale, énurésie, surdité apparente… Mes parents m’ont emmené consulter différents médecins mais tous sont passés à côté de ces agressions. Tout a été mis sur des séquelles de traumatisme crânien antérieur à la scolarisation, ou « sur la croissance » me rapportait ma mère récemment encore. J’étais suivi par le centre de la MGEN à Paris Montparnasse avec un EEG par an suite à ce traumatisme crânien dans ma petite enfance.

Je n’ai pas pu apprendre quoi que ce soit à l’école les 2 années qui ont suivi et j’ai commencé à m’ouvrir un peu en changeant d’école 3 ans plus tard. Mes parents ont noté un avant/après avec des photos montrant un enfant ouvert, souriant au regard vif/ puis un enfant au regard perdu, mal dans son corps…
Les images sont saisissantes.

J’ai bénéficié de divers suivis paramédicaux : ergothérapie ou psychologie s’en inspirant dans un CMP à Juvisy sur Seine, une fois sorti de cette école « de la mort », c’est comme ça que je la qualifie spontanément aujourd’hui. Puis l’année suivante à Caen (déménagement familial) en orthophonie, et psychomotricité dans un centre MGEN et enfin en kinésithérapie libérale par la suite pour la sciatique invalidante et les douleurs de lumbago qui ont commencé avant mes 10 ans. Je me suis libéré de ces douleurs que récemment, après avoir décompensé avec glissement des vertèbres lombaires et paraparésie (syndrome de la queue de cheval) en 2012. Je n’ai pas retrouvé toute la motricité mais toute la sensibilité oui presque et la gêne est limitée à la marche et la course à pieds. Je ne souffre plus jamais. Pilâtes, kinésithérapie Mézières, et natation quotidienne m’ont permis de retrouver mes aptitudes.

J’ai par la suite suivi une scolarité difficile. Mes parents m’ont soutenu, changé d’école parfois, pour tenter diverses pédagogies. Il m’a fallu des années pour sortir de mon inhibition face à tous les enseignants et éducateurs masculins. j’étais en hypervigilence permanente. J’étais paniqué dans l’école et à l’extérieur, avec toujours la peur d’être enlevé dans la rue. Mes parents n’ont pas su repérer les signes de ma détresse psychologique. Je ne savais pas me faire des copains. Mon homosexualité a été un frein supplémentaire. Mon inhibition provoquait aussi une incapacité à participer en cours, à faire une dictée sans fautes, à rester attentif durant un match de football, à coordonner mes gestes, à prendre l’initiative d’un jeu. Pourtant, je suis issu d’un milieu plutôt éduqué, mes parents exerçant des professions valorisées socialement. heureusement, ma famille très nombreuse m’a permis de trouver un milieu sécurisant avec mes frères et cousins germains avec qui j’ai grandi, un peu en meute, notamment durant les congés scolaires.

En parallèle, j’ai été à nouveau confronté à la pédophilie des « éducateurs » aux scouts de France à ****, ou un aumônier, apprécié de mes parents, s’est couché sous ma tente, contre moi, me caressant, au moment de la sieste, en camp d’été, m’expliquant que la tendresse existait aussi entre garçons. C’était au moment où je découvrais tout juste mon attirance vers certains des autres garçons de mon âge. Ce nouvel évènement m’a laissé dans un état de rejet de moi-même, assimilant inconsciemment mes attirances avec la pédophilie de ces adultes. Ce prêtre a été pris en flagrant délit, dénoncé par d’autres enfants dans les jours qui ont suivi et a quitté le camp, à l’initiative des chefs scouts présents. Je n’ai pas réussi à confirmer les faits, m’assimilant à lui, car moi aussi j’avais envoie de faire la sieste avec un des garçons qui s’était plaint. On aurait pu en faire une « affaire » mais non, cet évènement a seulement provoqué une mutation de cet aumônier, que j’ai tout de même revu à certaines occasions chez les scouts. Je l’aimais bien car il animait les soirées avec sa guitare et j’aimais chanter. Plus tard, mon père m’a dit avoir été aidé par ce même aumônier, exerçant son art au centre anti-cancéreux, à l’occasion d’une chirurgie pour cancer de la thyroïde. C’était donc un homme bien, un homme de confiance ! Mon père était ingénieur-chercheur dans le domaine du nucléaire à cette époque.

Au collège privé catholique ***** ****** à **** (en 1977-79, ma mère m’avait informé qu’il ne fallait pas que je me rende seul, dans le bureau du père ********, aumônier de l’école, sans me dire pourquoi. Elle avait été alertée par un ami à elle, prêtre de la paroisse qu’elle fréquentait et qui est encore aujourd’hui son ami.

Mon jeune frère, de 4 ans mon cadet, m’a dit lui aussi avoir été choqué par le comportement d’un aumônier scout. Il m’a dit « tu trouves ça normal qu’un aumônier invite les jeunes enfants dans sa tente au moment de la sieste ? » Il m’a précisé qu’il s’agissait d’un autre aumônier et qu’il avait signalé les faits à notre mère. Il n’est jamais retourné chez les scouts après ce premier week-end. Il me dit ne pas avoir été agressé personnellement mais avoir compris que ce n’était pas normal. Il reproche encore aujourd’hui à notre mère de ne pas avoir réagit pour dénoncer ou au moins le soutenir, autrement qu’en acceptant qu’il n’y retourne plus.

Il y aurait encore beaucoup à dire. J’attends que ce témoignage soit peut-être l’occasion de le confronter à d’autres victimes des mêmes agresseurs. Pour ma part, il y a prescription depuis longtemps.

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lu1234
lu1234
9 mois plus tôt

j’ai été très émue par votre témoignage. Et je suis profondément révoltée par tout ce que ces adultes vous ont fait subir, toutes ces années de souffrance, l’impunité dont ils ont profité. Vous êtes très fort, et vous pouvez être fier de vous, vraiment. Je vous souhaite d’être entouré de bienveillance et d’amour, et j’espère que votre démarche pour retrouver d’autres victimes et tenter de mettre ces agresseurs hors d’état de nuire portera ses fruits

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